Né en Turquie, Gokmen Tanis, 37 ans, relâché il y a deux semaines après une condamnation pour une affaire de viol, a aussi notamment été condamné pour détention illégale d'armes.

La police, qui l'interrogeait encore mardi, affirme envisager "sérieusement" une motivation terroriste à cause d'une lettre trouvée dans la voiture qu'il a utilisée pour fuir.

Dans son quartier de Kanaleneiland à Utrecht, où habitent de nombreux immigrés, c'est le choc face à des allégations contre cet homme présenté comme "gentil" et "fou".

"J'ai été choqué quand j'ai vu sa photo. Je me suis dit : 'je connais ce type!'" témoigne Mehmet, un chômeur de 51 ans qui a demandé à ne pas divulguer son nom de famille. "J'ai entendu dire qu'il se droguait, mais c'est un gars vraiment gentil. J'ai jamais rien entendu rien de mal sur lui".

Le quartier, plein de boutique et de restaurants, abrite de nombreuses personnes d'origine turque et marocaine. Beaucoup de femmes sont voilées dans les rues, où la police multiplie les patrouilles depuis lundi.

- 'QI de crevette' -

L'imam d'une mosquée du quartier affirme qu'il ne venait pas aux prières. "J'ai su qu'il avait des problèmes familiaux", ajoute-t-il.

"S'il avait fréquenté cette mosquée, jamais il n'aurait fait ce qu'il a fait hier", assure Ali Cepi à l'AFP.

Mais le portrait qui ressort des médias néerlandais est bien plus sombre. Les habitants du quartier interrogés décrivent Gokmen Tanis comme une "petit criminel et dealer", un "raté avec un problème de drogue", "désorienté et perdu".

Selon la chaîne de télévision publique NOS, certains des membres de sa famille ont des liens avec groupes islamistes radicaux, et il est en outre instable depuis son divorce il y a deux ans.

"Il est passé aux drogues dures et a commencé à fumer de l'héroïne", a ainsi affirmé un habitant au journal De Volkskrant sous couvert de l'anonymat. "On ne veut rien avoir à faire avec lui. Il a le QI d'une crevette".

Belga
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Une femme impliquée dans l'affaire de viol impliquant Tanis est encore plus acerbe : "Il est complètement fou et drogué. J'avais prévenu la police. Ce n'est pas un terroriste mais un psychopathe", a-t-elle affirmé au journal Algemeen Dagblad.

Son père Mehmet Tanis a déclaré aux médias turcs que son fils "doit être puni" s'il est responsable de la fusillade. Il n'a eu aucun contact avec son fils depuis 11 ans, quand il a divorcé et est rentré en Turquie.

- Casier judiciaire -

Selon la justice néerlandaise, Gokmen Tanis a un lourd passé criminel.

En 2017, il a été détenu un mois dans une affaire de viol, puis de nouveau en janvier 2019 pour ne pas avoir respecté les conditions de sa liberté provisoire, dont un test de personnalité, a indiqué une juridiction néerlandaise. Mais il a été libéré début mars après avoir accepté de coopérer.

En 2014, il a été condamné pour "détention illégale d'armes" et tentative de vol, mais acquitté de tentative de meurtre.

Il a aussi été condamné ces derniers mois pour vol à l'étalage et cambriolage.

Sa récente libération a suscité mardi la colère de certains parlementaires néerlandais. "Il avait un casier judiciaire long comme le bras. Vous êtres politiquement responsable", a lancé le dirigeant islamophobe d'extrême droite Geert Wilders au ministre de la Justice Ferd Grapperhaus lors d'un débat parlementaire.

Le leader des GroenLinks (Verts, gauche) Jesse Klaver a simplement demandé au ministre : "Pourquoi cet homme n'était-il pas en prison?"

La piste terroriste étudiée "sérieusement"

La piste terroriste est étudiée "sérieusement" dans l'enquête sur la fusillade qui a fait trois morts lundi dans un tramway à Utrecht (Pays-Bas), ont annoncé mardi les enquêteurs, assurant n'avoir trouvé pour le moment "aucun lien" entre le suspect principal d'origine turque et les victimes.

"A ce stade un motif terroriste est pris en compte sérieusement", ont indiqué dans un communiqué commun le parquet et la police locale, qui ont interpellé au total trois suspects lundi.

Ils ont expliqué se baser notamment sur une lettre retrouvée dans la voiture utilisée pour sa fuite par le suspect principal, Gokmen Tanis, un homme de 37 ans né en Turquie.

