Coup de tonnerre sous le ciel étoilé : dans l'Hexagone, c'est le "non" qui l'a emporté. "Approuvez-vous le projet de loi qui autorise la ratification du traité établissant une Constitution pour l'Europe ?" demandait-on aux Français. La réponse est sans équivoque : 54,68 % des votants le rejettent. Une faible majorité ? Pas tant que ça. Surtout que le pays figure parmi les pionniers de la construction européenne. Que la ratification de ce traité ne devait être qu'une formalité. Et qu'un an plus tôt, personne ne s'y opposait.

Sans doute sont-ils surpris. Lorsqu'ils arrivent à l'aéroport d'Oackland, la dizaine de passagers du vol pour Chicago sont accueillis par une femme. Ellen Church réceptionne leurs tickets et emmène leurs bagages, avant de les accompagner sur la piste. Là les attend le Boeing 80A de la Boeing Air Transport. Ils montent ensemble. Puis décollent. Church est aux côtés des passagers. A leur service. Le vol se passe bien, les suivants aussi. Au bout de trois mois, le bilan est positif. La BAT engage une vingtaine d'hôtesses de l'air. Une profession est née.

Décor sans faste pour une victoire sans joie. Ce soir-là, des hauts gradés britanniques, américains, soviétiques, français et allemands se retrouvent dans une petite villa située en banlieue berlinoise. Un peu comme au cinéma, chacun joue son rôle. A la perfection. Pourtant, personne n'est dupe. Le scénario, assurément, est étrange.

La gare des Guillemins a été repeinte aux couleurs nationales. Partout dans Liège, ce ne sont que drapeaux, journalistes, personnalités importantes et visiteurs impatients. Pour la plupart, les palais et pavillons ne sont pas encore achevés - ils le seront dans quinze jours, pour la visite royale.

Les autorités avaient pourtant interdit tout rassemblement dans la ville. Rien n'y fit. Cet après-midi-là, ils sont près de 4 000 à Anvers. Des grévistes en colère. Depuis la Maison du peuple, ils se dirigent vers Borgerhout, bien décidés à occuper une usine locale, où se produiront les affrontements. Insuffisamment nombreux, les gendarmes sont débordés. Quinze personnes sont blessées, cinq autres décèdent. La veille, c'est à Mons que des incidents avaient eu lieu, faisant sept morts et une vingtaine de blessés. Et quelques jours plus tôt, une manifestante avait été tuée à Jolimont. Le calme reviendrait-il un jour au pays ?

Pas moins 814 décès. En un jour. Et dans la seule ville de Paris. Pharmaciens et médecins sont débordés. Mais ils ne sont pas les seuls : les menuisiers ne dorment plus. Ils manquent de temps comme de bois. Partout, les cercueils s'amoncellent. C'est pourtant là un luxe que seuls les nantis peuvent s'offrir - les autres finiront dans des sacs...

Ils sont trois mille, ils sont en colère, mais ils jubilent. Pas parce qu'ils sont en colère, mais parce qu'ils sont nombreux à l'être. Et si c'est une grande première, ce n'est pas non plus parce qu'ils sont en colère, mais parce qu'ils sont wallons. Trois mille Wallons qui manifestent au nom de leur identité, c'est du jamais-vu ! A Liège, ce 3 avril 1898 sonne l'aube d'une émergence. Au fond d'eux-mêmes, peut-être ces militants le sentent-ils : aujourd'hui, le Mouvement wallon est en train de naître.

"Le moment est venu où les différends de tous genres doivent passer au second plan par rapport à des mesures de sauvetage. Si nous étions en guerre, c'est ce que nous ferions. Or, nous sommes en guerre." Le parterre ne dit mot. Il y a pourtant là des poids lourds : les Wilfried Martens, Leo Tindemans, Jean Gol et Guy Spitaels sont tous présents, des représentants patronaux et syndicaux également. Au total, dix-neuf personnalités. Les pontes du royaume, qui écoutent leur roi en colère.

Enterrer la hache de guerre avec le passé : tel est l'objectif poursuivi par cette résolution. Le passé le plus trouble. Celui qui démange la Flandre depuis un demi-siècle. Qui forge les clichés, forme les consciences et déforme les souvenirs. Qui pourrit le dialogue entre le nord et le sud. Car oui, le nationalisme flamand a largement flirté avec le nazisme pendant la Seconde Guerre mondiale. Mais non, toute la Flandre ne fut pas collabo. Et oui, l'épuration connut aussi ses excès. Voilà pourquoi, en ce 20 mars 2002, le parlement flamand vote un décret relatif aux "recommandations sur l'approche du passé de guerre de la Flandre".

Bruxelles brûle-t-elle ? On peut en avoir l'impression. En ce 24 juin 1947, de lourds nuages noirs s'amoncellent au-dessus de la capitale. Partout, des sirènes hurlent. Le centre-ville est touché. Bouché. C'est à la rue de Louvain que le drame se joue : le ministère de l'Instruction publique est en train de brûler ! Déjà, passants et pompiers savent que l'événement laissera des traces. Et qu'immanquablement, deux questions finiront par se poser : combien de victimes ? Et, surtout, à qui la faute ?

Comme à chaque fois, ils sont entrés dans le bureau de vote. Après avoir présenté leur carte d'identité, ils ont reçu leur bulletin. Dans l'isoloir, ils l'ont soigneusement complété. Ils ont ensuite déposé le document dans l'urne, avant de s'en aller. Comme à chaque fois. Sauf que ce vote est... historique ! C'est la première fois, en Belgique, que des citoyens peuvent élire directement les membres d'une entité fédérée. En ce 10 mars 1974, les germanophones montrent la voie.

Les deux hommes se serrent la main, tout sourire. Sous les crépitements des projecteurs, ils viennent de signer un document historique. A gauche, Si Bekkaï, plénipotentiaire marocain. A droite, Christian Pineau, le chef de la diplomatie française. Sous les ors du Quai d'Orsay, à Paris, le Maroc vient d'acquérir son indépendance. Nous sommes le 2 mars 1956, la date est historique. Et pourtant, de nos jours, c'est chaque 18 novembre que l'indépendance marocaine est célébrée. Bizarre, non ?

LienFélix Faure est donc mort./Lien Un grand homme d'Etat ? Pas vraiment ! Faure n'était pas un fin politique. Ni un brillant stratège. Et encore moins un homme de dossiers. Sa présidence fut plutôt maigre : si ce n'est, peut-être, en rapprochant son pays de la Russie, il n'influença pas fortement la politique de son époque. En revanche, l'homme savait soigner les apparences. Profondément mondain, réputé pour son amour du faste, le "président-soleil" avait le chic pour la mise en scène. L'une de ses activités préférées ? L'organisation de parades militaires. Et si ce goût avait un coût, il n'était pas sans bénéfices : Faure fut populaire.

Bien sûr, il arrive à tout le monde de poser de mauvais choix. Même à un roi ! En 1940, Léopold III décide de ne pas suivre le gouvernement belge en exil.