Emmanuel Macron a entamé ce mercredi une tournée dans les pays d'Europe de l'Est. Ce mercredi, il rencontrera le chancelier autrichien ainsi que les Premiers ministres tchèque et slovaque. Jeudi, il verra son homologue roumain avant de s'entretenir le lendemain avec le président et le chef du gouvernement bulgares.
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Emmanuel Macron a entamé ce mercredi une tournée dans les pays d'Europe de l'Est. Ce mercredi, il rencontrera le chancelier autrichien ainsi que les Premiers ministres tchèque et slovaque. Jeudi, il verra son homologue roumain avant de s'entretenir le lendemain avec le président et le chef du gouvernement bulgares.Lundi, un mini-sommet européen aura lieu à Paris. Le président français souhaite y donner un coup de boost à ses projets de réforme de l'Union européenne. Une des questions les plus urgentes selon lui : réviser la directive européenne qui concerne les travailleurs détachés. Un sujet délicat sur lequel les pays membres peinent à trouver un terrain d'entente. Cette directive sur le détachement de travailleurs, qui date de 1996, permet à une entreprise de l'UE d'envoyer temporairement dans d'autres pays de l'Union ses salariés en payant les cotisations sociales dans le pays d'origine. Par exemple : une entreprise polonaise ayant signé un contrat dans un autre pays européen (Belgique, France...) et y faisant travailler des salariés polonais pour des missions temporaires, et ce sans s'acquitter des charges sociales du pays en question, ces dernières étant nettement plus élevées qu'en Pologne. A la base, ce système était destiné à faciliter les échanges entre Etats au niveau de vie comparable. Mais il s'est rapidement, selon ses opposants, transformé en "outil de dumping social" depuis l'extension en 2004 de l'UE à des pays d'Europe centrale et orientale aux charges salariales plus faibles.La Pologne est le pays qui compte le plus de ressortissants détachés, environ 500.000 chaque année dans l'UE. C'est le pays qui a le plus à perdre de la réforme revendiquée notamment par la France. Les transporteurs roumains et bulgares (200.000 travailleurs environ), également menacés par cette réforme, ont aussi vertement critiqué les intentions d'Emmanuel Macron, qualifiant la démarche de "néoprotectionnisme". D'autres secteurs d'activité sont concernés, notamment le bâtiment.Pour Emmanuel Macron, il s'agit de concurrence déloyale. "Vous pensez que je peux expliquer aux classes moyennes françaises que des entreprises ferment en France pour aller en Pologne car c'est moins cher et que chez nous les entreprises de BTP embauchent des Polonais car ils sont payés moins cher ? Ce système ne marche pas droit", avait-il dénoncé peu avant l'été. Le président français pense que cela contribue à un sentiment de défiance entre l'Union européenne dans certains pays d'Europe occidentale, notamment la France et le Royaume-Uni, donnant des arguments aux partis eurosceptiques. Emmanuel Macron n'a jamais caché son envie de réformer l'Europe. Son credo depuis son élection en mai dernier : assurer une Europe "qui protège" à ses concitoyens. La réforme du travail détaché en est une première étape, essentielle selon lui. Parmi les mesures envisagées pour durcir la directive, limiter la durée de séjour d'un travailleur détaché à un an et non 24 mois. Dans la même optique, le président français souhaite renforcer les outils "antidumping", dans le but de ralentir les importations de produits à bas prix sur le continent. La France veut également renforcer la coopération pour faire la chasse aux sociétés "boîtes aux lettres", ces sociétés qui se domicilient dans un autre pays pour bénéficier d'un système social plus avantageux, révélait Le Monde en juin dernier. Il est également question de créer une plate-forme européenne de coordination, gérée par la Commission européenne, pour un partage plus efficaces des informations entre inspecteurs du travail.En perte de vitesse dans les derniers sondages, le président Macron doit, plus que jamais, convaincre les Français. D'autant que la rentrée politique sera largement consacrée à la réforme du code du travail, jugée antisociale et ultralibérale par de nombreux opposants.