Le référendum aura-t-il lieu ?

Il est pratiquement certain qu'un référendum crédible du point de vue du droit international ne pourra pas être organisé dimanche, Madrid ayant tout fait pour le miner. La police a saisi plusieurs millions de bulletins de vote et 45.000 convocations d'assesseurs. Les listes électorales n'ont pas été publiées et les partisans du "non" à l'indépendance boycottent le scrutin. La commission électorale, organe garant de la bonne tenue du scrutin, a été dissoute sous la menace d'amendes. Des milliers de policiers ont pour mission de mettre sous scellé les bureaux de vote.

Raul Romeva, membre du gouvernement catalan en charge des relations internationales, a cependant assuré que le référendum allait bien avoir lieu: "Nous pouvons imprimer des bulletins de vote autant de fois que nécessaire, nous avons les listes électorales, des urnes et il y aura des bureaux de vote", a-t-il déclaré à l'AFP cette semaine.

Négociations ?

Comme il est de plus en plus certain qu'une partie des électeurs Catalans se rendra aux urnes (improvisées ou en bonne et due forme) quoiqu'il en soit et que le "oui" l'emportera vu que les adversaires de l'indépendance ne voteront pas, les dirigeants indépendantistes chercheront à en tirer profit, même sans déclaration d'indépendance.

Mais comment ? La première option, selon Gabriel Colome, professeur de Sciences politiques à l'Université autonome de Barcelone, serait un appel à une mobilisation massive dans toute la Catalogne. Le petit syndicat anarchiste CGT a d'ores et déjà appelé à la grève générale à partir du 3 octobre, mais les principales organisations syndicales UGT et CCOO n'ont pas suivi pour l'instant. Une grève prolongée pourrait faire du tort à l'économie espagnole, puisque la Catalogne représente 19% au PIB national.

Manifestations et troubles ?

Un scénario de manifestations massives et de troubles reste aussi possible dans ce contexte. Le gouvernement du conservateur Mariano Rajoy a d'ailleurs dépêché dans la région les deux-tiers de ses policiers anti-émeutes. Au total près de 10.000 policiers et gardes civils ont été envoyés en renfort, logés en partie dans des ferrys. Avec ce scénario de mobilisation massive, les indépendantistes "tenteraient de négocier" sur les questions d'autonomie et de financement de la Catalogne, estime M. Colome.

Les socialistes ont déjà créé une commission parlementaire à Madrid pour débattre du changement de statut des régions espagnoles. L'un des partis indépendantistes catalans, le PDeCat, a accepté d'y participer, ce qui pourrait être un signe qu'au moins une partie de la coalition dirigeant la Catalogne souhaite des négociations.

Proclamation de la République ?

Pour Rafael Arenas Garcia, professeur de droit à l'Université autonome de Barcelone, une autre option serait une proclamation d'indépendance unilatérale, ou DUI, qui contraindrait Madrid à réagir. Au sein du gouvernement, on ironise sur le sigle "DUI" qui en anglais veut dire "conduire en état d'ébriété" (Driving under influence). L'Etat a dans ce cas la possibilité de suspendre l'autonomie de la Catalogne et, par exemple, de prendre le contrôle de sa police.

Il peut aussi arrêter des dirigeants catalans comme le président Carles Puigdemont, mais l'image de ces indépendantistes encadrés de policiers risquerait de faire le tour du monde et donnerait aux indépendantistes l'occasion de "passer de la logique de l'indépendance à celle de la défense de la démocratie contre un Etat répressif", a affirmé M. Colome.

Des élections anticipées ?

Le troisième scénario serait celui d'une dissolution du Parlement catalan, sans que l'indépendance ne soit proclamée, pour donner lieu tôt ou tard à de nouvelles élections régionales. Les indépendantistes pourraient ainsi espérer rentabiliser les effets de la crise de ces derniers jours et obtenir une plus forte majorité au Parlement régional pour poursuivre leur lutte pour l'indépendance.

Il est pratiquement certain qu'un référendum crédible du point de vue du droit international ne pourra pas être organisé dimanche, Madrid ayant tout fait pour le miner. La police a saisi plusieurs millions de bulletins de vote et 45.000 convocations d'assesseurs. Les listes électorales n'ont pas été publiées et les partisans du "non" à l'indépendance boycottent le scrutin. La commission électorale, organe garant de la bonne tenue du scrutin, a été dissoute sous la menace d'amendes. Des milliers de policiers ont pour mission de mettre sous scellé les bureaux de vote.Raul Romeva, membre du gouvernement catalan en charge des relations internationales, a cependant assuré que le référendum allait bien avoir lieu: "Nous pouvons imprimer des bulletins de vote autant de fois que nécessaire, nous avons les listes électorales, des urnes et il y aura des bureaux de vote", a-t-il déclaré à l'AFP cette semaine. Comme il est de plus en plus certain qu'une partie des électeurs Catalans se rendra aux urnes (improvisées ou en bonne et due forme) quoiqu'il en soit et que le "oui" l'emportera vu que les adversaires de l'indépendance ne voteront pas, les dirigeants indépendantistes chercheront à en tirer profit, même sans déclaration d'indépendance. Mais comment ? La première option, selon Gabriel Colome, professeur de Sciences politiques à l'Université autonome de Barcelone, serait un appel à une mobilisation massive dans toute la Catalogne. Le petit syndicat anarchiste CGT a d'ores et déjà appelé à la grève générale à partir du 3 octobre, mais les principales organisations syndicales UGT et CCOO n'ont pas suivi pour l'instant. Une grève prolongée pourrait faire du tort à l'économie espagnole, puisque la Catalogne représente 19% au PIB national. Un scénario de manifestations massives et de troubles reste aussi possible dans ce contexte. Le gouvernement du conservateur Mariano Rajoy a d'ailleurs dépêché dans la région les deux-tiers de ses policiers anti-émeutes. Au total près de 10.000 policiers et gardes civils ont été envoyés en renfort, logés en partie dans des ferrys. Avec ce scénario de mobilisation massive, les indépendantistes "tenteraient de négocier" sur les questions d'autonomie et de financement de la Catalogne, estime M. Colome.Les socialistes ont déjà créé une commission parlementaire à Madrid pour débattre du changement de statut des régions espagnoles. L'un des partis indépendantistes catalans, le PDeCat, a accepté d'y participer, ce qui pourrait être un signe qu'au moins une partie de la coalition dirigeant la Catalogne souhaite des négociations.Pour Rafael Arenas Garcia, professeur de droit à l'Université autonome de Barcelone, une autre option serait une proclamation d'indépendance unilatérale, ou DUI, qui contraindrait Madrid à réagir. Au sein du gouvernement, on ironise sur le sigle "DUI" qui en anglais veut dire "conduire en état d'ébriété" (Driving under influence). L'Etat a dans ce cas la possibilité de suspendre l'autonomie de la Catalogne et, par exemple, de prendre le contrôle de sa police. Il peut aussi arrêter des dirigeants catalans comme le président Carles Puigdemont, mais l'image de ces indépendantistes encadrés de policiers risquerait de faire le tour du monde et donnerait aux indépendantistes l'occasion de "passer de la logique de l'indépendance à celle de la défense de la démocratie contre un Etat répressif", a affirmé M. Colome. Le troisième scénario serait celui d'une dissolution du Parlement catalan, sans que l'indépendance ne soit proclamée, pour donner lieu tôt ou tard à de nouvelles élections régionales. Les indépendantistes pourraient ainsi espérer rentabiliser les effets de la crise de ces derniers jours et obtenir une plus forte majorité au Parlement régional pour poursuivre leur lutte pour l'indépendance.