Le contexte

Organisé un an après le référendum sur le Brexit, le scrutin a été provoqué par la Première ministre conservatrice Theresa May avec l'espoir de renforcer sa position dans les négociations pour la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, qui démarreront dans la semaine du 19 juin.

Elle interviennent trois ans avant le terme normal de la législature, et moins d'un an après l'arrivée de Mme May à la tête du gouvernement à la suite du référendum ouvrant la voie au Brexit.

Cinquième économie mondiale, le Royaume-uni, une puissance nucléaire, est un membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies.

Les forces en présence

En tête des sondages, les Conservateurs de Mme May sont partisans d'un Brexit sans concession et veulent notamment mettre fin à la libre-circulation des personnes avec les pays de l'UE.

Les Travaillistes de Jeremy Corbyn, donnés deuxièmes, ne remettent pas en question le Brexit, mais souhaitent éviter un bras de fer avec Bruxelles et conserver des liens aussi étroits que possible avec les Vingt-Sept.

Troisième parti au Parlement sortant, le Parti national écossais (SNP, gauche), envisage un référendum d'indépendance et de maintien dans l'UE après le Brexit.

Pro-européens, les Libéraux-démocrates ont promis un nouveau référendum sur le Brexit une fois celui-ci négocié, de façon à permettre aux électeurs de pouvoir le cas échéant "voter pour rester" dans l'UE.

Plusieurs petits partis, dont les nationalistes Ukip, les Verts et des formations régionales brigueront également les suffrages.

Au total, le scrutin rassemble 3.303 candidats.

Les modalités

Les 650 sièges de la Chambre des communes sont pourvus au scrutin uninominal à un tour: est élu le candidat qui arrive en tête dans sa circonscription. La durée du mandat est de cinq ans. Le Premier ministre n'est pas désigné directement par les électeurs, mais issu de la majorité.

Le nouveau Parlement siégera une première fois le 13 juin, avant la cérémonie d'ouverture solennelle le 19 juin, au cours de laquelle la reine Elisabeth lira comme le veut la tradition le programme législatif de la nouvelle majorité, à l'occasion du Discours du Trône.

Les horaires

Les bureaux de vote ouvriront à 07h00 (06h00 GMT) et fermeront à 22h00 (21h00 GMT), heure à partir de laquelle pourront être publiées les premières estimations. Les résultats sont attendus à l'aube vendredi.

L'enjeu

Outre le Brexit, les principales thématiques qui ont dominé la campagne électorale sont l'immigration, la santé et la protection sociale ainsi que la sécurité, dans ce pays sous le choc des attentats de Londres et de Manchester.

Mme May disposait d'une majorité de 17 sièges dans l'assemblée sortante et espère la porter à entre 50 et 80 mandats afin d'avoir les coudées franches dans ses négociations avec l'UE.

Mais l'avance des Conservateurs a fondu dans les sondages et les politologues estiment qu'il est possible qu'elle manque cet objectif, voire qu'elle échoue à obtenir une majorité absolue, même si son parti arrive en tête.

Dans ce scénario, les Tories devraient trouver un partenaire de coalition ou se résoudre à un gouvernement minoritaire. Dans les deux cas, ils aborderaient affaiblis les négociations avec les Vingt-Sept. Une absence de majorité absolue des Conservateurs rendrait également possible, en théorie, une coalition de gouvernement excluant ce parti.

GB: Le Royaume-Uni cherche sa stratégie face aux attentats

La série d'attentats qui a fait 34 morts en moins de trois mois au Royaume-Uni a ouvert un débat difficile sur sa stratégie antiterroriste qui peut avoir un impact sur les législatives du 8 juin, ont souligné des analystes.

"Trop, c'est trop", a lancé la Première ministre britannique, Theresa May, après l'attaque qui a fait 7 morts samedi soir à Londres, moins de 15 jours après un attentat-suicide à Manchester à la sortie d'un concert qui a tué 22 personnes.

Désireuse de défaire l'idéologie jihadiste qui a nourri les attentats, Mme May a durci le ton en déplorant dimanche qu'il y ait "une bien trop grande tolérance envers l'extrémisme" en Grande-Bretagne. Avant d'annoncer une batterie de mesures qu'elle compte mettre en oeuvre si elle est reconduite après les élections.

Elle a notamment évoqué des peines de prison plus longues pour les condamnations, même mineures, liées au terrorisme et souligné qu'elle allait faire pression sur les géants de l'internet concernant les contenus extrémistes mis en ligne.

D'autres propositions ont été formulées par la presse britannique comme le port de bracelets électroniques, voire l'enfermement, pour des personnes soupçonnées de sympathies jihadistes, l'exigence de prouver son identité pour acheter des cartes SIM et des vérifications plus poussées pour les personnes qui louent des voitures.

A quelques jours des élections, le sujet domine la campagne et les conservateurs de Theresa May, d'habitude à l'aise sur les questions de sécurité, se trouvent cette fois sous le feu des critiques.

