"Aucune plainte n'a été enregistrée à ce jour", a assuré un porte-parole militaire, le commandant Olivier Séverin, à l'agence Belga.

Le journal "De Morgen" rapportait mardi que près de 2.000 militaires belges auraient été exposés à des fumées toxiques lorsque des militaires étrangers, basés en Afghanistan, ont brûlé, au sein de leur campement, leurs déchets à ciel ouvert à raison de 100 tonnes par jour sans tenir compte de la toxicité. Au total, 1.938 soldats belges ont été déployés entre 2008 et 2012 sur la base aérienne de Kandahar, dans le sud de l'Afghanistan, précisait le quotidien.

"De Morgen" cite une enquête réalisée par l'armée en 2011 et qui concluait que la pollution de l'air à Kandahar était "dans les limites". Mais elle est remise en cause par un épidémiologiste, Tim Nawrot, et un toxicologue, Jan Tytgat, qui l'estiment "discutable".

Un ancien militaire néerlandais devenu juriste, Ferre van de Nadort, s'est dit convaincu que les Belges sont aussi malades. "A Kandahar, ils travaillaient et dormaient à côté des Néerlandais", a-t-il déclaré.

Dans les faits, des militaires belges ont été présents à Kandahar Airfield (KAF) entre septembre 2008 et octobre 2014 dans le cadre de la force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf), dirigée par l'Otan en Afghanistan.

Le commandant Séverin a rappelé que les militaires étaient soumis à un examen médical avant leur départ en mission et au retour et bénéficiaient d'un "soutien médical" en opération ainsi que d'un accès à la médecine du travail au sein de la Défense.

"Les concentrations (en substances toxiques découvertes) étaient dans les normes", a précisé le porte-parole.

Il a souligné que les militaires peuvent également, sur une base volontaire, se soumettre à une prise de sang avant leur départ et après leur retour. Les échantillons sanguins congelés sont stockés dans une sérothèque qui existe depuis début 2007 à l'initiative du ministre de la Défense de l'époque, André Flahaut.

Il existe aussi un formulaire à remplir à l'issue d'une mission pour déposer une plainte sur les conditions rencontrées pendant le déploiement, a encore indiqué le commandant Séverin.

Selon lui, la gestion des déchets à Kandahar était assurée par des entreprises agissant sous contrat passé par l'armée américaine.