A ce stade, six explosions ont été confirmées dans trois sites différents. Quatre personnes ont été légèrement blessées dans ces attaques où des bombes "ping pong" (bombes artisanales nommées ainsi parce qu'elles rebondissent comme une balle de ping pong) auraient notamment été utilisées et dissimulées "dans des buissons au bord de la route", d'après les autorités.

La Thaïlande, familière des violences politiques et des coups d'Etat, reste profondément divisée après les élections controversées de mars qui ont conduit l'ex-chef de la junte militaire Prayut Chan-O-Cha à la tête d'un gouvernement civil.

Toutefois, les motivations derrière ces attaques ne sont pas connues à ce stade et les autorités ont exhorté à se garder de toute spéculation.

Prayut Chan-O-Cha a "ordonné une enquête immédiate", a déclaré la porte-parole du gouvernement thaïlandais Narumon Pinyosinwat, ajoutant que "les mesures de sécurité ont été renforcées".

Le Premier ministre a imputé les bombes à "des personnes mal intentionnées incitant à la violence" pour "détruire la paix et l'image du royaume".

"Nous devons démontrer notre effort collectif pour lutter contre ceux qui ont l'intention de nuire au pays", a-t-il indiqué sur les réseaux sociaux, exhortant la population à "ne pas paniquer" et à "coopérer" avec les autorités.

Deux explosions ont retenti vendredi matin dans le centre de la capitale près de la tour Mahanakorn appartenant au groupe King Power, propriétaire du club de football britannique de Leicester City, selon la police. Des spécialistes du déminage ont été déployés aux abords du gratte-ciel.

Quatre autres explosions ont retenti à Bangkok, dont trois ont touché une zone entourant un complexe gouvernemental, d'après les autorités.

- "Semer la confusion" -

"Nous ne savons pas encore combien de personnes sont impliquées", a déclaré à la presse le vice-Premier ministre Prawit Wongsuwon, ajoutant que ces attaques ont "probablement pour but de semer la confusion".

Elles ont eu lieu alors que la capitale thaïlandaise accueille une réunion des ministres des Affaires étrangères des pays d'Asie du Sud-Est en présence de leurs homologues américain, russe et chinois.

Elles sont survenues quelques minutes avant un discours à 09H00 heures locales (02H00 GMT) du chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, présent à Bangkok pour tenter de contrer l'influence chinoise dans la région.

Les auteurs de ces attentats "tentent de délégitimer, de discréditer et de déstabiliser le sommet thaïlandais et d'embarrasser la Thaïlande en tant que pays hôte", a dit à l'AFP Paul Chambers, spécialiste de politique thaïlandaise à l'Université de Naresuan, dans le nord du royaume.

Ces attaques interviennent aussi dans un contexte politique tendu en Thaïlande, quelques semaines après que le chef de la junte militaire soit devenu Premier ministre du gouvernement civil.

Son élection début juin par le Parlement était pratiquement acquise car la nouvelle Constitution, adoptée en 2017, octroie à l'armée la nomination des 250 sénateurs.

Et l'opposition a dénoncé de nombreuses fraudes durant ce scrutin, déplorant la façon dont les dés avaient été pipés par les militaires.

En 2009, le sommet des dirigeants de l'Association des pays d'Asie du Sud-Est (Asean) qui se tenait en Thaïlande avait été annulé après l'intrusion massive de manifestants du mouvement dit des "chemises rouges" dans l'hôtel où se tenait la réunion, dans la station balnéaire de Pattaya.

Un certain nombre de dirigeants avaient dû être évacués par des hélicoptères de l'armée thaïlandaise depuis le toit de l'hôtel tandis que d'autres avaient été contraints de fuir par bateau.

bur-sde/lch