Certains diplomates minimisent l'événement en rappelant que le vote reste une décision politique avant tout nationale. D'autres tirent des conclusions tranchées sur la position singulière adoptée par Londres lors du vote sur la Syrie. "Le Royaume-Uni prend son indépendance", affirme ainsi à l'AFP un responsable de l'ONU sous couvert d'anonymat. "Dans les négociations, cela pourrait ne pas trop changer. Mais au moment des votes, de l'utilisation ou non d'un veto, cela pèsera", estime cette source.

Membre permanent du Conseil de sécurité, Londres détient un droit de veto à l'égal de Paris, Washington, Moscou et Pékin. Avec le Brexit attendu le 31 janvier, "le Royaume-Uni ne sera plus tenu par les positions européennes", poursuit le même responsable. "Auprès des Etats-Unis, le Royaume-Uni risque d'avoir le même rôle que la Chine qui agit souvent en soutien de la Russie". "Le rapprochement entre Donald Trump et Boris Johnson va jouer", prédisent aussi plusieurs diplomates au siège de l'ONU.

Concrètement, le Brexit va entrainer la sortie du Royaume-Uni de toutes les réunions européennes de coordination qui se tiennent très régulièrement à New York. L'article 34 du Traité de l'Union européenne prévoit que ses membres qui font partie du Conseil de sécurité "se concertent" et "défendent" les intérêts de l'UE dans cette instance. Des consignes sont encore attendues de Bruxelles sur les procédures à suivre à partir du 1er février. Les pays européens du Conseil s'attendent cependant à ce que Londres poursuive avec ses partenaires européens une "coopération sincère" pendant la période de transition qui va s'ouvrir. La réciproque est tout aussi espérée, précisent ces mêmes Européens.

"Cas par cas"

Pour les positions communes, cela va être du "cas par cas", estiment plusieurs diplomates qui souhaitent que le Royaume-Uni conserve une "volonté de continuer à travailler en bonne intelligence" avec l'UE sur différents dossiers, comme l'Iran ou la Corée du Nord.

Jusqu'à présent, Paris, Berlin et Londres ont maintenu un front uni face à la décision des Etats-Unis de se retirer de l'accord international sur le nucléaire iranien de 2015. Ces derniers mois, les trois capitales se sont aussi voulu en pointe dans le dossier nord-coréen en réclamant des réunions du Conseil de sécurité après chaque essai balistique mené par Pyongyang et en produisant une déclaration commune exigeant le maintien des sanctions internationales.

Au Conseil de sécurité, la France risque de souffrir plus que d'autres du Brexit. Dans les négociations à trois - Etats-Unis, Royaume-Uni et France -, face à une administration américaine souvent jugée imprévisible, Paris et Londres avaient le loisir d'offrir un front uni sous une casquette européenne. A l'avenir, la France pourrait se retrouver en minorité face à ses deux partenaires. Par le jeu des rotations des pays non membres permanents au Conseil, la France pourrait aussi se retrouver seul membre de l'UE sur 15 participants en 2022 si l'Albanie succède alors à l'Estonie et si l'Irlande n'est pas élue en juin prochain.

Le même responsable de l'ONU s'interroge: le Royaume-Uni va-t-il se rapprocher du groupe Canz (Nouvelle-Zélande, Australie, Canada), tous membres du Commonwealth? Ou va-t-il jouer une partition seul comme le font la Russie, la Chine ou le Japon? Dans cette hypothèse, les Britanniques "risquent d'être attirés vers l'orbite américaine", estime-t-il. Londres va également devoir renforcer sa mission diplomatique à New York puisqu'il ne sera plus représenté dans de multiples réunions par la mission européenne auprès des Nations unies.

Aucun commentaire n'a pu être obtenu auprès de la mission diplomatique britannique auprès de l'ONU sur l'avenir de son positionnement au Conseil de sécurité ou au sein de l'Assemblée générale des Nations unies.

