Régine Mahaux n'est pas une nouvelle tête dans le clan Trump. Accréditée par l'agence Getty, à qui elle doit ces clichés, la photographe belge a déjà réalisé des shootings de la famille Trump à New York, dans la célèbre Trump Tower, à Palm Beach en Floride ou encore dans leur maison de campagne située à une petite heure de route de Manhattan. Une relation qu'elle qualifie de "privilégiée". "C'est un travail que je réalise avec Donald Trump depuis plusieurs années, avec sa femme, ses enfants. C'est un travail de confiance sur le long terme. Le fait qu'il s'engage dans la campagne présidentielle n'a pas changé notre relation."
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Régine Mahaux n'est pas une nouvelle tête dans le clan Trump. Accréditée par l'agence Getty, à qui elle doit ces clichés, la photographe belge a déjà réalisé des shootings de la famille Trump à New York, dans la célèbre Trump Tower, à Palm Beach en Floride ou encore dans leur maison de campagne située à une petite heure de route de Manhattan. Une relation qu'elle qualifie de "privilégiée". "C'est un travail que je réalise avec Donald Trump depuis plusieurs années, avec sa femme, ses enfants. C'est un travail de confiance sur le long terme. Le fait qu'il s'engage dans la campagne présidentielle n'a pas changé notre relation."Au début, en tant qu'Européenne partagée entre New York, Paris, Gand et la maison familiale de Marchin où elle se ressource dès que son emploi du temps le lui permet, Régine Mahaux ne pensait pas être reprise dans le programme de Trump. Elle avoue même qu'on lui riait au nez quand elle voulait continuer à le suivre. "Ne le sous-estimez pas", leur rétorquait-elle. "Les Américains adorent les gens qui se reconstruisent. C'est l'archétype de l'American Dream." Même, Jonathan Klein, le propriétaire et fondateur de Getty lui disait qu'elle perdait son temps à toujours être fourrée chez les Trump quand, il y a un an, on ne lui donnait aucune chance. "Et aujourd'hui, on voit qu'il va peut-être devenir le candidat républicain", lâche-t-elle. Régine Mahaux ne suit pas Donald Trump au quotidien dans sa campagne électorale. "Il a des photographes de presse pour ça et avec mes autres projets, ce n'est pas possible. Non, ce qui m'intéresse c'est de 'sauter' dans sa vie et d'illustrer les moments de son quotidien. On passe au bureau, on va voir les nouveaux hôtels qu'il a construits. Ou, on fait des images fortes dans sa maison de campagne. Le suivre chaque jour n'aurait pas d'intérêt pour moi, car je veux vraiment illustrer le phénomène social qu'il représente. Comment il joue avec son fils, sa vie à la maison...Je veux capturer la vraie personne, revenir en quelque sorte à l'humain derrière la machine politique."La photographe belge apprécie la liberté que lui laisse Donald Trump dans sa démarche artistique. "En tant qu'artiste photographe, c'est vraiment très rare de travailler avec des personnes qui nous laissent nous exprimer à ce point-là, on a vraiment carte blanche. Donald c'est vraiment quelqu'un, qui avec sa femme, apprécie l'art et la créativité pour les laisser s'exprimer jusqu'au bout. En France ou en Europe, je ne pourrais jamais faire les photos que je fais avec eux. On dirait, 'houlala, c'est ridicule", 'houlala, est-ce que c'est juste ?', 'houlala qu'est-ce qu'on va dire ?'. Ces gens-là n'ont pas de peur, ils ont confiance en votre vision, ils sont à l'aise avec vous. C'est une valeur très recherchée en tant qu'artiste." Régine Mahaux évoque, par exemple, ces photos prises alors que des hélicoptères tournaient autour de la Trump Tower et que le couple était dans leur penthouse. "Je lui ai proposé de prendre des photos de sa femme en robe déshabillée au petit-déjeuner. Il a tout de suite accepté. Ca a un côté ludique, drôle. Ou alors, on va utiliser une pile de livres pour y faire monter son fils afin de montrer la compét' entre lui et son père, car c'est une famille très, très compétitive." Une mise en scène créative que Trump semble adorer. "Je lui dis, par exemple, 'viens, on va chercher le drapeau américain pour le mettre en évidence sur la photo'. Il a un côté énergique". Le candidat républicain s'implique beaucoup dans la réalisation de ses shootings. "C'est quelqu'un qui adore la vraie création. On prépare ce qu'on va faire trois jours avant, on échange nos idées et on crée la mise en scène dans son salon, son bureau...J'utilise toutes les ressources que je trouve autour de moi, sur place, en y réfléchissant bien et j'essaie que ce soit des images différentes à chaque fois." Régine Mahaux nous avoue aussi être fortement impressionnée, lors de ses séances photo, par Melania, la femme de Donald Trump. Elle la décrit comme sereine, en paradoxe total avec son mari. "Elle parle cinq langues, elle est très travailleuse. Quand je suis à la Trump Tower et qu'on dit 'faisons-ci, faisons ça', elle va déménager elle-même des caisses énormes. Elle n'a pas 36 'bonnes', ce ne sont pas des 'bonnes' qui élèvent ses enfants comme dans beaucoup de familles riches américaines. Melania est le numéro deux derrière lui. Autant lui, il est provocateur, il joue avec le feu, autant elle est dans la maîtrise, l'intelligence. Vraiment à l'opposé avec une force incroyable." Melania a, semble-t-il, ainsi le don d'imposer une ambiance de calme chez les Trump. "Quand je la retrouve dans leur penthouse situé en haut de la Trump Tower avec vue sur Central Park, elle est d'un calme tranquille, une tasse de thé à la main, ce qui est très appréciable. On sent que Donald a besoin de se ressourcer en sa présence pour aller se battre face à cette Amérique qui le veut et puis qui le rejette. C'est un énorme paradoxe qui m'inspire beaucoup." On sent de l'admiration pour l'homme politique dans ce que Régine Mahaux, nous confie. Si elle voterait pour Trump ? Celle qui a, elle-même, vécu plusieurs années aux States ne peut - ou ne veut - pas nous l'avouer. Et bien qu'il s'agisse de la couverture photographique de sa troisième course présidentielle en trois pays cette année, elle se déclare avant tout apolitique dans son travail. "Je peux témoigner du phénomène social que Donald Trump crée, mais je ne peux pas adhérer à sa politique. Je ne connais pas assez son programme politique pour prendre parti. " Elle voit plutôt ce que Donald Trump a réalisé jusqu'à présent comme "un phénomène sociologique inestimable". "Ils poussent les autres candidats à se dépasser", estime-t-elle. "Je ne veux pas faire de la politique, je suis plutôt là pour présenter l'homme que je vois qui n'est pas du tout l'homme que les médias présentent, ce sont des caricatures tout le temps. Oui, il provoque, mais je le vois avec d'autres atouts."Précisant: " Je suis là comme une sociologue, pour peindre notre époque, car ce sont des sujets mondiaux. Et quand on travaille avec une famille comme ça, on sait qu'on sera visible dans 50 pays. C'est un homme de communication et il sait très bien que ses photos doivent faire ressortir quelque chose d'extraordinaire. Il y met toute son énergie. " Elle dit revivre aujourd'hui ce qu'elle a vécu à l'époque de Reagan quand on disait que ce dernier n'avait aucune chance, qu'il faisait n'importe quoi. "Les meilleures années que j'ai vécues aux Etats-Unis, c'était ces années-là. J'étais jeune et idéaliste et ça me plaisait qu'il y ait justement un candidat qui n'était pas un politicien, tout comme Donald. On décrivait aussi Reagan comme un clown, un acteur, car il avait ce côté de casser les codes, de venir avec des idées fraîches. L'Amérique réclame aujourd'hui aussi quelque chose de différent. "Régine Mahaux n'a pas été à proprement parler 'vexée' en tant que Belge quand le candidat républicain a traité Bruxelles de "trou à rats". "On en a parlé bien sûr. Évidemment, il ne dit pas que Bruxelles est 'un trou à rats' devant moi. Mais on le sent très inquiet pour la 'vieille Europe' et pour Bruxelles. Peut-être qu'il dit des choses pour provoquer, mais au fond de lui-même, je n'entends pas tout ce qu'on dit qu'il est et qu'il dit. Il garde un côté humain. On en a une image horrible, c'est presque honteux d'en avoir fait un monstre comme ça dans les médias", s'insurge-t-elle. A 50 ans, cette photographe de stars qui a déjà immortalisé Salma Hayek, Hilary Swank, Susan Surandon, des têtes couronnées comme le Prince et la Princesse de Monaco, ou encore les acteurs belges Benoît Poelvoorde - qu'elle "adore" - et Marie Gillain, ne rêve pas pour autant de la Maison-Blanche au cas où Donald Trump accède au siège de président. "C'est une famille que je suivrai et que j'aimerai toujours suivre, car c'est un travail sur le long terme, ce sont de belles histoires à raconter et Donald Trump voulait rentrer dans l'Histoire. Mais mon travail n'est pas au jour le jour. Je veux rester à ma place dans la mise en scène de ce côté si particulier de Trump, maniaque et dans le sens du détail."