L'explosion, qui a provoqué une épaisse colonne de fumée blanche, a eu lieu vers 10H10 (05H40 GMT) dans le quartier très protégé de Shash-Darak, proche de la Zone verte (périmètre ultra-protégé où sont situées plusieurs ambassades) et qui abrite notamment le siège du NDS, les services secrets afghans.

Le lieu est proche de celui où un attentat revendiqué par le groupe jihadiste Etat islamique avait coûté la vie à 9 journalistes dont le photographe de l'AFP Shah Marai en avril 2018.

"Nous confirmons une explosion dans le quartier de Shash-Darak", a indiqué le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Nasrat Rahimi, en précisant qu'elle avait été provoquée par une voiture piégée.

"Notre hôpital a reçu cinq corps et 25 blessés en provenance du site de l'attaque" a indiqué à l'AFP le directeur de l'hôpital Wazir Akbar Khan, Farid Ahmad Karimi.

"Il y a des civils et des personnels de sécurité parmi les morts et les blessés, dont cinq femmes blessées", a-t-il précisé.

Les talibans ont revendiqué l'attentat, a indiqué leur porte-parole Zabihullah Mujahid sur Twitter, affirmant qu'il visait "un convoi d'envahisseurs étrangers" et avait tué "12 envahisseurs et 8 membres du NDS".

La capitale afghane avait déjà été le théâtre lundi d'un attentat qui a fait 16 morts, lui aussi revendiqué par les talibans. Les insurgés négocient depuis des mois avec les États-Unis un accord en vue de mettre fin à un conflit vieux de 18 ans.

"Couvert de sang"

L'explosion de jeudi a eu lieu près d'un poste de contrôle, a indiqué à l'AFP une source de sécurité afghane.

Le propriétaire d'un studio photo proche du lieu de l'explosion a dit à l'AFP par téléphone avoir "vu au moins cinq personnes grièvement blessées, l'une était couverte de sang et ne bougeait pas".

"J'étais dans ma boutique avec deux clients, dont un étranger. Quand l'explosion est survenue je suis tombé de ma chaise et tout est devenu sombre à cause de la fumée et de la poussière", a-t-il dit.

"Je suis sorti juste après l'attaque, le bord de la route était couvert de débris et de corps. Je pouvais entendre des gens blessés crier, appelant leur mère et leurs proches", a-t-il ajouté.

Les attaques de lundi et jeudi interviennent alors que l'envoyé spécial américain Zalmay Khalilzad se trouvait en début de semaine dans la capitale afghane.

Il y a communiqué au président Ashrah Ghani les éléments d'un accord "de principe" négocié avec les talibans.

Cet accord doit permettre notamment le retrait d'un grand nombre de militaires américains du pays. Les talibans s'engageraient en échange à empêcher toute activité de groupes terroristes sur le territoire ainsi qu'à engager un dialogue avec l'actuel gouvernement.

Mais de nombreux Afghans craignent que les talibans reviennent sur leurs acquis en matière de libertés publiques et refusent tout partage du pouvoir avec l'actuel gouvernement.

Un autre sujet d'inquiétude est celui de l'avenir des forces de sécurité afghanes, soutenues financièrement et militairement par l'US Army. Un retrait américain fragiliserait encore plus leur position alors qu'elles sont sous la pression croissante d'attaques de talibans.

Les insurgés ont déclenché ce week-end une offensive pour tenter de s'emparer de la ville stratégique de Kunduz, ainsi qu'une opération à Pul-e Khumri, la capitale de la province voisine de Baghlan dans le nord. Ils en ont été repoussés, selon les autorités.