Cet usage excessif de la force "est extrêmement dangereux" et pourrait conduire à ce que la situation "dégénère", a-t-elle ajouté dans un communiqué.

Mme Bachelet a rappelé que 17 personnes au moins avaient été tuées depuis le début du mouvement de contestation qui secoue la Bolivie, dont 14 depuis la fuite de l'ex-président Evo Morales au Mexique il y a six jours.

"Les premiers décès étaient dus surtout à des affrontements violents entre manifestants rivaux mais les plus récents semblent être le résultat d'un usage inutile et disproportionné de la force par la police et l'armée", a-t-elle estimé.

"C'est un développement extrêmement dangereux car, loin d'apaiser la violence, cela pourrait la rendre bien pire encore", a expliqué Mme Bachelet. "La situation en Bolivie pourrait dégénérer si les autorités ne la gèrent pas avec délicatesse et en accord avec les normes internationales qui régissent l'usage de la force, et avec un plein respect des droits de l'homme".

Cinq paysans favorables au président déchu Evo Morales ont été tués vendredi dans la banlieue de Cochabamba (centre), fief politique de l'ancien président, où des affrontements ont opposé toute la journée des milliers de manifestants aux forces de l'ordre qui les empêchaient de se rendre dans le centre-ville, selon un journaliste de l'AFP.

La Commission interaméricaine des droits humains (CIDH) a confirmé les cinq décès et dénoncé "l'usage disproportionné de la force policière et militaire", notamment des armes à feu pour réprimer des manifestations.

Mme Bachelet a aussi dénoncé "des arrestations et des détentions massives", affirmant que plus de 600 personnes ont été détenues depuis le 21 octobre, "dont beaucoup au cours des derniers jours".

Elle a exhorté les autorités boliviennes à communiquer le nombre de personnes arrêtées, blessées et tuées au cours des manifestations, et exigé une "enquête rapide, impartiale, transaparente" et complète sur ces événements.