L'adaptation théâtrale de "Lettre aux escrocs de l'islamophobie qui font le jeu des racistes" soulève un vent d'inquiétude en France. Deux lectures spectacles du livre posthume de Charb ont été déprogrammées ou refusées. Une "censure sécuritaire", dénonce l'équipe du spectacle.

Voilà vingt-six mois que Charb, directeur de Charlie Hebdo, a disparu. Aujourd'hui, ses mots se voient censurés. Comme une mise au point, le livre se voulait pédagogique, diffusant ainsi la pensée de l'auteur à propos de la laïcité. Gérald Dumont, le metteur en scène du spectacle, a confié dans une interview, vouloir rendre le texte "plus clair" et "plus compréhensible" aux yeux du public. Sa compagnie, le théâtre K, et la DRH de Charlie Hebdo tirent la "sonnette d'alarme" face à ces annulations.

"J'ai craint les débordements"

Le président de l'université Lille 2, Xavier Vandendriessche, a évoqué les risques de débordements dans La Voix du Nord : "Ce n'est pas ma philosophie, ma philosophie c'est d'ouvrir les portes. Mais j'ai craint les débordements, le climat et l'ambiance sont si lourds. Je sais qu'on est un peu complice en agissant de la sorte et ça m'emmerde, mais j'ai préféré annuler ou plutôt reporter. Ce qui est une facilité de vocabulaire, même si qui peut dire quelle sera la situation en septembre ou octobre ? ". Le spectacle devait être suivi d'un débat, alimenté par Marina Bret, DRH de Charlie Hebdo et amie du regretté Charb.

© Getty Images

La Ligue des droits de l'Homme et la MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples) n'auraient pas soutenu l'événement. "Au MRAP, il y a un débat au niveau national pas encore tranché donc nous ne pouvions pas nous engager ", motive Louisette Faréniaux du comité lillois. "Les militants de la Ligue des droits de l'Homme craignaient de cautionner au final la ligne politique mise en avant par Charlie depuis Val et dont les prises de position sur la religion musulmane ne correspondent pas à l'idée que nous nous faisons de la laïcité" explique Gérard Minet, secrétaire régional de la Ligue des Droits de l'Homme.

Cette crainte à jouer le texte de Charb interpelle Gérald Dumont et Marika Bret, qui souhaitent "tirer la sonnette d'alarme". Selon eux, son oeuvre a une utilité sociale. La DHR pointe l'absence de courage des organismes : " Ça manque de courage. Et le courage ce n'est pas ceux qui disent "j'ai pas peur", c'est ceux qui disent "j'ai peur, mais j'y vais quand même. "

Lille n'est pas la seule ville à se voir attaquer par l'équipe. "La goutte d'eau qui a fait déborder le vase, c'est Avignon", regrette Marika Bret. Un projet était spécialement conçu pour le festival de 2017, année même du 25e anniversaire du journal. Contre toute attente, l'intérêt pour la pièce a laissé place au silence et à la peur. " La parole de Charb, on ne l'entend plus car il a été tué. Si on n'entend plus ses mots, il sera mort deux fois. Ça me rend triste et en colère ", conclut le metteur en scène dansLa Voix du Nord.

L'adaptation théâtrale de "Lettre aux escrocs de l'islamophobie qui font le jeu des racistes" soulève un vent d'inquiétude en France. Deux lectures spectacles du livre posthume de Charb ont été déprogrammées ou refusées. Une "censure sécuritaire", dénonce l'équipe du spectacle.Voilà vingt-six mois que Charb, directeur de Charlie Hebdo, a disparu. Aujourd'hui, ses mots se voient censurés. Comme une mise au point, le livre se voulait pédagogique, diffusant ainsi la pensée de l'auteur à propos de la laïcité. Gérald Dumont, le metteur en scène du spectacle, a confié dans une interview, vouloir rendre le texte "plus clair" et "plus compréhensible" aux yeux du public. Sa compagnie, le théâtre K, et la DRH de Charlie Hebdo tirent la "sonnette d'alarme" face à ces annulations.Le président de l'université Lille 2, Xavier Vandendriessche, a évoqué les risques de débordements dans La Voix du Nord : "Ce n'est pas ma philosophie, ma philosophie c'est d'ouvrir les portes. Mais j'ai craint les débordements, le climat et l'ambiance sont si lourds. Je sais qu'on est un peu complice en agissant de la sorte et ça m'emmerde, mais j'ai préféré annuler ou plutôt reporter. Ce qui est une facilité de vocabulaire, même si qui peut dire quelle sera la situation en septembre ou octobre ? ". Le spectacle devait être suivi d'un débat, alimenté par Marina Bret, DRH de Charlie Hebdo et amie du regretté Charb.La Ligue des droits de l'Homme et la MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples) n'auraient pas soutenu l'événement. "Au MRAP, il y a un débat au niveau national pas encore tranché donc nous ne pouvions pas nous engager ", motive Louisette Faréniaux du comité lillois. "Les militants de la Ligue des droits de l'Homme craignaient de cautionner au final la ligne politique mise en avant par Charlie depuis Val et dont les prises de position sur la religion musulmane ne correspondent pas à l'idée que nous nous faisons de la laïcité" explique Gérard Minet, secrétaire régional de la Ligue des Droits de l'Homme.Cette crainte à jouer le texte de Charb interpelle Gérald Dumont et Marika Bret, qui souhaitent "tirer la sonnette d'alarme". Selon eux, son oeuvre a une utilité sociale. La DHR pointe l'absence de courage des organismes : " Ça manque de courage. Et le courage ce n'est pas ceux qui disent "j'ai pas peur", c'est ceux qui disent "j'ai peur, mais j'y vais quand même. "Lille n'est pas la seule ville à se voir attaquer par l'équipe. "La goutte d'eau qui a fait déborder le vase, c'est Avignon", regrette Marika Bret. Un projet était spécialement conçu pour le festival de 2017, année même du 25e anniversaire du journal. Contre toute attente, l'intérêt pour la pièce a laissé place au silence et à la peur. " La parole de Charb, on ne l'entend plus car il a été tué. Si on n'entend plus ses mots, il sera mort deux fois. Ça me rend triste et en colère ", conclut le metteur en scène dansLa Voix du Nord.