Carlos Ghosn a officiellement démissionné de la présidence de Renault et le tandem composé de Thierry Bolloré, adjoint et dauphin désigné, et de Jean-Dominique Senard, patron de Michelin, devrait être intronisé jeudi à la tête du constructeur automobile dans un contexte riche en défis pour le groupe. A l'issue du conseil d'administration qui se tient jeudi à partir de 10h00 (09H00 GMT) à Boulogne-Billancourt (sud-ouest de Paris), les deux hommes devraient se partager les fonctions de l'ancien dirigeant du groupe, à la tête de Renault depuis 2005 mais incarcéré au Japon depuis plus de de deux mois. Carlos Ghosn a officiellement démissionné de la présidence mercredi soir, a indiqué le ministre français de l'Economie Bruno Le Maire à l'AFP jeudi matin au forum économique de Davos.

Pour rappel le "cost killer" est soupçonné d'avoir omis de déclarer aux autorités boursières entre 2010 et 2018 une grande partie de ses revenus au titre de ses fonctions chez Nissan. Son procès, lors duquel il risque jusqu'à 15 ans de prison, n'aura pas lieu avant des mois.

Le Français Thierry Bolloré, 55 ans, devrait être chargé de la direction générale, tandis que Jean-Dominique Senard, patron de l'équipementier automobile Michelin qui fêtera ses 66 ans en mars, deviendrait président du conseil d'administration. Le point sur les principaux protagonistes du dossier

- Les hommes de l'alliance

Eclipsés par le magnat de l'automobile, ils sont maintenant en pleine lumière: Hiroto Saikawa et Thierry Bolloré.

Hiroto Saikawa, CEO de Nissan., Reuters
Hiroto Saikawa, CEO de Nissan. © Reuters

Le premier, âgé de 65 ans, avait été adoubé en 2017 par Carlos Ghosn à la direction exécutive de Nissan.

Réputé dur en affaires, il a fait toute sa carrière au sein du groupe automobile nippon, accomplissant sans sourciller la mission de redressement confiée par son patron, surnommé au Japon "cost-cutter".

C'est avec "désespoir et indignation" qu'il dit avoir découvert les malversations présumées de son ancien mentor, qu'il a jeté en pâture lors d'une conférence de presse qui restera dans les mémoires.

Thierry Bolloré, REUTERS/Régis Duvignau
Thierry Bolloré © REUTERS/Régis Duvignau

Le second a dix ans de moins, mais la même discrétion. Lui aussi avait été choisi par le magnat de l'automobile qui en avait fait son directeur général adjoint en février 2018.

Arrivé chez Renault en 2012, M. Bolloré a, comme Carlos Ghosn, commencé chez le fabricant de pneumatiques Michelin et connu une carrière très internationale, exclusivement dans l'automobile, avec une longue expérience en Asie.

Décrit comme "chaleureux" et "à l'écoute", ce père de cinq enfants devrait être soutenu par Jean-Dominique Sénard.

Jean-Dominique Sénard, AFP
Jean-Dominique Sénard © AFP

M. Senard, qui jouit d'une image de patron social, a les faveurs du gouvernement français alors que l'Etat est premier actionnaire de Renault avec 15% du capital et quelque 22% des droits de vote. Il avait prévu de passer la main en mai à la tête de Michelin et y a déjà mis sa succession en bon ordre. Quant à Thierry Bolloré, il assurait l'intérim depuis fin novembre, et représente la continuité au sein du groupe qu'il a rejoint en 2012, en provenance de l'équipementier Faurecia. Il est fin connaisseur de l'Asie et du Japon, un vrai plus à l'heure où les rapports futurs entre Nissan et Renault interrogent jusqu'en interne. Car si le directeur général de Nissan, Hiroto Saikawa, martèle que l'alliance entre Renault et Nissan, bâtie par Carlos Ghosn, n'est "absolument pas en danger", les interrogations restent importantes. Qui, par exemple, va présider cette alliance, numéro un mondial de l'automobile en 2017 avec 10,6 millions de véhicules vendus, dont 3,76 millions pour Renault et 5,81 millions pour Nissan? La succession s'annonce comme un casse-tête, même si les statuts prévoient que le PDG de l'entité enregistrée aux Pays-Bas soit nommé par Renault, alors que Nissan choisit le vice-président.