Ce dernier, déjà connu de la justice néerlandaise pour des faits de vol et de viol, a été arrêté lundi à l'issue d'une chasse à l'homme de huit heures. Une arme à feu a été saisie lors de son interpellation, ont précisé les enquêteurs.

"Un jour après, je suis toujours rempli d'horreur", a déclaré mardi après-midi devant le Parlement le Premier ministre Mark Rutte, qui s'est également rendu sur place pour déposer des fleurs en hommage aux victimes.

"De nombreuses questions restent en suspens sur le motif, et les enquêteurs ont encore beaucoup de travail. Mais il n'y a aucun doute que l'impact a été énorme", a-t-il ajouté.

Lundi Mark Rutte avait affirmé qu'on ne pouvait "exclure" d'autres pistes que la motivation terroriste, notamment celle d'une dispute familiale.

"Les autres motifs (...) sont aussi l'objet d'investigations", ont renchéri mardi le parquet et la police.

Outre le suspect principal, deux autres hommes âgés de 23 et 27 ans étaient encore en garde à vue mardi après leur arrestation lundi soir. Aucune précision n'a été donnée sur leur degré d'implication présumé.

Dès le début de matinée, des habitants de cette ville de quelque 350.000 habitants, la quatrième des Pays-Bas, ont commencé à déposer des fleurs sur les lieux du drame en hommage aux victimes, ont constaté des journalistes de l'AFP.

- Deux condamnations en mars -

La fusillade a fait trois morts et sept blessés dont trois grièvement, selon un bilan actualisé. Les personnes décédées sont une femme de 19 ans et deux hommes de 28 et 49 ans, tous originaires de la province d'Utrecht, a-t-on appris mardi.

Au lendemain du drame, les trams roulaient à nouveau après l'interruption du service, le temps que la police scientifique achève son travail sur la scène de crime, une place très fréquentée du centre-ville. Les drapeaux étaient en berne sur de nombreux bâtiments du pays.

Cette attaque suscite des craintes dans le pays, où se tiennent mercredi les élections provinciales.

Selon la radio-télévision publique néerlandaise NOS, certains membres de la famille de Gokmen Tanis auraient des liens avec des groupes de musulmans radicaux, mais l'homme est également connu pour son comportement instable depuis la séparation d'avec sa femme il y a deux ans.

Des témoins de la tuerie dans le tramway ont rapporté que le tireur avait pris pour cible une femme et des personnes tentant de l'aider.