Lundi, le chef de l'opposition travailliste, Jeremy Corbyn, a même appelé Theresa May à la démission en raison des réductions d'effectifs policiers qu'elle a décidées du temps où elle était ministre de l'Intérieur, de 2010 à 2016.

Engagé dans une politique d'austérité, le gouvernement conservateur a réduit de 20.000 hommes les effectifs policiers du pays en six ans.

Le Parti travailliste promet, lui, de recruter massivement et de muscler les effectifs de police de proximité, considérée comme une force d'appoint essentielle dans la lutte contre l'islamisme radical.

'Pression terrible'

"Theresa May se retrouve sous une pression terrible. En tant que responsable de la sécurité depuis sept ans, soit comme ministre de l'Intérieur soit comme Première ministre, il lui est difficile de proposer des choses radicalement nouvelles", souligne Mark Garnett, maître de conférence à l'université de Lancaster.

Le Royaume-Uni s'est déjà pourvu d'outils puissants contre le terrorisme, à commencer par un régime de liberté surveillée spécifique ("Terrorism Prevention and Investigation Measures Notices"), adopté en 2012 et renforcé en 2015.

Ces mesures s'appliquent aux personnes soupçonnées d'activités terroristes sans que la justice dispose de preuves suffisantes pour enclencher une procédure. Elles permettent aux autorités de surveiller les mouvements de ces personnes et de les éloigner de leur environnement pendant une durée initiale d'un an.

En novembre dernier, le Parlement avait adopté par ailleurs une loi controversée donnant des pouvoirs de surveillance très étendus à la police et aux services de renseignement. "La loi de surveillance la plus extrême dans l'histoire des démocraties occidentales", selon le donneur d'alerte américain Edward Snowden.

Qualifié de "loi des fouineurs" par ses critiques, elle permet aux autorités d'exiger d'un site internet qu'il leur fournisse l'historique des consultations de n'importe utilisateur, historique qui pourrait remonter à un an.

Les attentats-suicides de juillet 2005 à Londres ont aussi entraîné la mise en place d'un programme antiradicalisation baptisé "Prevent". "Beaucoup disent que c'est un bon programme, mais là aussi ils manquent les financements nécessaires", souligne Steven Fielding, professeur de sciences politiques à l'université de Nottingham.

La radicalisation, dit-il, "relève de questions sociales difficiles et complexes qu'on ne peut pas résumer avec de simples slogans de campagne. Il est très facile de clamer devant le 10, Downing Street que 'trop c'est trop'. Ou de dire qu'il suffit de mettre plus de policiers dans les rues. Quand il faut prendre des mesures concrètes, il y a le risque de faire empirer les choses plus qu'autre chose", estime-t-il.