Le défi est donc de taille pour le tandem qui doit prendre les rênes du groupe français jeudi, même si Carlos Ghosn leur lègue une entreprise en bonne santé financière, dont il aura augmenté le volume des ventes mondiales de plus de 50% à près de 4 millions de véhicules (hors Nissan et Mitsubishi), en développant notamment le créneau du low-cost avec les marques Dacia et Lada.

- Les bras droits

Carlos Ghosn, dont la toute-puissance a été fustigée par M. Saikawa, s'appuyait au sein des deux constructeurs sur deux fidèles en particulier.

Greg Kelly , AFP
Greg Kelly © AFP

+ Du côté de Nissan, il s'agit de Greg Kelly, dont le nom était inconnu du grand public jusqu'à son arrestation le 19 novembre, en même temps que son patron.

Entré dans la compagnie en 1998, il en gravit les échelons jusqu'à devenir l'homme de confiance de Carlos Ghosn.

Cet avocat américain de 62 ans, qui se dit innocent, a été relâché le 25 décembre après avoir payé une caution de 70 millions de yens (environ 560.000 euros au cours actuel). Hospitalisé après sa libération pour douleurs cervicales, il a obligation de rester au Japon dans l'attente du procès.

Mouna Sepehri, Reuters
Mouna Sepehri © Reuters

+ Chez Renault, le bras droit est une femme, Mouna Sepehri. Avocate de formation, cette Franco-Iranienne recrutée en 1996 y a connu une ascension fulgurante.

Nommée directrice déléguée à la présidence en 2011, elle supervise la direction juridique, des affaires publiques, de la communication et de la responsabilité sociale de l'entreprise.

Mme Sepehri a émergé dans l'affaire Ghosn quand la presse a révélé qu'elle avait reçu de l'alliance Renault-Nissan près de 500.000 euros sur plusieurs années, selon des documents consultés par l'AFP.

- Les justiciers

Motonari Otsuru, AFP
Motonari Otsuru © AFP

Motonari Otsuru, 63 ans, a la délicate mission de défendre un homme naguère vénéré, aujourd'hui vilipendé au Japon.

Cet ancien procureur a troqué les habits d'accusateur qui voulait mettre à terre les délinquants en col blanc contre ceux d'avocat de ces mêmes hommes d'affaires. Il n'a fait qu'une seule conférence de presse publique le 8 janvier, déployant un flegme qui contraste avec la verve des ténors du barreau qu'on peut voir ailleurs.

Face à lui, un homme qu'il connaît bien, son ex-subordonné: Hiroshi Morimoto, aujourd'hui patron de l'unité d'élite qui a fait tomber le géant Ghosn. Surnommé "l'as des as", ce quinquagénaire, qualifié de "passionné et fonceur", joue gros avec cette affaire au retentissement mondial.

- Les épouses

carole Ghosn, Reuters
carole Ghosn © Reuters

Avant cette affaire, Carole Nahas, la seconde épouse de Carlos Ghosn, était apparue dans les carnets mondains, à l'occasion de la réception de mariage en grande pompe au château de Versailles en 2016 ou encore au festival de cinéma de Cannes.

Après un long silence, elle a pris la plume mi-janvier pour dénoncer les conditions de détention de son mari, dans un courrier à l'ONG de défense des droits Human Rights Watch.

Dee Kelly a elle aussi volé au secours de son époux Greg, parlant dans des vidéos en décembre d'"un complot" ourdi par Nissan. "La vérité éclatera", lâchait-elle alors.

Qui à la tête de l'alliance? -

M. Senard, qui jouit d'une image de patron social, a les faveurs du gouvernement français alors que l'Etat est premier actionnaire de Renault avec 15% du capital et quelque 22% des droits de vote. Il avait prévu de passer la main en mai à la tête de Michelin et y a déjà mis sa succession en bon ordre. Quant à Thierry Bolloré, il assurait l'intérim depuis fin novembre, et représente la continuité au sein du groupe qu'il a rejoint en 2012, en provenance de l'équipementier Faurecia. Il est fin connaisseur de l'Asie et du Japon, un vrai plus à l'heure où les rapports futurs entre Nissan et Renault interrogent jusqu'en interne.

