Après la guerre de Sept Ans (1756-1763), l'Angleterre a besoin de nouvelles ressources financières. Le Parlement anglais exerce principalement une pression fiscale sur les colonies américaines. Pendant une dizaine d'années, le gouvernement essaye d'instaurer de nouvelles taxes, mais doit faire face à la résistance des colons. Plus le temps passe et plus les positions des deux camps s'opposent.

En 1773, la Compagnie des Indes orientales est en difficulté : elle ne parvient plus à écouler ses stocks de thé. La majorité des actionnaires de la Compagnie sont des parlementaires anglais. Pour sauver leur investissement, ils mettent en place le Tea Act par lequel la Compagnie peut vendre son thé aux colonies américaines sans payer de taxe. Pour les marchands américains, c'est de la concurrence déloyale. Les esprits s'échauffent et le 16 décembre 1773, une dizaine d'Américains jettent à l'eau toutes les caisses de thé de la Compagnie des Indes orientales. C'est la Boston Tea Party, évènement qui marque le début de la Révolution américaine.

Des mesures de représailles sont prises par l'Angleterre. La métropole veut faire exemple de fermeté, mais elle ne fait qu'encourager la solidarité entre les Treize colonies. Des groupes politiques commencent tout doucement à se former. La plupart sont des modérés qui espèrent toujours une réconciliation avec l'Angleterre.

Dès mai 1774, les colonies se réunissent à Philadelphie pour le premier Congrès Continental. Une milice est formée pour lutter contre les soldats anglais. Des affrontements sanglants éclatent en 1775 dans le Massachusetts. Le roi Georges III et le Parlement prennent conscience de la radicalisation du mouvement. Il n'y a plus d'espoir de réconciliation.

Un deuxième Congrès se réunit en juin 1775. Les colonies veulent une armée dont le commandement est confié à Georges Washington. Les troupes n'ont pas l'habitude de faire la guerre. Les premières offensives américaines sont des échecs. Un manque de discipline, de motivation et d'équipement se fait sentir.

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Au début de l'année 1776, l'idée d'indépendance émerge de plus en plus. Des pamphlets contre Georges III sont lus dans les tavernes. Il y est décrit comme un souverain tyrannique et est même surnommé "le Pharaon d'Angleterre". En outre, le blocus économique exercé par l'Angleterre encourage la solidarité des Américains.

Dès le printemps, la plupart des colonies se dotent d'une constitution. Les colonies ne se considèrent plus comme telles, mais comme des états à part entière. Chaque constitution est précédée d'une déclaration de droits tout à fait innovante pour l'époque : on y parle d'égalité, de liberté de conscience ou encore de liberté de réunion.

Un troisième Congrès continental se dresse en juin 1776 à Philadelphie. Il a pour but d'élaborer la Déclaration d'Indépendance. Le texte est majoritairement rédigé par Thomas Jefferson, riche avocat largement inspiré par les idéaux des Lumières. Très novatrice pour l'époque, elle comporte néanmoins certaines lacunes : les indiens, les esclaves et les femmes ne reçoivent pas la citoyenneté. Ils sont appelés les "Oubliés de la Révolution".

L'indépendance des Etats-Unis est déclarée le 4 juillet 1776. Elle n'est pourtant pas acquise : la couronne d'Angleterre ne l'accepte pas et quelques colons restent fidèles à Georges III. Les Américains doivent encore conquérir le pays par les armes. La Guerre d'Indépendance se poursuit jusqu'en 1783, année où l'indépendance des Etats-Unis est officiellement reconnue par l'Angleterre.

La Révolution américaine est l'un des évènements les plus marquants du 18e siècle. Les Etats-Unis se forment et se placent directement comme puissance internationale. Par la suite, elle ne fera qu'accroître cette position jusqu'à devenir aujourd'hui la première puissance mondiale. Cette révolution sert aussi les prémisses à un autre grand évènement de la fin du 18e siècle : la Révolution française.

