Cet article est issu du hors-série de 200 pages que Le Vif/L'Express consacre àLa fabuleuse histoire du train. En vente actuellement en librairie ouvia notre eshop.
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Le Snepspoorbrug, un pont tournant métallique sur la ligne Gand-Bruges, est mis en service le 12 août 1838. Après une semaine seulement, un accident se produit. Le machiniste avertit le pontier de son arrivée par un coup de sifflet. Mais le pontier, qui ne soupçonne rien, est en train de souper. Il ne réagit pas. Le machiniste roule à vive allure vers la Lys et heurte le pont toujours fermé. Bilan : deux morts, deux blessés graves et deux blessés légers.Vers 21 heures, les trains venant d'Ostende et de Blankenberge s'approchent à peu près simultanément de l'embranchement du Bloedput à Bruges. Le train de Blankenberge heurte celui d'Ostende au niveau du flanc. Une série de voitures déraillent, une bascule totalement. Le machiniste du premier train a reçu tardivement l'ordre de freiner. Un garde a dû l'avertir par des sifflements. Quand il s'est aperçu qu'il ne pourrait pas s'arrêter à temps, il a tenté en dernier recours de relâcher la vapeur, mais la manette lui a échappé des mains, si bien que le choc n'a pu être évité.Le jeudi 3 février 1889, le train express Bruxelles-Jemelle déraille à Groenendael, à l'endroit où la ligne croise la voie rapide entre Tervueren et Waterloo, en pleine forêt de Soignes. La locomotive heurte à pleine vitesse la pile d'un pont en pierre, qui s'effondre et s'écrase sur elle. La vapeur s'échappe par une déchirure dans la chaudière, puis atteint les nombreux blessés. La catastrophe coûte la vie à 22 personnes et fait plus de 40 blessés.Un train en provenance de Baulers, qui transporte des passagers revenant d'une fête à Nivelles, est victime d'un incident et s'immobilise sur les rails. Le machiniste appelle une locomotive de remplacement afin de poursuivre le voyage, mais il réussit à faire redémarrer sa machine. Quelques kilomètres plus loin, il heurte de plein front la locomotive qui venait à la rescousse. Les dégâts sont énormes, 17 personnes sont tuées et plus de 50 gravement blessées.Ce matin-là, le train venant de Tournai est en gare de Forest-Sud, prêt au départ. Soudain, les wagons de queue sont heurtés par la locomotive de l'express de Quiévrain. Celle-ci s'y encastre en écrasant tout sur son passage, y compris de nombreux passagers. Des gens sur le quai sont également fauchés. Bilan total : 30 morts et de nombreux blessés. Il s'agit peut-être d'une erreur humaine. Le conducteur du train entrant aurait remarqué trop tard le signal rouge qui lui intimait de s'arrêter.Quarante passagers perdent la vie et 320 sont blessés lorsqu'un train heurte leur convoi à l'arrêt en raison d'une erreur d'aiguillage. Trois voitures sont détruites. Comme le train s'encastre dans des wagons immobiles, les passagers n'ont aucune chance de s'en sortir et sont écrasés. Beaucoup meurent à cause des débris projetés.Un tram de passagers circulant sur la ligne vicinale Ans-Oreye sur une section à voie unique entre Odeur et Crisnée heurte de front un tram de marchandises qui arrive dans le sens opposé. L'accident fait 25 morts et 79 blessés.L'express Paris-Bruxelles est coupé en deux par un train de marchandises. Peut-être son machiniste n'a-t-il pas vu le feu rouge en raison du brouillard et n'a-t-il pas réduit sa vitesse. Les wagons étant encore en bois, des fragments volent partout et s'enflamment. On déplore 11 morts et 49 blessés.Une locomotive déraille et est heurtée par un train de passagers venant de la direction opposée. Elle bascule en entraînant de nombreux wagons, si bien que la catastrophe ne peut être évitée. Toutes les victimes se trouvent dans le coupé de troisième classe, juste derrière la locomotive. Le lendemain, le roi Albert et la reine Elisabeth rendent visite aux blessés et se rendent sur les lieux de l'accident.Après une chaude journée d'été, un violent orage éclate au-dessus de Liège. Le pont du Val-Benoît sur la Meuse est frappé par la foudre et s'écroule. Un peu plus tard, le train Liège-Luxembourg s'engage à toute allure sur l'ouvrage endommagé. 