Rédigé en cinq jours à peine sur base des documents officiels et de notes personnelles prises au plus fort de l'action, l'opus lève quelque peu le voile sur les coulisses de ces négociations qui vont finalement amener le premier Wallon à négocier en ligne directe avec les Canadiens et les plus hauts responsables européens, en rupture avec les règles européennes et constitutionnelles belges.

Au fil des quelque 130 pages de récit, Paul Magnette retrace le fil des événements: les premiers débats au Parlement wallon, ses contacts avec la commissaire européenne au Commerce Cecilia Malmström, les négociations avec la ministre canadienne Chrystia Freeland qui finira par verser quelques larmes (de crocodile) devant les grilles de l'Elysette, les fortes pressions en tous sens pour faire plier la Wallonie, sans oublier les discussions avec le gouvernement fédéral pour finalement parvenir à un accord intra-belge sur le projet de traité commercial UE-Canada.

En prenant la plume de la sorte, le Carolo entend livrer sa version -- forcément subjective, reconnaît-il -- de ces événements, mais aussi continuer à "faire vivre ce débat sur les enjeux de la mondialisation".

"Certains en Europe disent aujourd'hui que la saga du CETA, c'est terminé. Mais c'est là une grave erreur de perception politique". L'opposition citoyenne au CETA, en Wallonie et ailleurs, est en effet le signe d'une lame de fond au sein de la société qui n'est pas prête de s'arrêter, selon lui.

"Nous vivons une crise de confiance très profonde par rapport aux questions de commerce international ainsi qu'envers le fonctionnement de l'Union européenne. (...) Ce débat sur le CETA n'était pas un moment de bravoure, mais plutôt un déclic, qui a commencé à faire vaciller des certitudes", analyse le ministre-président wallon.

Intitulé "CETA: Quand l'Europe déraille", l'ouvrage ne vise nullement à donner de nouveaux arguments aux eurosceptiques de tout poil, se défend-il.

"Je reste un Européen convaincu. Mais ce n'est pas parce qu'on aime l'Europe qu'on doit se priver de la critiquer. Au contraire", insiste M. Magnette, déçu du positionnement récent de l'Europe face à la crise des réfugiés, de sa rigidité budgétaire, ou de son inaction face aux dérives autoritaires en Pologne ou en Hongrie.

Interrogé sur son isolement politique au sein de la famille sociale-démocrate européenne qui a massivement approuvé le CETA, le Carolo reconnaît que cela fut "très douloureux" pour lui. "Il y a au sein de la famille socialiste européenne une tentation libérale assez répandue", déplore-t-il un peu dépité. "Mais ce n'est pas parce qu'on est isolé qu'il faut renoncer".

Rédigé en cinq jours à peine sur base des documents officiels et de notes personnelles prises au plus fort de l'action, l'opus lève quelque peu le voile sur les coulisses de ces négociations qui vont finalement amener le premier Wallon à négocier en ligne directe avec les Canadiens et les plus hauts responsables européens, en rupture avec les règles européennes et constitutionnelles belges. Au fil des quelque 130 pages de récit, Paul Magnette retrace le fil des événements: les premiers débats au Parlement wallon, ses contacts avec la commissaire européenne au Commerce Cecilia Malmström, les négociations avec la ministre canadienne Chrystia Freeland qui finira par verser quelques larmes (de crocodile) devant les grilles de l'Elysette, les fortes pressions en tous sens pour faire plier la Wallonie, sans oublier les discussions avec le gouvernement fédéral pour finalement parvenir à un accord intra-belge sur le projet de traité commercial UE-Canada. En prenant la plume de la sorte, le Carolo entend livrer sa version -- forcément subjective, reconnaît-il -- de ces événements, mais aussi continuer à "faire vivre ce débat sur les enjeux de la mondialisation". "Certains en Europe disent aujourd'hui que la saga du CETA, c'est terminé. Mais c'est là une grave erreur de perception politique". L'opposition citoyenne au CETA, en Wallonie et ailleurs, est en effet le signe d'une lame de fond au sein de la société qui n'est pas prête de s'arrêter, selon lui. "Nous vivons une crise de confiance très profonde par rapport aux questions de commerce international ainsi qu'envers le fonctionnement de l'Union européenne. (...) Ce débat sur le CETA n'était pas un moment de bravoure, mais plutôt un déclic, qui a commencé à faire vaciller des certitudes", analyse le ministre-président wallon. Intitulé "CETA: Quand l'Europe déraille", l'ouvrage ne vise nullement à donner de nouveaux arguments aux eurosceptiques de tout poil, se défend-il. "Je reste un Européen convaincu. Mais ce n'est pas parce qu'on aime l'Europe qu'on doit se priver de la critiquer. Au contraire", insiste M. Magnette, déçu du positionnement récent de l'Europe face à la crise des réfugiés, de sa rigidité budgétaire, ou de son inaction face aux dérives autoritaires en Pologne ou en Hongrie. Interrogé sur son isolement politique au sein de la famille sociale-démocrate européenne qui a massivement approuvé le CETA, le Carolo reconnaît que cela fut "très douloureux" pour lui. "Il y a au sein de la famille socialiste européenne une tentation libérale assez répandue", déplore-t-il un peu dépité. "Mais ce n'est pas parce qu'on est isolé qu'il faut renoncer".