Car si le directeur général de Nissan, Hiroto Saikawa, martèle que l'alliance entre Renault et Nissan, bâtie par Carlos Ghosn, n'est "absolument pas en danger", les interrogations restent importantes.

Qui, par exemple, va présider cette alliance, numéro un mondial de l'automobile en 2017 avec 10,6 millions de véhicules vendus, dont 3,76 millions pour Renault et 5,81 millions pour Nissan? La succession s'annonce comme un casse-tête, même si les statuts prévoient que le PDG de l'entité enregistrée aux Pays-Bas soit nommé par Renault, alors que Nissan choisit le vice-président.

Renault détient 43% de Nissan, qui lui-même possède 15% de Renault (mais sans droit de vote) et 34% de Mitsubishi, et juridiquement, le pouvoir est bien aux mains de Renault.

Mais Nissan pèse près de deux fois plus que Renault en Bourse, et la situation génère des rancoeurs au Japon. Même si le groupe au losange a sauvé le constructeur japonais de la faillite en 1999, certains y estiment que la structure actuelle de l'alliance ne traduit pas le véritable poids de leur entreprise.

- Perte d'influence ? -

Une remise à plat de cet édifice subtil, dont Carlos Ghosn était la clef de voûte, pourrait signifier une perte d'influence de Renault.

"Un des enjeux récents était de s'intégrer davantage" pour rendre plus visible les bénéfices de l'alliance, estimait fin novembre Tommaso Pardi, directeur adjoint du Groupe d'étude et de recherche permanent sur l'industrie et les salariés de l'automobile (Gerpisa). Mais l'affaire Ghosn, montre, selon lui, que "le fait d'aller plus loin était peut-être plus compliqué qu'on l'avait pensé".

Dimanche dernier, Bruno Le Maire a en tout cas démenti avec vigueur des informations de médias japonais selon lesquels des représentants de l'Etat français auraient plaidé pour une fusion entre Renault et Nissan. Un scénario qui "n'est pas sur la table".

Le défi est donc de taille pour le tandem qui doit prendre les rênes du groupe français jeudi, même si Carlos Ghosn leur lègue une entreprise en bonne santé financière, dont il aura augmenté le volume des ventes mondiales de plus de 50% à près de 4 millions de véhicules (hors Nissan et Mitsubishi), en développant notamment le créneau du low-cost avec les marques Dacia et Lada.

