L'homme, encagoulé et revêtu d'un uniforme camouflé, parle un français sans accent. Derrière lui, dans un décor de ruines, un prisonnier bâillonné est attaché, les bras en croix. La vidéo, diffusée sur Internet le 26 novembre dernier, est censée avoir été tournée à Raqqa, la capitale " régionale " de l'organisation Etat islamique (Daech) en Syrie. Le djihadiste, surnommé Abou Souleymane al-Firansi (" le Français "), donne une abjecte leçon de meurtre au couteau, désignant les zones vitales sur le corps du prisonnier. Il tend l'arme blanche à un comparse. Ce dernier tranche les poignets et la gorge du supplicié. Puis, Abou Souleymane, dont l'identité est encore inconnue, montre, avec l'agilité d'un combattant d'élite, les techniques pour attaquer un " mécréant ". Ce vade- mecum du terrorisme individuel peut être vu comme une réplique à un événement survenu en France, cinq jours plus tôt. Le 21 novembre, les policiers de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) ont démantelé une cellule djihadiste qui prévoyait de commettre des tueries dans Paris et en Ile-de-France, le 1er décembre. Ce petit groupe était " téléguidé " depuis la Syrie par un membre francophone de Daech.
...