Le contexte Organisé un an après le référendum sur le Brexit, le scrutin a été provoqué par la Première ministre conservatrice Theresa May avec l'espoir de renforcer sa position dans les négociations pour la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, qui démarreront dans la semaine du 19 juin.Elle interviennent trois ans avant le terme normal de la législature, et moins d'un an après l'arrivée de Mme May à la tête du gouvernement à la suite du référendum ouvrant la voie au Brexit.Cinquième économie mondiale, le Royaume-uni, une puissance nucléaire, est un membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies. Les forces en présenceEn tête des sondages, les Conservateurs de Mme May sont partisans d'un Brexit sans concession et veulent notamment mettre fin à la libre-circulation des personnes avec les pays de l'UE.Les Travaillistes de Jeremy Corbyn, donnés deuxièmes, ne remettent pas en question le Brexit, mais souhaitent éviter un bras de fer avec Bruxelles et conserver des liens aussi étroits que possible avec les Vingt-Sept.Troisième parti au Parlement sortant, le Parti national écossais (SNP, gauche), envisage un référendum d'indépendance et de maintien dans l'UE après le Brexit.Pro-européens, les Libéraux-démocrates ont promis un nouveau référendum sur le Brexit une fois celui-ci négocié, de façon à permettre aux électeurs de pouvoir le cas échéant "voter pour rester" dans l'UE.Plusieurs petits partis, dont les nationalistes Ukip, les Verts et des formations régionales brigueront également les suffrages.Au total, le scrutin rassemble 3.303 candidats.Les modalitésLes 650 sièges de la Chambre des communes sont pourvus au scrutin uninominal à un tour: est élu le candidat qui arrive en tête dans sa circonscription. La durée du mandat est de cinq ans. Le Premier ministre n'est pas désigné directement par les électeurs, mais issu de la majorité.Le nouveau Parlement siégera une première fois le 13 juin, avant la cérémonie d'ouverture solennelle le 19 juin, au cours de laquelle la reine Elisabeth lira comme le veut la tradition le programme législatif de la nouvelle majorité, à l'occasion du Discours du Trône.Les horairesLes bureaux de vote ouvriront à 07h00 (06h00 GMT) et fermeront à 22h00 (21h00 GMT), heure à partir de laquelle pourront être publiées les premières estimations. Les résultats sont attendus à l'aube vendredi.L'enjeuOutre le Brexit, les principales thématiques qui ont dominé la campagne électorale sont l'immigration, la santé et la protection sociale ainsi que la sécurité, dans ce pays sous le choc des attentats de Londres et de Manchester.Mme May disposait d'une majorité de 17 sièges dans l'assemblée sortante et espère la porter à entre 50 et 80 mandats afin d'avoir les coudées franches dans ses négociations avec l'UE.Mais l'avance des Conservateurs a fondu dans les sondages et les politologues estiment qu'il est possible qu'elle manque cet objectif, voire qu'elle échoue à obtenir une majorité absolue, même si son parti arrive en tête.Dans ce scénario, les Tories devraient trouver un partenaire de coalition ou se résoudre à un gouvernement minoritaire. Dans les deux cas, ils aborderaient affaiblis les négociations avec les Vingt-Sept. Une absence de majorité absolue des Conservateurs rendrait également possible, en théorie, une coalition de gouvernement excluant ce parti.GB: Le Royaume-Uni cherche sa stratégie face aux attentats La série d'attentats qui a fait 34 morts en moins de trois mois au Royaume-Uni a ouvert un débat difficile sur sa stratégie antiterroriste qui peut avoir un impact sur les législatives du 8 juin, ont souligné des analystes."Trop, c'est trop", a lancé la Première ministre britannique, Theresa May, après l'attaque qui a fait 7 morts samedi soir à Londres, moins de 15 jours après un attentat-suicide à Manchester à la sortie d'un concert qui a tué 22 personnes.Désireuse de défaire l'idéologie jihadiste qui a nourri les attentats, Mme May a durci le ton en déplorant dimanche qu'il y ait "une bien trop grande tolérance envers l'extrémisme" en Grande-Bretagne. Avant d'annoncer une batterie de mesures qu'elle compte mettre en oeuvre si elle est reconduite après les élections.Elle a notamment évoqué des peines de prison plus longues pour les condamnations, même mineures, liées au terrorisme et souligné qu'elle allait faire pression sur les géants de l'internet concernant les contenus extrémistes mis en ligne.D'autres propositions ont été formulées par la presse britannique comme le port de bracelets électroniques, voire l'enfermement, pour des personnes soupçonnées de sympathies jihadistes, l'exigence de prouver son identité pour acheter des cartes SIM et des vérifications plus poussées pour les personnes qui louent des voitures.A quelques jours des élections, le sujet domine la campagne et les conservateurs de Theresa May, d'habitude à l'aise sur les questions de sécurité, se trouvent cette fois sous le feu des critiques.Lundi, le chef de l'opposition travailliste, Jeremy Corbyn, a même appelé Theresa May à la démission en raison des réductions d'effectifs policiers qu'elle a décidées du temps où elle était ministre de l'Intérieur, de 2010 à 2016.Engagé dans une politique d'austérité, le gouvernement conservateur a réduit de 20.000 hommes les effectifs policiers du pays en six ans.Le Parti travailliste promet, lui, de recruter massivement et de muscler les effectifs de police de proximité, considérée comme une force d'appoint essentielle dans la lutte contre l'islamisme radical.'Pression terrible'"Theresa May se retrouve sous une pression terrible. En tant que responsable de la sécurité depuis sept ans, soit comme ministre de l'Intérieur soit comme Première ministre, il lui est difficile de proposer des choses radicalement nouvelles", souligne Mark Garnett, maître de conférence à l'université de Lancaster.Le Royaume-Uni s'est déjà pourvu d'outils puissants contre le terrorisme, à commencer par un régime de liberté surveillée spécifique ("Terrorism Prevention and Investigation Measures Notices"), adopté en 2012 et renforcé en 2015.Ces mesures s'appliquent aux personnes soupçonnées d'activités terroristes sans que la justice dispose de preuves suffisantes pour enclencher une procédure. Elles permettent aux autorités de surveiller les mouvements de ces personnes et de les éloigner de leur environnement pendant une durée initiale d'un an.En novembre dernier, le Parlement avait adopté par ailleurs une loi controversée donnant des pouvoirs de surveillance très étendus à la police et aux services de renseignement. "La loi de surveillance la plus extrême dans l'histoire des démocraties occidentales", selon le donneur d'alerte américain Edward Snowden.Qualifié de "loi des fouineurs" par ses critiques, elle permet aux autorités d'exiger d'un site internet qu'il leur fournisse l'historique des consultations de n'importe utilisateur, historique qui pourrait remonter à un an.Les attentats-suicides de juillet 2005 à Londres ont aussi entraîné la mise en place d'un programme antiradicalisation baptisé "Prevent". "Beaucoup disent que c'est un bon programme, mais là aussi ils manquent les financements nécessaires", souligne Steven Fielding, professeur de sciences politiques à l'université de Nottingham.La radicalisation, dit-il, "relève de questions sociales difficiles et complexes qu'on ne peut pas résumer avec de simples slogans de campagne. Il est très facile de clamer devant le 10, Downing Street que 'trop c'est trop'. Ou de dire qu'il suffit de mettre plus de policiers dans les rues. Quand il faut prendre des mesures concrètes, il y a le risque de faire empirer les choses plus qu'autre chose", estime-t-il.