Le parlement régional de Lviv, dans l'Ouest ukrainien, a adopté mardi un moratoire sur l'utilisation publique de tout produit culturel en langue russe jusqu'à la fin de "l'occupation" par la Russie de l'Ukraine, en référence à l'annexion de la Crimée et aux régions de l'Est sous contrôle de séparatistes prorusses.

La population de la région de Lviv, à la frontière de la Pologne, emploie en grande majorité l'ukrainien dans sa vie quotidienne, contrairement à d'autres régions où l'usage du russe est répandu.

Cette décision, qui ne constitue qu'une recommandation et ne comporte aucun calendrier, vise à "protéger le champ de l'information ukrainien des influences hybrides du pays agresseur et surmonter les conséquences d'une longue russification linguistique", selon le texte publié sur le site de l'assemblée locale.

Le Parlement qui a voté en faveur de cette interdiction est dominé par le parti du président ukrainien Petro Porochenko et le parti pro-européen Samopomitch, mais il compte aussi des députés nationalistes, dont l'auteur de ce texte.

La formulation de ce texte "reflète une étroitesse d'esprit, est discriminatoire et tout simplement stupide", a critiqué l'ambassadeur du Canada à Kiev Roman Waschuk sur Twitter.

"Allons, Lviv, vous valez mieux que cela", a répondu l'ambassadrice britannique Judith Gough.

Sans surprise, Moscou a vivement critiqué cette mesure, la porte-parole de la diplomatie russe Maria Zakharova évoquant une "initiative anticonstitutionnelle" et appelant les organisations internationales à réagir.

"Nous regrettons que les responsables ukrainiens commencent une guerre contre une langue. C'est une guerre contre leur propre peuple", a-t-elle déclaré.

Oleksi Gontcharenko, un député du parti du président ukrainien Petro Porochenko, a lui aussi critiqué ce vote. "Plus nous sommes près des élections, et plus ça devient absurde", a-t-il déclaré, ajoutant que la langue russe est parlée par de nombreux artistes ukrainiens.

M. Gontcharenko a notamment cité en exemple le réalisateur ukrainien Oleg Sentsov, actuellement emprisonné en Russie pour "terrorisme" à l'issue d'un procès qualifié de "stalinien" par Amnesty International et qui observe une grève de la faim, et qui parle russe.

Selon des élus locaux du parti nationaliste Svoboda interrogés par l'AFP sous couvert d'anonymat, la décision vise à empêcher les restaurants et transports de diffuser des chansons en russe, et à s'opposer à la diffusion de films en russe ou à la lecture publique de livres dans cette langue.

Dans un contexte de vives tensions entre Kiev et Moscou ces dernières années, l'Ukraine a déjà interdit au niveau national les films considérés comme glorifiant l'armée russe et refusé l'entrée sur son territoire à des artistes s'étant rendus en Crimée directement depuis la Russie.

AFP

Le parlement régional de Lviv, dans l'Ouest ukrainien, a adopté mardi un moratoire sur l'utilisation publique de tout produit culturel en langue russe jusqu'à la fin de "l'occupation" par la Russie de l'Ukraine, en référence à l'annexion de la Crimée et aux régions de l'Est sous contrôle de séparatistes prorusses.La population de la région de Lviv, à la frontière de la Pologne, emploie en grande majorité l'ukrainien dans sa vie quotidienne, contrairement à d'autres régions où l'usage du russe est répandu.Cette décision, qui ne constitue qu'une recommandation et ne comporte aucun calendrier, vise à "protéger le champ de l'information ukrainien des influences hybrides du pays agresseur et surmonter les conséquences d'une longue russification linguistique", selon le texte publié sur le site de l'assemblée locale.Le Parlement qui a voté en faveur de cette interdiction est dominé par le parti du président ukrainien Petro Porochenko et le parti pro-européen Samopomitch, mais il compte aussi des députés nationalistes, dont l'auteur de ce texte.La formulation de ce texte "reflète une étroitesse d'esprit, est discriminatoire et tout simplement stupide", a critiqué l'ambassadeur du Canada à Kiev Roman Waschuk sur Twitter."Allons, Lviv, vous valez mieux que cela", a répondu l'ambassadrice britannique Judith Gough.Sans surprise, Moscou a vivement critiqué cette mesure, la porte-parole de la diplomatie russe Maria Zakharova évoquant une "initiative anticonstitutionnelle" et appelant les organisations internationales à réagir."Nous regrettons que les responsables ukrainiens commencent une guerre contre une langue. C'est une guerre contre leur propre peuple", a-t-elle déclaré. Oleksi Gontcharenko, un député du parti du président ukrainien Petro Porochenko, a lui aussi critiqué ce vote. "Plus nous sommes près des élections, et plus ça devient absurde", a-t-il déclaré, ajoutant que la langue russe est parlée par de nombreux artistes ukrainiens.M. Gontcharenko a notamment cité en exemple le réalisateur ukrainien Oleg Sentsov, actuellement emprisonné en Russie pour "terrorisme" à l'issue d'un procès qualifié de "stalinien" par Amnesty International et qui observe une grève de la faim, et qui parle russe.Selon des élus locaux du parti nationaliste Svoboda interrogés par l'AFP sous couvert d'anonymat, la décision vise à empêcher les restaurants et transports de diffuser des chansons en russe, et à s'opposer à la diffusion de films en russe ou à la lecture publique de livres dans cette langue.Dans un contexte de vives tensions entre Kiev et Moscou ces dernières années, l'Ukraine a déjà interdit au niveau national les films considérés comme glorifiant l'armée russe et refusé l'entrée sur son territoire à des artistes s'étant rendus en Crimée directement depuis la Russie.AFP