Certains diplomates minimisent l'événement en rappelant que le vote reste une décision politique avant tout nationale. D'autres tirent des conclusions tranchées sur la position singulière adoptée par Londres lors du vote sur la Syrie. "Le Royaume-Uni prend son indépendance", affirme ainsi à l'AFP un responsable de l'ONU sous couvert d'anonymat. "Dans les négociations, cela pourrait ne pas trop changer. Mais au moment des votes, de l'utilisation ou non d'un veto, cela pèsera", estime cette source.Membre permanent du Conseil de sécurité, Londres détient un droit de veto à l'égal de Paris, Washington, Moscou et Pékin. Avec le Brexit attendu le 31 janvier, "le Royaume-Uni ne sera plus tenu par les positions européennes", poursuit le même responsable. "Auprès des Etats-Unis, le Royaume-Uni risque d'avoir le même rôle que la Chine qui agit souvent en soutien de la Russie". "Le rapprochement entre Donald Trump et Boris Johnson va jouer", prédisent aussi plusieurs diplomates au siège de l'ONU.Concrètement, le Brexit va entrainer la sortie du Royaume-Uni de toutes les réunions européennes de coordination qui se tiennent très régulièrement à New York. L'article 34 du Traité de l'Union européenne prévoit que ses membres qui font partie du Conseil de sécurité "se concertent" et "défendent" les intérêts de l'UE dans cette instance. Des consignes sont encore attendues de Bruxelles sur les procédures à suivre à partir du 1er février. Les pays européens du Conseil s'attendent cependant à ce que Londres poursuive avec ses partenaires européens une "coopération sincère" pendant la période de transition qui va s'ouvrir. La réciproque est tout aussi espérée, précisent ces mêmes Européens.Pour les positions communes, cela va être du "cas par cas", estiment plusieurs diplomates qui souhaitent que le Royaume-Uni conserve une "volonté de continuer à travailler en bonne intelligence" avec l'UE sur différents dossiers, comme l'Iran ou la Corée du Nord.Jusqu'à présent, Paris, Berlin et Londres ont maintenu un front uni face à la décision des Etats-Unis de se retirer de l'accord international sur le nucléaire iranien de 2015. Ces derniers mois, les trois capitales se sont aussi voulu en pointe dans le dossier nord-coréen en réclamant des réunions du Conseil de sécurité après chaque essai balistique mené par Pyongyang et en produisant une déclaration commune exigeant le maintien des sanctions internationales.Au Conseil de sécurité, la France risque de souffrir plus que d'autres du Brexit. Dans les négociations à trois - Etats-Unis, Royaume-Uni et France -, face à une administration américaine souvent jugée imprévisible, Paris et Londres avaient le loisir d'offrir un front uni sous une casquette européenne. A l'avenir, la France pourrait se retrouver en minorité face à ses deux partenaires. Par le jeu des rotations des pays non membres permanents au Conseil, la France pourrait aussi se retrouver seul membre de l'UE sur 15 participants en 2022 si l'Albanie succède alors à l'Estonie et si l'Irlande n'est pas élue en juin prochain.Le même responsable de l'ONU s'interroge: le Royaume-Uni va-t-il se rapprocher du groupe Canz (Nouvelle-Zélande, Australie, Canada), tous membres du Commonwealth? Ou va-t-il jouer une partition seul comme le font la Russie, la Chine ou le Japon? Dans cette hypothèse, les Britanniques "risquent d'être attirés vers l'orbite américaine", estime-t-il. Londres va également devoir renforcer sa mission diplomatique à New York puisqu'il ne sera plus représenté dans de multiples réunions par la mission européenne auprès des Nations unies.Aucun commentaire n'a pu être obtenu auprès de la mission diplomatique britannique auprès de l'ONU sur l'avenir de son positionnement au Conseil de sécurité ou au sein de l'Assemblée générale des Nations unies.