Les chances pour la Grande-Bretagne d'obtenir un accord avec l'Union européenne dans les 20 mois de négociation qui restent "semblent minimes", et encore moins de trouver un bon deal pour les Britanniques, craint Steve Bullock. Cet ancien représentant britannique auprès de l'UE, qui y a travaillé de 2010 à 2014, regrette que les autorités britanniques échouent à comprendre les complexités de la sortie de leur pays de l'Union. C'est ce qu'il déclare dans une opinion sur le site du journal The Independent : pour lui, les ministres impliqués dans ces négociations difficiles ont "fermement enfou...

Les chances pour la Grande-Bretagne d'obtenir un accord avec l'Union européenne dans les 20 mois de négociation qui restent "semblent minimes", et encore moins de trouver un bon deal pour les Britanniques, craint Steve Bullock. Cet ancien représentant britannique auprès de l'UE, qui y a travaillé de 2010 à 2014, regrette que les autorités britanniques échouent à comprendre les complexités de la sortie de leur pays de l'Union. C'est ce qu'il déclare dans une opinion sur le site du journal The Independent : pour lui, les ministres impliqués dans ces négociations difficiles ont "fermement enfoui leur tête dans le sable, en espérant que les problèmes épineux allaient disparaitre d'eux-mêmes". Même en imaginant le meilleur deal possible avec lequel les Britanniques auraient pu sortir des négociations, Steve Bullock considère que le Brexit est "une idée terrible". A cela s'ajoutent des ministres qui font avancer le pays "vers des conséquences qu'ils ne comprennent même pas", allant même jusqu'à parler "d'effroyable abandon du devoir". Ses commentaires interviennent après le second round des négociations entre David Davis, le ministre britannique chargé du Brexit, et Michel Barnier, le négociateur pour l'Union européenne. Les négociateurs n'ont d'ailleurs pas réussi à avancer sur les importants points de discorde, y compris le projet sur le divorce entre les deux parties et les droits futurs des citoyens au Royaume-Uni et dans les pays membres de l'UE. Faisant référence à l'Euratom (la Communauté européenne de l'énergie atomique), il s'interroge : "Qui savait il y a quinze jours que quitter l'obscur Traité Euratom compromettrait non seulement l'industrie nucléaire britannique, mais aussi l'approvisionnement d'isotopes médicaux pour le traitement du cancer ? "D'autres organisations et secteurs pourraient également en subir les conséquences. L'ancien négociateur britannique, qui a également travaillé pour le département du Développement International britannique, craint que certaines organisations non gouvernementales de Royaume-Uni, des ONG telles qu'Oxfam par exemple, ne soient dès lors plus éligibles pour les subventions de l'UE après la sortie britannique. "A quelques exceptions près, seules les ONG des pays de l'UE, et les pays partenaires eux-mêmes, peuvent mettre en oeuvre des programmes d'aide de l'UE", poursuit-il. C'est aussi l'avis de Tamsyn Barton, son ancien directeur du département de Développement International, qui dirige à présent le réseau des ONG britanniques Bond. Selon ce dernier, les dommages collatéraux du Brexit toucheront les grandes et petites ONG, ainsi que les nombreuses entreprises britanniques qui mettent actuellement en oeuvre l'aide de l'UE. "Les ONG britanniques pourraient en souffrir, cela pourrait être pire pour les entreprises britanniques (...) Qui était au courant ?", s'offusque Bullock. "En fait, certaines personnes savaient, mais ce ne sont que des experts, ils ont donc été largement ignorés", conclut-il.