Dans le contexte de la confrontation idéologique entre progressistes et conservateurs au sein de l'Union européenne, le parti Droit et Justice (PiS), au pouvoir en Pologne, a lancé une réflexion pour opposer une alternative à la vision fédéraliste du président français Emmanuel Macron. Professeur d'histoire romaine à l'ULB émigré à Varsovie, le Belge David Engels a travaillé dans cette optique sur le préambule d'une constitution pour une confédération de nations européennes (1) qui a été présenté, à l'initiative de l'eurodéputé Zdzislaw Krasnodebski, au groupe des Conservateurs et réformistes européens (CRE) au sein du Parlement européen (le 6e en nombre de députés (61) co...

Dans le contexte de la confrontation idéologique entre progressistes et conservateurs au sein de l'Union européenne, le parti Droit et Justice (PiS), au pouvoir en Pologne, a lancé une réflexion pour opposer une alternative à la vision fédéraliste du président français Emmanuel Macron. Professeur d'histoire romaine à l'ULB émigré à Varsovie, le Belge David Engels a travaillé dans cette optique sur le préambule d'une constitution pour une confédération de nations européennes (1) qui a été présenté, à l'initiative de l'eurodéputé Zdzislaw Krasnodebski, au groupe des Conservateurs et réformistes européens (CRE) au sein du Parlement européen (le 6e en nombre de députés (61) comprenant le PiS polonais, le Parti démocratique civique tchèque, la N-VA...). Evoquer le préambule d'une constitution européenne rappelle le précédent de la proposition de Valéry Giscard d'Estaing, président de la Convention sur l'avenir de l'Europe, en 2003 (le traité constitutionnel sera rejeté par référendum par les Français et les Néerlandais en 2005). A l'époque, le débat avait été vif sur l'opportunité d'inscrire les racines chrétiennes de l'Europe dans le préambule de la future constitution. Jacques Chirac, président la République laïque française, s'y était opposé. Dans le texte élaboré par David Engels, c'est tout le contraire. La tradition chrétienne de l'Europe y est clairement revendiquée. " Le but n'est pas de définir l'Europe d'aujourd'hui par le christianisme et d'exclure ceux qui ne s'y rallieraient pas, précise le professeur d'histoire romaine. Il est de souligner un état de fait. L'identité européenne est enracinée dans notre histoire. Et le christianisme mais aussi les traditions juive, grecque, romaine ainsi que les apports des différents peuples préchrétiens, celtes, germaniques ou slaves, en constituent les différentes couches. " La référence à Dieu et à la chrétienté apparaît tout de même prédominante dans ce préambule. Cette priorité implique notamment pour son auteur de " protéger la vie humaine dans tous ses stades d'évolution et d'âge " et donc de proscrire l'euthanasie ou l'interruption volontaire de grossesse, sauf circonstances exceptionnelles. Autre réponse de fond à l'offensive fédéraliste des progressistes européens, ce préambule se veut celui d'une " constitution pour une confédération de nations européennes ". Cette transformation radicale de l'Union limiterait ses compétences à " quelques domaines clés, la défense, la protection des frontières extérieures, la politique étrangère, l'infrastructure, la régularisation de certaines normes ou la coopération scientifique ". Le PiS veut offrir une alternative à ceux qui ne jurent que par l'approfondissement de l'Union actuelle et à ceux qui veulent le retour de l'Etat-nation tout puissant. Pour David Engels, cette troisième voie pourrait permettre de fédérer des forces conservatrices éparpillées aujourd'hui entre les Conservateurs et réformistes (CRE), le Parti populaire européen (où siège le Fidesz du Hongrois Viktor Orban) et le groupe Identité et démocratie (extrême droite). " On espère que la discussion sur ce préambule favorise une nouvelle réflexion sur le rôle des partis conservateurs en Europe et puisse les réorienter. " L'objectif est clair : " D'abord redéfinir la base identitaire de l'Union européenne, et ensuite, réformer l'institution. "