Dans un texte conjoint transmis aux ministres de l'Intérieur de l'UE, la Grèce, Chypre et la Bulgarie ont souligné "la hausse spectaculaire d'arrivées de migrants sur la route de Méditerranée orientale", y voyant les "signes alarmants de l'émergence d'une crise". "Les facteurs géopolitiques, notamment les conflits dans la région en particulier en Syrie, auront très probablement pour conséquence une poursuite de cette tendance inquiétante dans un court ou moyen terme", estiment les trois pays, qui ont demandé davantage de soutien à leurs partenaires européens. La Turquie, qui a affirmé être prête à mener une nouvelle offensive contre une milice kurde, a acheminé mardi de nouveaux véhicules blindés à sa frontière avec la Syrie.

A terme, Ankara entend créer une "zone de sécurité", sorte de tampon de 30 km de profondeur, s'étirant de l'Euphrate à la frontière irakienne, afin d'accueillir une partie des 3,6 millions de Syriens réfugiés en Turquie. Lors d'une conférence de presse, le commissaire européen aux migrations Dimitris Avramopoulos a souligné que l'UE était attachée à "l'intégrité territoriale de l'Etat syrien". L'UE appelle à "la fin des hostilités, à la protection des civils et à un accès humanitaire sans entrave, sûr et durable à toute la Syrie", a-t-il dit.