L'Assemblée générale de l'ONU a ratifié mercredi à une très forte majorité le Pacte mondial pour les migrations, texte destiné à renforcer la coopération internationale pour une "migration sûre" qui a déchaîné les passions dans plusieurs pays et provoqué la rupture de la coalition gouvernementale en Belgique.

Lors d'un scrutin, 152 pays, dont la Belgique, ont voté en faveur du Pacte, 12 se sont abstenus et 5 ont voté contre (Etats-Unis, Hongrie, République tchèque, Pologne et Israël). Premier du genre sur le sujet des migrations, le Pacte avait déjà été adopté en juillet par l'ensemble des membres de l'ONU à l'exception notable des Etats-Unis. Après plusieurs défections, il avait été confirmé le 10 décembre lors d'un sommet à Marrakech par 164 pays et l'Union européenne.

Le texte nécessitait une ratification à New York comme pour tout texte entériné hors du siège des Nations unies. Dans sa justification de vote, la Belgique a notamment insisté sur le caractère non contraignant de celui-ci. "Ce Pacte n'est pas contraignant et respecte la souveraineté des Etats membres des Nations Unies. Il souligne la distinction entre migration régulière et irrégulière", a notamment dit Marc Pecsteen.

Le représentant permanent a également précisé que la Belgique tenait compte des différentes déclarations des pays européens qui approuvent le Pacte. Il s'en est également référé au discours du Premier ministre belge Charles Michel au Sommet de Marrakech.

On a par ailleurs appris, en début de soirée mercredi, au cabinet du Premier ministre Charles Michel, que le secrétaire-général des Nations Unies Antonio Guterres avait appelé personnellement Charles Michel. Il lui a adressé ses félicitations et fait part de son appréciation "pour le choix courageux" de la Belgique".

Les deux hommes "ont réitéré leur plaidoyer pour la collaboration internationale". Toujours selon le cabinet du Premier ministre, M. Guterres a également félicité Charles Michel pour son discours à Marrakech. Charles Michel y avait souligné qu'il faisait "le choix du multilatéralisme" et que la Belgique serait "du bon côté de l'histoire".