Loreline Dubuisson

Après la guerre de Sept Ans (1756-1763), l'Angleterre a besoin de nouvelles ressources financières. Le Parlement anglais exerce principalement une pression fiscale sur les colonies américaines. Pendant une dizaine d'années, le gouvernement essaye d'instaurer de nouvelles taxes, mais doit faire face à la résistance des colons. Plus le temps passe et plus les positions des deux camps s'opposent.En 1773, la Compagnie des Indes orientales est en difficulté : elle ne parvient plus à écouler ses stocks de thé. La majorité des actionnaires de la Compagnie sont des parlementaires anglais. Pour sauver leur investissement, ils mettent en place le Tea Act par lequel la Compagnie peut vendre son thé aux colonies américaines sans payer de taxe. Pour les marchands américains, c'est de la concurrence déloyale. Les esprits s'échauffent et le 16 décembre 1773, une dizaine d'Américains jettent à l'eau toutes les caisses de thé de la Compagnie des Indes orientales. C'est la Boston Tea Party, évènement qui marque le début de la Révolution américaine.Des mesures de représailles sont prises par l'Angleterre. La métropole veut faire exemple de fermeté, mais elle ne fait qu'encourager la solidarité entre les Treize colonies. Des groupes politiques commencent tout doucement à se former. La plupart sont des modérés qui espèrent toujours une réconciliation avec l'Angleterre.Dès mai 1774, les colonies se réunissent à Philadelphie pour le premier Congrès Continental. Une milice est formée pour lutter contre les soldats anglais. Des affrontements sanglants éclatent en 1775 dans le Massachusetts. Le roi Georges III et le Parlement prennent conscience de la radicalisation du mouvement. Il n'y a plus d'espoir de réconciliation.Un deuxième Congrès se réunit en juin 1775. Les colonies veulent une armée dont le commandement est confié à Georges Washington. Les troupes n'ont pas l'habitude de faire la guerre. Les premières offensives américaines sont des échecs. Un manque de discipline, de motivation et d'équipement se fait sentir.Au début de l'année 1776, l'idée d'indépendance émerge de plus en plus. Des pamphlets contre Georges III sont lus dans les tavernes. Il y est décrit comme un souverain tyrannique et est même surnommé "le Pharaon d'Angleterre". En outre, le blocus économique exercé par l'Angleterre encourage la solidarité des Américains.Dès le printemps, la plupart des colonies se dotent d'une constitution. Les colonies ne se considèrent plus comme telles, mais comme des états à part entière. Chaque constitution est précédée d'une déclaration de droits tout à fait innovante pour l'époque : on y parle d'égalité, de liberté de conscience ou encore de liberté de réunion.Un troisième Congrès continental se dresse en juin 1776 à Philadelphie. Il a pour but d'élaborer la Déclaration d'Indépendance. Le texte est majoritairement rédigé par Thomas Jefferson, riche avocat largement inspiré par les idéaux des Lumières. Très novatrice pour l'époque, elle comporte néanmoins certaines lacunes : les indiens, les esclaves et les femmes ne reçoivent pas la citoyenneté. Ils sont appelés les "Oubliés de la Révolution".L'indépendance des Etats-Unis est déclarée le 4 juillet 1776. Elle n'est pourtant pas acquise : la couronne d'Angleterre ne l'accepte pas et quelques colons restent fidèles à Georges III. Les Américains doivent encore conquérir le pays par les armes. La Guerre d'Indépendance se poursuit jusqu'en 1783, année où l'indépendance des Etats-Unis est officiellement reconnue par l'Angleterre.La Révolution américaine est l'un des évènements les plus marquants du 18e siècle. Les Etats-Unis se forment et se placent directement comme puissance internationale. Par la suite, elle ne fera qu'accroître cette position jusqu'à devenir aujourd'hui la première puissance mondiale. Cette révolution sert aussi les prémisses à un autre grand évènement de la fin du 18e siècle : la Révolution française.Loreline Dubuisson