"Après avoir vu tant de gens se mobiliser à travers le pays, je voudrais dire: Le combat n'est pas terminé. Le combat ne peut pas se terminer parce que nous voulons toujours plus", a scandé Luiz Inacio Lula da Silva, une allusion à la mobilisation de nombreux militants de gauche tout au long de ses 580 jours d'incarcération. "La campagne Lula libre doit se transformer en quelque chose de beaucoup plus grand!", a-t-il ajouté, face à un public qui l'a accueilli aux cris de "Lula, guerrier du peuple brésilien".

L'ex-président (2003-2010) s'est rendu dimanche à Recife, capitale de son Etat natal du Pernambouc, pour participer à un festival musical organisé en son honneur. En jean, t-shirt et veste bleu marine, le tribun à la voix rauque et la barbe emblématique s'est lancé dans un des discours enflammés dont il a le secret. Il s'est adressé à la foule après les concerts d'artistes de la scène musicale actuelle du Brésil, et d'autres plus traditionnels, comme la chanteuse Lia de Itamaraca, qui fait une apparition dans le film "Bacurau", Prix du Jury à Cannes. "Je ne voulais pas parler de politique dans un festival musical", a-t-il affirmé à plusieurs reprises, avant de se raviser, attaquant avec virulence le gouvernement du président d'extrême droite Jair Bolsonaro. "Vous pouvez être sûrs que chaque minute de vie qu'il me reste sera consacré à libérer notre pays de ce gang de miliciens qui s'en est emparé", s'est-il écrié, une allusion aux soupçons de liens de la famille du chef de l'Etat avec des groupes paramilitaires qui sèment la terreur dans certains quartiers populaires de Rio de Janeiro.

Lula, 74 ans, a été libéré le 8 novembre, après avoir commencé à purger en avril 2018 à Curitiba (sud) une peine de 8 ans et 10 mois de réclusion pour corruption, même s'il a toujours clamé son innocence. "Je suis sorti de prison meilleur que j'y suis entré et ne n'ai pas cessé de penser à ceux qui étaient dans une situation pire que la mienne et ne pouvaient pas faire trois repas par jour", a-t-il affirmé. Depuis sa sortie de prison, il avait déjà prononcé trois discours, mais c'est dimanche à Recife qu'il a parlé pour la première fois devant un public très nombreux. "Quand je lâcherai le micro, le show va continuer, parce que c'est comme ça en démocratie", a conclu Lula, laissant les festivités reprendre, sous les vivats de la foule.