Carlos Ghosn a officiellement démissionné de la présidence de Renault et le tandem composé de Thierry Bolloré, adjoint et dauphin désigné, et de Jean-Dominique Senard, patron de Michelin, devrait être intronisé jeudi à la tête du constructeur automobile dans un contexte riche en défis pour le groupe. A l'issue du conseil d'administration qui se tient jeudi à partir de 10h00 (09H00 GMT) à Boulogne-Billancourt (sud-ouest de Paris), les deux hommes devraient se partager les fonctions de l'ancien dirigeant du groupe, à la tête de Renault depuis 2005 mais incarcéré au Japon depuis plus de de deux mois. Carlos Ghosn a officiellement démissionné de la présidence mercredi soir, a indiqué le ministre français de l'Economie Bruno Le Maire à l'AFP jeudi matin au forum économique de Davos.Pour rappel le "cost killer" est soupçonné d'avoir omis de déclarer aux autorités boursières entre 2010 et 2018 une grande partie de ses revenus au titre de ses fonctions chez Nissan. Son procès, lors duquel il risque jusqu'à 15 ans de prison, n'aura pas lieu avant des mois.Le Français Thierry Bolloré, 55 ans, devrait être chargé de la direction générale, tandis que Jean-Dominique Senard, patron de l'équipementier automobile Michelin qui fêtera ses 66 ans en mars, deviendrait président du conseil d'administration. Le point sur les principaux protagonistes du dossierEclipsés par le magnat de l'automobile, ils sont maintenant en pleine lumière: Hiroto Saikawa et Thierry Bolloré.Le premier, âgé de 65 ans, avait été adoubé en 2017 par Carlos Ghosn à la direction exécutive de Nissan.Réputé dur en affaires, il a fait toute sa carrière au sein du groupe automobile nippon, accomplissant sans sourciller la mission de redressement confiée par son patron, surnommé au Japon "cost-cutter".C'est avec "désespoir et indignation" qu'il dit avoir découvert les malversations présumées de son ancien mentor, qu'il a jeté en pâture lors d'une conférence de presse qui restera dans les mémoires.Le second a dix ans de moins, mais la même discrétion. Lui aussi avait été choisi par le magnat de l'automobile qui en avait fait son directeur général adjoint en février 2018. Arrivé chez Renault en 2012, M. Bolloré a, comme Carlos Ghosn, commencé chez le fabricant de pneumatiques Michelin et connu une carrière très internationale, exclusivement dans l'automobile, avec une longue expérience en Asie.Décrit comme "chaleureux" et "à l'écoute", ce père de cinq enfants devrait être soutenu par Jean-Dominique Sénard. M. Senard, qui jouit d'une image de patron social, a les faveurs du gouvernement français alors que l'Etat est premier actionnaire de Renault avec 15% du capital et quelque 22% des droits de vote. Il avait prévu de passer la main en mai à la tête de Michelin et y a déjà mis sa succession en bon ordre. Quant à Thierry Bolloré, il assurait l'intérim depuis fin novembre, et représente la continuité au sein du groupe qu'il a rejoint en 2012, en provenance de l'équipementier Faurecia. Il est fin connaisseur de l'Asie et du Japon, un vrai plus à l'heure où les rapports futurs entre Nissan et Renault interrogent jusqu'en interne. Car si le directeur général de Nissan, Hiroto Saikawa, martèle que l'alliance entre Renault et Nissan, bâtie par Carlos Ghosn, n'est "absolument pas en danger", les interrogations restent importantes. Qui, par exemple, va présider cette alliance, numéro un mondial de l'automobile en 2017 avec 10,6 millions de véhicules vendus, dont 3,76 millions pour Renault et 5,81 millions pour Nissan? La succession s'annonce comme un casse-tête, même si les statuts prévoient que le PDG de l'entité enregistrée aux Pays-Bas soit nommé par Renault, alors que Nissan choisit le vice-président.Le défi est donc de taille pour le tandem qui doit prendre les rênes du groupe français jeudi, même si Carlos Ghosn leur lègue une entreprise en bonne santé financière, dont il aura augmenté le volume des ventes mondiales de plus de 50% à près de 4 millions de véhicules (hors Nissan et Mitsubishi), en développant notamment le créneau du low-cost avec les marques Dacia et Lada.Carlos Ghosn, dont la toute-puissance a été fustigée par M. Saikawa, s'appuyait au sein des deux constructeurs sur deux fidèles en particulier.+ Du côté de Nissan, il s'agit de Greg Kelly, dont le nom était inconnu du grand public jusqu'à son arrestation le 19 novembre, en même temps que son patron.Entré dans la compagnie en 1998, il en gravit les échelons jusqu'à devenir l'homme de confiance de Carlos Ghosn.Cet avocat américain de 62 ans, qui se dit innocent, a été relâché le 25 décembre après avoir payé une caution de 70 millions de yens (environ 560.000 euros au cours actuel). Hospitalisé après sa libération pour douleurs cervicales, il a obligation de rester au Japon dans l'attente du procès.