Le Parti national écossais (SNP) et le Parti libéral-démocrate, qui comptent à eux deux 54 députés dans les 650 sièges de la Chambre des communes, ont déclaré qu'un retard de trois mois du Brexit, repoussant la date de sortie à fin janvier, pourrait les amener à formuler mardi des propositions permettant la mise en place d'élections anticipées.

"Si cette prolongation significative est obtenue, nous travaillerons ensemble pour déclencher des élections cette année", a déclaré le chef de file du SNP, Ian Blackford.

Le nationaliste écossais et la dirigeante du Parti libéral-démocrate Jo Swinson ont exposé leur proposition dans une lettre commune adressée au président du Conseil européen, Donald Tusk.

A cinq jours de la date butoir actuelle, les dirigeants de l'UE doivent décider lundi, ou au plus tard mardi matin, de la durée de ce qui serait le troisième report du Brexit.

La plupart des pays semblent ouverts à une prolongation de trois mois, au 31 janvier 2020, délai que Boris Johnson a été contraint de demander tout en s'y disant hostile, selon des sources européennes.

Un vote est également attendu lundi au Parlement britannique sur la tenue d'élections législatives anticipées le 12 décembre, proposées jeudi dernier par le Premier ministre pour sortir de l'impasse.

Sans majorité parlementaire pour accomplir sa promesse d'un Brexit le 31 octobre, il a besoin pour cela d'une majorité des deux tiers des députés et donc du soutien d'une partie de l'opposition.

Les indépendantistes écossais du SNP et le parti pro-européen Lib-Dem, troisième formation de l'opposition - qui s'opposent tous deux fermement au Brexit - souhaitent pour leur part des élections le 9 décembre prochain.

De leur côté, les unionistes du petit parti nord-irlandais DUP, qui disposent de 10 députés à la Chambre des communes - ont réaffirmé samedi lors de leur congrès à Belfast leur détermination à mettre en échec l'accord de Brexit négocié par Johnson.

Samedi soir, Johnson a accusé les députés de tenir la Grande-Bretagne "en otage", en refusant de soutenir la tenue d'élections ou l'accord de Brexit.

"Des millions d'entreprises et de personnes ne peuvent pas planifier leur avenir, cette paralysie est en train de causer de réels dommages et le pays doit passer à autre chose en 2020", a encore déclaré le Premier ministre britannique dans un communiqué.