L'un des cas confiés à la France est celui de l'abbé Wenceslas Munyeshyaka, prêtre de la paroisse Sainte-Famille de Kigali entre 1992 et 1994. Le TPIR l'accuse d'avoir tué et violé plusieurs personnes et d'en avoir remis des dizaines d'autres aux milices extrémistes hutus Interahamwe qui les ont exécutées. La seconde affaire concerne l'ancien préfet Laurent Bucyibaruta, ex-militant du parti du président de l'époque, Juvénal Habyarimana, dont l'assassinat allait déclencher le génocide en 1994. M. Bucyibaruta est accusé par le TPIR d'avoir incité au génocide les Interahamwe, sur lesquels il avait autorité à Gikongoro. "La question des deux affaires transférées à la France reste préoccupante", a indiqué jeudi à l'AFP M. Majola, et ce en dépit d'explications données par Paris lors de déplacements, en France, du procureur du TPIR, Hassan Bubacar Jallow, et de ses représentants. Selon le greffier, Paris a expliqué que dans le système juridique français, la phase des enquêtes prenait plus de temps que le phase de jugement. D'après lui encore, la France a aussi évoqué la mise en place d'une unité spéciale composée de trois juges, chargés de mener des enquêtes et préparer les affaires de génocide et crimes contre l'humanité. Paris a promis, selon M. Majola, que la création de cette cellule spéciale permettrait "désormais un traitement accéléré des deux affaires". L'une serait "quasiment prête pour un procès". (CHN)