"Si j'avais fait ça plus tôt (lancer un nouveau parti), nous aurions élu 100 députés et un sénateur par Etat", a affirmé le chef de l'Etat lors de la cérémonie de lancement du parti, dans un hôtel de luxe de Brasilia.

Il s'agit du neuvième changement de parti de Jair Bolsonaro, 64 ans, en 30 ans de vie politique. La formation qu'il vient de quitter, le Parti Social Libéral (PSL), insignifiant avant qu'il le rejoigne en mars 2018, avait profité de la vague ultra-conservatrice qui l'a porté au pouvoir pour faire élire plus de 50 députés et quatre sénateurs aux dernières élections générales.

Lors de la cérémonie de lancement de l'Alliance pour le Brésil, les invités avaient été triés sur le volet et un écran géant installé à l'extérieur de l'hôtel, où s'étaient rassemblés quelques dizaines de partisans du président, la plupart habillés aux couleurs jaune et vert du Brésil.

Le compte Twitter officiel du parti, qui compte déjà près de 150.000 abonnés, a accompagné à plusieurs reprises ses tweets des mots-clé #Dieu, #Famille ou #Patrie.

L'Alliance pour le Brésil met en avant dans son programme "le respect de Dieu et de la religion" et la "défense de la vie, de la légitime défense et de la famille". "La laïcité n'a jamais signifié l'athéisme obligatoire", selon le texte, lu à haute voix durant la cérémonie par l'avocate du parti, Karina Kufa.

Résolument anti-avortement, le texte prône "la défense de la vie humaine dès la conception", puis, plus loin, "le rejet du socialisme et du communisme".

Jair Bolsonaro est le président du nouveau parti et son fils aîné Flavio, sénateur, le vice-président. "Bien plus qu'un parti, c'est le rêve et l'inspiration de personnes loyales au président Jair Bolsonaro, d'unir le pays autour d'alliés aux mêmes idéaux et intentions patriotiques", résume le programme officiel alors que le gouvernement a chuté dans les sondages de satisfaction.

Le PSL, miné par des tensions internes depuis plusieurs semaines, a fini par imploser: le président Bolsonaro espère qu'une trentaine de députés vont le quitter pour rejoindre son nouveau parti.

L'ambiance au sein du PSL s'est détériorée notamment en raison de soupçons de candidatures fantômes qui auraient permis des détournements de fonds publics.