"Un débat aura lieu mardi sur sa mise en liberté ou son maintien en détention", a précisé son conseil. "Il faut qu'on ait le temps de démonter le canevas de ragots et de mensonges qui constituent l'essentiel de l'accusation", a-t-il déclaré à sa sortie de la cour d'appel de Dijon (est).

L'assassinat du "petit Grégory" est considéré comme une des plus grandes affaires criminelles françaises.

A l'époque âgée de 15 ans, Murielle Bolle avait livré un témoignage accablant son beau-frère Bernard Laroche, qui avait été inculpé sans attendre.

La rétractation éclair de l'adolescente avait conduit à la libération de Bernard Laroche, début 1985, mais celui-ci avait été tué peu après par son cousin, Jean-Marie Villemin, le père de Grégory.

Plus de 32 ans après les faits, l'accusation considère désormais que MurielleBolle, âgée aujourd'hui de 48 ans, a joué un rôle dans l'enlèvement de l'enfant.

Grégory, âgé de quatre ans, avait été retrouvé mort en octobre 1984, pieds et poings liés, dans une rivière des Vosges.

Un "corbeau" avait revendiqué le crime, invoquant une vengeance.

Les soupçons de la justice s'étaient ensuite reportés sur la mère de Grégory, définitivement innocentée par la justice au début des années 1990.

Cette affaire de haines familiales et de lettres anonymes dans une vallée rurale a connu en juin un spectaculaire rebondissement.

Un logiciel d'analyse criminelle, utilisé pour résoudre les "cold cases", a permis de reconstituer la chronologie avant et après le crime et de pointer des incohérences qui avaient jusque là échappé aux enquêteurs.

Le grand-oncle et la grand-tante de Grégory, Marcel et Jacqueline Jacob, tous deux septuagénaires, ont été inculpés pour l'enlèvement et la séquestration du petit Grégory.

Interpellés, placés quatre jours en détention, puis libérés sous contrôle judiciaire, ils résident dans des endroits séparés, tenus au plus strict secret. Le couple a nié toute implication.

Dans le passé, les enquêteurs s'étaient déjà penchés sur le rôle de MurielleBolle, mise en cause notamment par une plainte des parents de Grégory. L'information judiciaire s'était soldée par un non-lieu en 1988.

Ils avaient notamment exploré une piste selon laquelle l'adolescente aurait pu prendre une part active à l'enlèvement de Grégory en lui injectant une dose d'insuline - prise à sa mère, diabétique - pour le plonger dans le coma. Un flacon et une seringue avaient été retrouvés au bord de la Vologne.

Mais l'éventualité d'une "intention criminelle" de l'adolescente avait été écartée une nouvelle fois par la cour d'appel de Dijon en 1993, dans l'arrêt innocentant Christine Villemin, la mère de l'enfant.