+ Chez Renault, le bras droit est une femme, Mouna Sepehri. Avocate de formation, cette Franco-Iranienne recrutée en 1996 y a connu une ascension fulgurante.Nommée directrice déléguée à la présidence en 2011, elle supervise la direction juridique, des affaires publiques, de la communication et de la responsabilité sociale de l'entreprise.Mme Sepehri a émergé dans l'affaire Ghosn quand la presse a révélé qu'elle avait reçu de l'alliance Renault-Nissan près de 500.000 euros sur plusieurs années, selon des documents consultés par l'AFP. Motonari Otsuru, 63 ans, a la délicate mission de défendre un homme naguère vénéré, aujourd'hui vilipendé au Japon.Cet ancien procureur a troqué les habits d'accusateur qui voulait mettre à terre les délinquants en col blanc contre ceux d'avocat de ces mêmes hommes d'affaires. Il n'a fait qu'une seule conférence de presse publique le 8 janvier, déployant un flegme qui contraste avec la verve des ténors du barreau qu'on peut voir ailleurs.Face à lui, un homme qu'il connaît bien, son ex-subordonné: Hiroshi Morimoto, aujourd'hui patron de l'unité d'élite qui a fait tomber le géant Ghosn. Surnommé "l'as des as", ce quinquagénaire, qualifié de "passionné et fonceur", joue gros avec cette affaire au retentissement mondial.Avant cette affaire, Carole Nahas, la seconde épouse de Carlos Ghosn, était apparue dans les carnets mondains, à l'occasion de la réception de mariage en grande pompe au château de Versailles en 2016 ou encore au festival de cinéma de Cannes.Après un long silence, elle a pris la plume mi-janvier pour dénoncer les conditions de détention de son mari, dans un courrier à l'ONG de défense des droits Human Rights Watch.Dee Kelly a elle aussi volé au secours de son époux Greg, parlant dans des vidéos en décembre d'"un complot" ourdi par Nissan. "La vérité éclatera", lâchait-elle alors.Qui à la tête de l'alliance? -M. Senard, qui jouit d'une image de patron social, a les faveurs du gouvernement français alors que l'Etat est premier actionnaire de Renault avec 15% du capital et quelque 22% des droits de vote. Il avait prévu de passer la main en mai à la tête de Michelin et y a déjà mis sa succession en bon ordre. Quant à Thierry Bolloré, il assurait l'intérim depuis fin novembre, et représente la continuité au sein du groupe qu'il a rejoint en 2012, en provenance de l'équipementier Faurecia. Il est fin connaisseur de l'Asie et du Japon, un vrai plus à l'heure où les rapports futurs entre Nissan et Renault interrogent jusqu'en interne.Car si le directeur général de Nissan, Hiroto Saikawa, martèle que l'alliance entre Renault et Nissan, bâtie par Carlos Ghosn, n'est "absolument pas en danger", les interrogations restent importantes.Qui, par exemple, va présider cette alliance, numéro un mondial de l'automobile en 2017 avec 10,6 millions de véhicules vendus, dont 3,76 millions pour Renault et 5,81 millions pour Nissan? La succession s'annonce comme un casse-tête, même si les statuts prévoient que le PDG de l'entité enregistrée aux Pays-Bas soit nommé par Renault, alors que Nissan choisit le vice-président.Renault détient 43% de Nissan, qui lui-même possède 15% de Renault (mais sans droit de vote) et 34% de Mitsubishi, et juridiquement, le pouvoir est bien aux mains de Renault.Mais Nissan pèse près de deux fois plus que Renault en Bourse, et la situation génère des rancoeurs au Japon. Même si le groupe au losange a sauvé le constructeur japonais de la faillite en 1999, certains y estiment que la structure actuelle de l'alliance ne traduit pas le véritable poids de leur entreprise.- Perte d'influence ? -Une remise à plat de cet édifice subtil, dont Carlos Ghosn était la clef de voûte, pourrait signifier une perte d'influence de Renault."Un des enjeux récents était de s'intégrer davantage" pour rendre plus visible les bénéfices de l'alliance, estimait fin novembre Tommaso Pardi, directeur adjoint du Groupe d'étude et de recherche permanent sur l'industrie et les salariés de l'automobile (Gerpisa). Mais l'affaire Ghosn, montre, selon lui, que "le fait d'aller plus loin était peut-être plus compliqué qu'on l'avait pensé".Dimanche dernier, Bruno Le Maire a en tout cas démenti avec vigueur des informations de médias japonais selon lesquels des représentants de l'Etat français auraient plaidé pour une fusion entre Renault et Nissan. Un scénario qui "n'est pas sur la table".Le défi est donc de taille pour le tandem qui doit prendre les rênes du groupe français jeudi, même si Carlos Ghosn leur lègue une entreprise en bonne santé financière, dont il aura augmenté le volume des ventes mondiales de plus de 50% à près de 4 millions de véhicules (hors Nissan et Mitsubishi), en développant notamment le créneau du low-cost avec les marques Dacia et Lada.