12 morts et plus de 80 blessés sont extraits des débris d'acier et de verre. Six personnes manquent à l'appel car elles ont été emportées par le courant. Leurs corps seront retrouvés plus loin en aval.Il pleut sans discontinuer et le vent souffle en rafales. Un train de voyageurs est pris dans un tourbillon. Deux convois se heurtent à Diegem. Peu d'informations sont disponibles à propos de cet accident, principalement en raison des mesures de censure imposées par l'occupant allemand. Les trains ont peut-être été soulevés par un vent violent, ou l'accident doit-il être imputé à une mauvaise visibilité ? On retrouve 20 corps sans vie et 79 blessés graves, dont beaucoup succomberont à leurs blessures.Des supporters allemands reviennent d'Angleterre après un match de football Angleterre-Allemagne. Ils ont embarqué dans l'un des onze trains spéciaux affrétés pour eux. La locomotive du quatrième déraille à grande vitesse en passant sur un aiguillage où la voie se sépare en direction d'Aarschot et de Louvain.Elle entraîne avec elle les cinq premiers wagons, chargés de supporters. Les voitures se percutent une à une jusqu'à ce que le train s'immobilise. Les voyageurs de l'avant sont coincés, tandis qu'à l'arrière, la panique éclate. Le nombre de victimes est élevé, 20 passagers décèdent sur place, beaucoup mourront plus tard suite à de graves blessures. Le train roulait trop vite : 78 km/h à un endroit où il ne devait pas dépasser les 30 km/h. La catastrophe va engendrer un profond traumatisme dans le monde du football.Deux trains roulant en sens opposés se heurtent à hauteur d'un aiguillage et en impliquent un troisième dans leur collision. L'omnibus de Liège est arrêté sur la deuxième voie à hauteur du quai. A ce moment, l'express Verviers-Ostende stoppe devant un signal d'arrêt qui doit le diriger vers la voie médiane. Quand l'omnibus atteint l'aiguillage qui doit le mener à la première voie, l'express surgit en causant d'énormes dégâts. Mais au même moment, le train Mons-Liège arrive à grande vitesse. Le machiniste freine, mais ne peut éviter l'accident. Les carcasses des trois trains forment un spectacle hallucinant. Onze personnes meurent sur le coup, une série de passagers décéderont de leurs blessures par la suite.Deux trains bondés transportent au total 1 500 passagers se heurtent au petit matin. En raison de la mauvaise visibilité, le machiniste d'une des locomotives diesel ne voit pas que le signal est au rouge. L'express vers Bruxelles est à temps. Le train venant de Manage a trois minutes de retard et ne reçoit aucun signal d'arrêt. Le soir, on dénombre 16 morts, dont les deux machinistes.Alors que le train file à toute allure sur le pont qui enjambe le canal Charleroi-Bruxelles, il déraille et heurte la rambarde. Un wagon prend feu, un autre tombe sur le chemin de halage qui passe sous le pont. Le reste bascule sur la voie et s'encastre dans la structure métallique. Certains passagers sont projetés hors du train, d'autres sautent dans l'eau. Un conducteur situé dans le dernier wagon se précipite à l'avant pour s'assurer que le signal de détresse est actionné afin d'éviter qu'un train venant de Bruxelles heurte le convoi déraillé. La catastrophe fait 13 morts et 69 blessés. La cause est incertaine : peut-être une dilatation anormale du rail en raison de la chaleur élevée, ou la rupture d'un attelage, qui aurait déstabilisé les wagons en queue de convoi.Un bus scolaire s'arrête au passage à niveau pour laisser passer le train venant de La Panne-Adinkerke. Le chauffeur redémarre sans remarquer un train en sens inverse. Celui-ci heurte le bus qui atterrit des dizaines de mètres plus loin sur le toit. Le chauffeur, l'accompagnateur et trois enfants meurent sur le coup, un quatrième enfant décédera plus tard.L'express Amsterdam-Bruxelles-Paris déraille à hauteur de Neufvilles. A cet endroit, la voie se scinde pour faire attendre les trains de marchandises et laisser passer les express. Au moment où le train s'engage sur la voie principale, un des aiguillages se bloque, provoquant le déraillement. Les quatre wagons arrière basculent. Une série de passagers meurent sur le coup, beaucoup sont éjectés des wagons et certains restent coincés entre les pièces d'acier tordues. Dix personnes trouvent la mort et une centaine