A la tête du gouvernement allemand depuis 2005, "Mutti" (Maman) quittera son poste après les élections fédérales du 26 septembre. "J'en éprouve un malaise étrange. Elle va me manquer", avoue Marion Van Renterghem, qui la scrute et la piste depuis seize ans. Pour la journaliste française, qui a complété et largement rééc...

A la tête du gouvernement allemand depuis 2005, "Mutti" (Maman) quittera son poste après les élections fédérales du 26 septembre. "J'en éprouve un malaise étrange. Elle va me manquer", avoue Marion Van Renterghem, qui la scrute et la piste depuis seize ans. Pour la journaliste française, qui a complété et largement réécrit (1) sa première biographie de la chancelière (Angela Merkel, l'ovni politique, Les Arènes, 2017), "elle aura été l'anti-Trump, l'anti-Johnson, l'anti-populisme par essence et par excellence. Elle était un repère dans un monde angoissant." Même si, reconnaît la journaliste, "il y a aussi du médiocre" chez elle. Les Grecs ne lui ont pas pardonné son manque de solidarité pendant la crise de 2011. Elle a privilégié les intérêts des industriels allemands au détriment de la coopération européenne. On ne peut la créditer d'aucune réforme européenne d'envergure, du moins jusqu'à la pandémie, qui l'a conduite à une révolution. Et demain? La biographe en est persuadée: on ne verra plus Angela Merkel après son départ de la chancellerie. Elle quittera la politique pour de bon. On n'apprendra pas sa nomination à un poste international. Elle s'occupera de ses tomates, continuera à faire des randonnées en montagne et voyagera. Elle rêve de grands espaces, de déserts californiens, de la Volga, du Transsibérien. "A 67 ans, elle fera ses premiers pas en liberté, elle qui en a été empêchée pendant près de deux fois trente ans: de 1954 à 1989 sous la dictature est-allemande, puis de 1990 à 2021 sous les feux de la rampe."(1) C'était Merkel, par Marion Van Renterghem, Les Arènes, 324 p.