A la question de savoir s'il pardonnait à l'auteur de la tuerie, un suprémaciste blanc australien de 28 ans, Farid Ahmad a répondu: "Bien sûr. La meilleure chose, c'est le pardon, la générosité, l'amour et l'affection, avoir une attitude positive". "Je lui dirais que je l'aime en tant que personne", a-t-il dit à l'AFP. "Je lui dirais qu'il a en lui un grand potentiel pour être une personne généreuse, bonne, capable de sauver des gens plutôt que de les détruire". "Je lui souhaite de rechercher cette attitude positive, j'espère et je prie pour lui (...) Je n'ai aucune rancune".

Quand les tirs ont commencé, sa femme, Husna Ahmad, 44 ans, aidait des fidèles à s'échapper de la mosquée, selon Farid Ahmad qui s'appuie sur le récit de témoins. "Elle criait, 'Venez par ici, dépêchez-vous', et elle a emmené beaucoup d'enfants et de femmes vers un jardin à l'abri", a-t-il dit.

"Ensuite elle est revenue pour s'enquérir de mon sort, parce que je suis en chaise roulante, et alors qu'elle s'approchait de la porte, elle a été tuée. Elle était occupée à sauver des vies, sans se préoccuper d'elle-même", a poursuivi cet homme de 59 ans qui, lui, a échappé au tireur.

"L'homme tirait sur la même personne deux ou trois fois, cela nous a probablement permis de nous en sortir... même les morts, il leur tirait encore dessus".

Il n'a pas vu sa femme quand il a quitté la mosquée et a appris sa mort en voyant sa photographie sur les réseaux sociaux.