sont blessées.Au petit matin, l'omnibus en direction d'Ostende entre en gare d'Aalter pour laisser passer l'express venant de Namur en direction de Knokke. En principe, l'omnibus s'engage à ce moment en direction de la voie latérale. Mais l'express ne lui en laisse pas le temps. Il heurte à grande vitesse les derniers wagons de l'omnibus. Il s'encastre totalement dans la dernière voiture, poussant le convoi contre la petite gare. L'accident fait 5 morts, 4 blessés graves et une dizaine de blessés légers. Le machiniste meurt sur le coup, si bien que la raison pour laquelle il a ignoré les différents signaux restera un mystère.Deux trains de passagers se tamponnent sur la ligne Ottignies-Louvain. Le train de Louvain heurte un omnibus vide qui arrive de la direction opposée. Le choc est si violent que l'une des voitures se retrouve en position verticale. Huit personnes sont mortellement touchées, dont les deux conducteurs. On déplore aussi 12 blessés graves. Le conducteur venant de Wavre a ignoré un feu rouge, si bien qu'il s'est retrouvé à contresens de l'autre train, sur la même voie. Le signaleur de Wavre ne parvient pas à prendre contact avec lui, car il n'y a pas de canal radio et il ne possède pas de téléphone mobile. Il n'est pas en mesure non plus de couper le courant. De plus, le signaleur francophone ne parle pas néerlandais, et n'est pas compris par le signaleur de Louvain, qui, lui, ne parle pas français. La SNCB écope d'une amende de 100 000 euros. Désormais, tous les machinistes reçoivent un GSM de service.Un signal de la gare d'Izegem reste ouvert à la suite d'une erreur humaine. Un train entre en gare à grande vitesse et heurte celui qui est à quai. Les dégâts matériels sont lourds puisque la locomotive, une voiture pilote et plusieurs wagons sont totalement détruits. Quelque 61 personnes sont blessées, dont trois grièvement.Buizingen, une commune de l'entité de Hal, est réveillée le matin du 15 février par un grave accident de train. L'omnibus Louvain - Braine-le-Comte a heurté l'IC qui relie Quiévrain à Liège. Le conducteur d'un troisième convoi a vu l'accident se produire et est parvenu à freiner en urgence. Le nombre de victimes s'élève à 19 morts et à 171 blessés. Une enquête parlementaire, une enquête de sécurité et une enquête légale sont menées afin de déterminer les causes et les responsabilités. Les recherches indiquent que le conducteur en cause, bien qu'il continue à le nier, a ignoré un feu rouge. Il sera finalement condamné, mais sans recevoir de peine. Après dix ans de procédure, Infrabel et la SNCB seront chacune condamnées à une amende de 550 000 euros. Cette amende leur est surtout infligée parce qu'après la catastrophe de Pécrot, elles n'ont pas fourni suffisamment d'efforts pour améliorer la sécurité ferroviaire.Un train de marchandises de treize wagons déraille sur la ligne Bruxelles-Gand juste à la sortie de Wetteren, et bascule. Les wagons contiennent de l'acrylonitrile, un produit cancérigène. Deux wagons basculent, trois prennent feu. D'autres produits toxiques sont dispersés pendant l'incendie et attisent les flammes.La cause de l'accident est peut-être la vitesse excessive : 87 km/h au lieu de la vitesse autorisée de 40 km/h. Un homme décède, victime des gaz toxiques. Une centaine de riverains sont touchés, 400 au total sont transportés à l'hôpital pour un contrôle ou des soins. Les habitants doivent évacuer pendant cinq jours dans un rayon de 500 mètres après que des gaz dangereux ont été détectés dans des logements.Un train de passagers heurte un train de marchandises. Trois personnes trouvent la mort, dont le conducteur, tandis que neuf passagers sont gravement blessés. Le dernier train, qui relie Mouscron à Liège, transporte une quarantaine d'étudiants. Les deux premiers wagons sont totalement détruits lors du choc. 27 passagers légèrement blessés sont transportés dans une abbaye à proximité.Au petit matin, un train heurte une automobile tombée en panne sur les voies. Pendant qu'on tente de le remorquer, il se met en mouvement inopinément. Il écrase deux ouvriers d'Infrabel qui décèdent sur place. Le convoi poursuit sa route et heurte un train de passagers à La Louvière, faisant encore cinq blessés au passage.