Cette nuit, c'est une incroyable opération qui se joue. Soudainement, deux cents bâtiments de guerre et cent-dix navires de transport surgissent au large des côtes nord-africaines. Sous la direction du général Eisenhower, plus de 100 000 hommes sont prêts à débarquer. Une formalité ? Certainement pas ! Au port d'Alger, la bataille fait bientôt rage. Deux torpilleurs britanniques doivent battre en retraite et abandonner un détachement américain aux mains de l'ennemi. Quatre cents kilomètres plus à l'ouest, ce n'est pas mieux : à Oran, les Alliés sont confrontés au tir nourri de l'ennemi. Maroc et Algérie n'...

Cette nuit, c'est une incroyable opération qui se joue. Soudainement, deux cents bâtiments de guerre et cent-dix navires de transport surgissent au large des côtes nord-africaines. Sous la direction du général Eisenhower, plus de 100 000 hommes sont prêts à débarquer. Une formalité ? Certainement pas ! Au port d'Alger, la bataille fait bientôt rage. Deux torpilleurs britanniques doivent battre en retraite et abandonner un détachement américain aux mains de l'ennemi. Quatre cents kilomètres plus à l'ouest, ce n'est pas mieux : à Oran, les Alliés sont confrontés au tir nourri de l'ennemi. Maroc et Algérie n'appartiennent-ils pourtant pas à l'empire français ? Si, bien sûr ! Mais en 1942, la France collaboratrice se trouve dans le camp des Allemands ! Comment affaiblir les pays de l'Axe ? Depuis des mois, la question agite les états-majors alliés. Elle les divise aussi : tandis que Roosevelt souhaite débarquer en Europe, Churchill prône une politique d'encerclement. A l'été 1942, les Américains se rallient aux plans britanniques. L'idée : envahir le Nord de l'Afrique. Puis, au départ de là, mener la bataille d'Egypte et lancer la reconquête de l'Europe. Problème : Maroc, Algérie et Tunisie sont aux ordres de Vichy. Et le maréchal Pétain a été clair : pas question de laisser passer les Alliés. On dit que 110 000 hommes sont prêts à tout pour leur barrer la route... Les Anglo-Saxons vont donc devoir manoeuvrer. Discrètement, des Américains sont chargés de stimuler l'esprit de résistance des Algériens. Des officiers français sont également approchés. Politiquement, le terrain se prépare. A l'automne 1942, il est jugé mûr. Initialement prévue le 30 octobre, l'opération Torch est finalement enclenchée le 8 novembre. A Alger, la résistance a anticipé. Avant même le débarquement, armés de vieux fusils, quatre cents jeunes neutralisent les troupes vichystes. Il y a là de nombreux juifs, qui espèrent leur salut dans la victoire alliée. Il faut dire que si la bataille est militaire, elle est aussi de propagande. Tandis que les informations officielles dénoncent une " agression anglo-américaine ", les Américains font pleuvoir sur Alger des messages de Roosevelt, invitant la France à le suivre. Au bout de quelques jours, les hauts décideurs pétainistes ordonnent la cessation des combats et acceptent de négocier. Victoire ! Victoire ? Partielle. Certes, Torch est souvent considérée comme le premier échec stratégique d'envergure des forces de l'Axe. L'opération a aussi appris aux Américains et Britanniques à collaborer ; les leçons leur seront précieuses... En même temps, 1 346 Français et 479 Alliés ont perdu la vie. Et les blessés sont bien plus nombreux. Par ailleurs, les vainqueurs décident de laisser des proches de Pétain gouverner l'Afrique du Nord. Les lois antisémites n'y seront pas abrogées. Enfin, il y a la réaction allemande. Hitler décide d'envahir la totalité du territoire français et de renforcer sa présence en Tunisie. Torch ne tint donc pas toutes ses promesses. Vers la victoire, le chemin sera encore long...