Les chefs de file des partis d'opposition britanniques ont décidé de prendre les choses en main : ils ont eu une réunion qualifiée de "productive" début de semaine. L'objectif : empêcher à tout prix un Brexit sans accord ("no deal") qui serait "désastreux", selon un communiqué commun.
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Les chefs de file des partis d'opposition britanniques ont décidé de prendre les choses en main : ils ont eu une réunion qualifiée de "productive" début de semaine. L'objectif : empêcher à tout prix un Brexit sans accord ("no deal") qui serait "désastreux", selon un communiqué commun. