Un nouvel élan?

Il est incontestable que la décolonisation s'est faite dans la précipitation. Le Congo est devenu indépendant dans un état d'impréparation évident. Aujourd'hui, ce chemin postcolonial est celui d'une Afrique qui tente de trouver sa place dans le concert des nations. Si le déclin démographique des puissances coloniales d'antan se précise, la Chine, nouveau géant économique, est désormais le premier investisseur en Afrique. Depuis quelques années, les pays africains ont enfin pris le chemin de la croissance, souvent au prix d'une exploitation effrénée du pétrole et des ressources minières. C'est que la civilisation thermo-industrielle a largement entamé les réserves planétaires d'un continent qualifié d'avenir de l'humanité. Le devenir des nations, des continents et, plus encore, de la planète, se dessine à l'aune du réchauffement climatique et, sous cet angle-là, l'Afrique est, avec le sous-continent indien, indiscutablement "le plus mal parti", indubitablement le moins préparé et sur lequel pèse les plus lourdes menaces. La voix de René Dumont résonne encore.
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Il est incontestable que la décolonisation s'est faite dans la précipitation. Le Congo est devenu indépendant dans un état d'impréparation évident. Aujourd'hui, ce chemin postcolonial est celui d'une Afrique qui tente de trouver sa place dans le concert des nations. Si le déclin démographique des puissances coloniales d'antan se précise, la Chine, nouveau géant économique, est désormais le premier investisseur en Afrique. Depuis quelques années, les pays africains ont enfin pris le chemin de la croissance, souvent au prix d'une exploitation effrénée du pétrole et des ressources minières. C'est que la civilisation thermo-industrielle a largement entamé les réserves planétaires d'un continent qualifié d'avenir de l'humanité. Le devenir des nations, des continents et, plus encore, de la planète, se dessine à l'aune du réchauffement climatique et, sous cet angle-là, l'Afrique est, avec le sous-continent indien, indiscutablement "le plus mal parti", indubitablement le moins préparé et sur lequel pèse les plus lourdes menaces. La voix de René Dumont résonne encore.Bien sûr, il y a de nombreux appuis que l'on appelle coopération, mais ils sont disparates et ne remédient pas à l'essentiel. Face à ce défi majeur, la République démocratique du Congo (RDC) et quelques-uns de ses voisins, comme le Soudan du Sud, de création récente et ravagée par la guerre civile, et la Centrafrique - Etat failli - sont autant de pays malades au chevet desquels s'incrustent les opérations de maintien de la paix, et des opérations humanitaires en tous genres et qui se pérennisent. Monuc et Monusco - la plus coûteuse opération de maintien de la paix dans le monde de ces deux dernières décennies - a-t-elle apporté les solutions durables aux conflits? L'instabilité à l'Est semble le démentir. Les rivalités locales sur les ressources et les groupes armés hétéroclites accrochés sur une mine d'or ou de coltan, prolifèrent. Les chiffres d'exportations disent plutôt que l'opération de maintien de la paix a surtout permis de sécuriser des investissements miniers réalisés plutôt que les populations...La course aux matières premières du continent a toujours orienté la politique, les alliances, les guerres et les coups d'Etat au Congo-Zaïre. Au lendemain des indépendances, des hommes forts tels Mobutu et Habyarimana (Rwanda), appuyés par l'Occident, ont habilement hérité des forces armées coloniales, en faisant des instruments de leur pouvoir, dans la lignée des tyrans inféodés aux intérêts occidentaux qu'il fallut pour exploiter le bois d'ébène, au cours de trois siècles et demi de traite des esclaves, (1650 - 1890), l'ivoire, l'hévéa, le cuivre, le cobalt, l'uranium, l'or, les essences forestières... qui ont suivi le chemin des exportations vers l'Europe, les Etats-Unis et, aujourd'hui, l'Asie.La RDC est un "scandale géologique " tant ses ressources minières sont importantes et multiples. Premier producteur mondial de cobalt, une matière première stratégique pour l'exploitation automobile, la RDC est également un important acteur pour le diamant industriel et de joaillerie, le cuivre (1er producteur africain) et l'or, du coltan qui se trouve dans les téléphones et consoles de jeu.La préoccupation climatique mondiale devrait infléchir cette course effrénée aux ressources qui est toujours prépondérante, dans le sens de sauvegarder les grands complexes forestiers capteurs de gaz à effet de serre, tels le bassin du fleuve Congo et l'Amazonie.Si les grandes puissances ne se préoccupent encore que peu, et en tout cas pas assez, de l'avenir des forêts du bassin congolais, les pays scandinaves font figure d'exceptions : la Norvège, rejointe par la Suède, a mis en place le fonds CAFI (Central African Forest Initiative). Ce Fonds national de réduction des effets de dégradation et de destruction des forêts se consacre aux projets des services d'appui sur le terrain (PSAT) en faveur des populations locales. Le CAFI se positionne aussi en accélérateur des réformes en Afrique centrale, principalement en RDC.