Le Nobel est traditionnellement annoncé par le secrétaire perpétuel de l'académie le premier jeudi d'octobre sous les ors de la Maison de la bourse, dans la vieille ville pavée de la capitale. L'annonce est retransmise en direct à la télévision suédoise, et relayée dans le monde entier.

A leur table de travail, les auteurs pressentis - plus souvent à tort qu'à raison - attendent fébrilement la main sur le téléphone l'appel de l'académie, tandis que leurs éditeurs préparent le réassortiment des librairies et le fameux bandeau de couverture "Prix Nobel". Sauf... en 2018.

"Nous allons probablement perdre au moins 500.000 couronnes [environ 50.000 euros] avec cette histoire, c'est notre chiffre d'affaires Nobel habituel", se désole Nicklas Björkholm, patron de la grande librairie indépendante Hedengrens à Stockholm.

"L'année dernière, [avec Kazuo Ishiguro] nous avons vendu des milliers et des milliers d'exemplaires en anglais, en suédois, en français, dans toutes les langues", se souvient-il.

L'académie a annoncé en mai le report d'un an de l'annonce du prix, emportée par le scandale #MeToo qui a révélé les agressions sexuelles d'un Français proche de l'institution, et marié à l'une de ses membres.

Conclave des élégances devenu noeud de vipères, l'académie s'est déchirée sur la gestion de la crise, victime du retrait de plusieurs de ses augustes titulaires la privant du quorum nécessaire pour fonctionner.

Faute de prix, les académiciens encore actifs se réunissaient jeudi en fin d'après-midi avant leur traditionnel dîner hebdomadaire dans un restaurant gastronomique de la vieille ville.

Certains parmi eux espéraient procéder à l'élection de nouveaux membres, condition sine qua non pour recommencer à plancher sur le Nobel et sélectionner les deux lauréats qui seront annoncés en 2019.

Jean-Claude Arnault et son épouse, l'académicienne Katarina Frostenson., C. Hammarsten/Albaca
Jean-Claude Arnault et son épouse, l'académicienne Katarina Frostenson. © C. Hammarsten/Albaca

Ce "jour de vérité" comme le décrit la presse suédoise pourrait aussi sceller le sort de Katarina Frostenson, l'épouse du Français condamné cette semaine à deux ans de prison pour un viol commis en 2011 mais révélé seulement en novembre 2017 par le mouvement #MeToo.

Le couple possédait un club culturel alternatif qui recevait de généreux subsides de l'académie.

Selon le quotidien Dagens Nyheter, le roi Carl XVI Gustaf, parrain de l'académie, et la Fondation Nobel exigent le départ de Katarina Frostenson.

Le président de la Fondation Nobel Lars Heikensten a dit la semaine dernière espérer que les académiciens "seront en mesure de régler leurs problèmes" au plus tôt afin de rétablir la crédibilité du prix.

En l'absence du prix de littérature, l'attention se porte cette année plus que jamais sur celui de la paix remis vendredi à Oslo.

Le Nobel est traditionnellement annoncé par le secrétaire perpétuel de l'académie le premier jeudi d'octobre sous les ors de la Maison de la bourse, dans la vieille ville pavée de la capitale. L'annonce est retransmise en direct à la télévision suédoise, et relayée dans le monde entier. A leur table de travail, les auteurs pressentis - plus souvent à tort qu'à raison - attendent fébrilement la main sur le téléphone l'appel de l'académie, tandis que leurs éditeurs préparent le réassortiment des librairies et le fameux bandeau de couverture "Prix Nobel". Sauf... en 2018. "Nous allons probablement perdre au moins 500.000 couronnes [environ 50.000 euros] avec cette histoire, c'est notre chiffre d'affaires Nobel habituel", se désole Nicklas Björkholm, patron de la grande librairie indépendante Hedengrens à Stockholm. "L'année dernière, [avec Kazuo Ishiguro] nous avons vendu des milliers et des milliers d'exemplaires en anglais, en suédois, en français, dans toutes les langues", se souvient-il. L'académie a annoncé en mai le report d'un an de l'annonce du prix, emportée par le scandale #MeToo qui a révélé les agressions sexuelles d'un Français proche de l'institution, et marié à l'une de ses membres. Conclave des élégances devenu noeud de vipères, l'académie s'est déchirée sur la gestion de la crise, victime du retrait de plusieurs de ses augustes titulaires la privant du quorum nécessaire pour fonctionner. Faute de prix, les académiciens encore actifs se réunissaient jeudi en fin d'après-midi avant leur traditionnel dîner hebdomadaire dans un restaurant gastronomique de la vieille ville. Certains parmi eux espéraient procéder à l'élection de nouveaux membres, condition sine qua non pour recommencer à plancher sur le Nobel et sélectionner les deux lauréats qui seront annoncés en 2019. Ce "jour de vérité" comme le décrit la presse suédoise pourrait aussi sceller le sort de Katarina Frostenson, l'épouse du Français condamné cette semaine à deux ans de prison pour un viol commis en 2011 mais révélé seulement en novembre 2017 par le mouvement #MeToo. Le couple possédait un club culturel alternatif qui recevait de généreux subsides de l'académie. Selon le quotidien Dagens Nyheter, le roi Carl XVI Gustaf, parrain de l'académie, et la Fondation Nobel exigent le départ de Katarina Frostenson. Le président de la Fondation Nobel Lars Heikensten a dit la semaine dernière espérer que les académiciens "seront en mesure de régler leurs problèmes" au plus tôt afin de rétablir la crédibilité du prix. En l'absence du prix de littérature, l'attention se porte cette année plus que jamais sur celui de la paix remis vendredi à Oslo.