La capitale indienne de 20 millions d'habitants connaît chaque année des épisodes très violents de pollution d'air, dus à la fois à la circulation automobile, aux rejets industriels et aux fumées des brûlis agricoles qui battent leur plein dans les régions voisines. Les concentrations de particules fines PM2,5 ont atteint des sommets, en raison notamment de légères précipitations samedi soir, selon l'agence indienne surveillant la qualité de l'air (Safar).

L'ambassade américaine à New Delhi enregistrait dimanche matin une concentration de particules fines PM2,5 de 810 microgrammes par mètre cube d'air. L'Organisation mondiale pour la santé (OMS) recommande de ne pas dépasser 25 en moyenne journalière. "La pollution a atteint des niveaux insupportables", a déploré dimanche sur Twitter le ministre en chef de Delhi Arvind Kejriwal.

Nombre d'habitants se plaignaient de problèmes à la gorge et aux yeux. Beaucoup tentaient de se protéger avec des masques. La visibilité était tellement mauvaise que les compagnies Air India et Vistara ont annoncé de nombreux retards sur les aéroports de la capitale, et ont détourné des vols sur les villes voisines.

Les autorités fédérales et locales se sont renvoyées la responsabilité de cette situation. Dans un tweet la semaine dernière, M. Kejriwal a appelé les gouvernements des Etats voisins du Punjab et de Haryana à agir. "Delhi est devenu une chambre à gaz à cause des brûlis dans les Etats voisins", a-t-il dit. Le ministre fédéral de l'Environment Prakash Javadekar a accusé M. Kejriwal de politiser le problème et de faire des deux Etats voisins les bouc-émissaires de la crise.

Les écoles de Delhi seront fermées jusque mardi tandis que la circulation alternée doit être mise en place du 4 au 15 novembre. Les véhicules ne pourront rouler qu'un jour sur deux selon que leur plaque d'immatriculation finit par un chiffre pair ou impair. En 2017, la pollution de l'air a causé 1,2 million de décès prématurés en Inde, selon l'estimation d'une étude parue l'année dernière dans la revue scientifique The Lancet. Un rapport de l'ONU avait affirmé l'an passé que 14 des villes les plus polluées au monde se trouvaient en Inde.