Né en Turquie, Gokmen Tanis, 37 ans, relâché il y a deux semaines après une condamnation pour une affaire de viol, a aussi notamment été condamné pour détention illégale d'armes.La police, qui l'interrogeait encore mardi, affirme envisager "sérieusement" une motivation terroriste à cause d'une lettre trouvée dans la voiture qu'il a utilisée pour fuir.Dans son quartier de Kanaleneiland à Utrecht, où habitent de nombreux immigrés, c'est le choc face à des allégations contre cet homme présenté comme "gentil" et "fou"."J'ai été choqué quand j'ai vu sa photo. Je me suis dit : 'je connais ce type!'" témoigne Mehmet, un chômeur de 51 ans qui a demandé à ne pas divulguer son nom de famille. "J'ai entendu dire qu'il se droguait, mais c'est un gars vraiment gentil. J'ai jamais rien entendu rien de mal sur lui".Le quartier, plein de boutique et de restaurants, abrite de nombreuses personnes d'origine turque et marocaine. Beaucoup de femmes sont voilées dans les rues, où la police multiplie les patrouilles depuis lundi.L'imam d'une mosquée du quartier affirme qu'il ne venait pas aux prières. "J'ai su qu'il avait des problèmes familiaux", ajoute-t-il."S'il avait fréquenté cette mosquée, jamais il n'aurait fait ce qu'il a fait hier", assure Ali Cepi à l'AFP.Mais le portrait qui ressort des médias néerlandais est bien plus sombre. Les habitants du quartier interrogés décrivent Gokmen Tanis comme une "petit criminel et dealer", un "raté avec un problème de drogue", "désorienté et perdu".Selon la chaîne de télévision publique NOS, certains des membres de sa famille ont des liens avec groupes islamistes radicaux, et il est en outre instable depuis son divorce il y a deux ans."Il est passé aux drogues dures et a commencé à fumer de l'héroïne", a ainsi affirmé un habitant au journal De Volkskrant sous couvert de l'anonymat. "On ne veut rien avoir à faire avec lui. Il a le QI d'une crevette".Une femme impliquée dans l'affaire de viol impliquant Tanis est encore plus acerbe : "Il est complètement fou et drogué. J'avais prévenu la police. Ce n'est pas un terroriste mais un psychopathe", a-t-elle affirmé au journal Algemeen Dagblad.Son père Mehmet Tanis a déclaré aux médias turcs que son fils "doit être puni" s'il est responsable de la fusillade. Il n'a eu aucun contact avec son fils depuis 11 ans, quand il a divorcé et est rentré en Turquie.Selon la justice néerlandaise, Gokmen Tanis a un lourd passé criminel.En 2017, il a été détenu un mois dans une affaire de viol, puis de nouveau en janvier 2019 pour ne pas avoir respecté les conditions de sa liberté provisoire, dont un test de personnalité, a indiqué une juridiction néerlandaise. Mais il a été libéré début mars après avoir accepté de coopérer.En 2014, il a été condamné pour "détention illégale d'armes" et tentative de vol, mais acquitté de tentative de meurtre.Il a aussi été condamné ces derniers mois pour vol à l'étalage et cambriolage.Sa récente libération a suscité mardi la colère de certains parlementaires néerlandais. "Il avait un casier judiciaire long comme le bras. Vous êtres politiquement responsable", a lancé le dirigeant islamophobe d'extrême droite Geert Wilders au ministre de la Justice Ferd Grapperhaus lors d'un débat parlementaire.Le leader des GroenLinks (Verts, gauche) Jesse Klaver a simplement demandé au ministre : "Pourquoi cet homme n'était-il pas en prison?"La piste terroriste est étudiée "sérieusement" dans l'enquête sur la fusillade qui a fait trois morts lundi dans un tramway à Utrecht (Pays-Bas), ont annoncé mardi les enquêteurs, assurant n'avoir trouvé pour le moment "aucun lien" entre le suspect principal d'origine turque et les victimes."A ce stade un motif terroriste est pris en compte sérieusement", ont indiqué dans un communiqué commun le parquet et la police locale, qui ont interpellé au total trois suspects lundi.Ils ont expliqué se baser notamment sur une lettre retrouvée dans la voiture utilisée pour sa fuite par le suspect principal, Gokmen Tanis, un homme de 37 ans né en Turquie.Ce dernier, déjà connu de la justice néerlandaise pour des faits de vol et de viol, a été arrêté lundi à l'issue d'une chasse à l'homme de huit heures. Une arme à feu a été saisie lors de son interpellation, ont précisé les enquêteurs."Un jour après, je suis toujours rempli d'horreur", a déclaré mardi après-midi devant le Parlement le Premier ministre Mark Rutte, qui s'est également rendu sur place pour déposer des fleurs en hommage aux victimes."De nombreuses questions restent en suspens sur le motif, et les enquêteurs ont encore beaucoup de travail. Mais il n'y a aucun doute que l'impact a été énorme", a-t-il ajouté.Lundi Mark Rutte avait affirmé qu'on ne pouvait "exclure" d'autres pistes que la motivation terroriste, notamment celle d'une dispute familiale."Les autres motifs (...) sont aussi l'objet d'investigations", ont renchéri mardi le parquet et la police.Outre le suspect principal, deux autres hommes âgés de 23 et 27 ans étaient encore en garde à vue mardi après leur arrestation lundi soir. Aucune précision n'a été donnée sur leur degré d'implication présumé.Dès le début de matinée, des habitants de cette ville de quelque 350.000 habitants, la quatrième des Pays-Bas, ont commencé à déposer des fleurs sur les lieux du drame en hommage aux victimes, ont constaté des journalistes de l'AFP.La fusillade a fait trois morts et sept blessés dont trois grièvement, selon un bilan actualisé. Les personnes décédées sont une femme de 19 ans et deux hommes de 28 et 49 ans, tous originaires de la province d'Utrecht, a-t-on appris mardi.Au lendemain du drame, les trams roulaient à nouveau après l'interruption du service, le temps que la police scientifique achève son travail sur la scène de crime, une place très fréquentée du centre-ville. Les drapeaux étaient en berne sur de nombreux bâtiments du pays.Cette attaque suscite des craintes dans le pays, où se tiennent mercredi les élections provinciales. Selon la radio-télévision publique néerlandaise NOS, certains membres de la famille de Gokmen Tanis auraient des liens avec des groupes de musulmans radicaux, mais l'homme est également connu pour son comportement instable depuis la séparation d'avec sa femme il y a deux ans.Des témoins de la tuerie dans le tramway ont rapporté que le tireur avait pris pour cible une femme et des personnes tentant de l'aider.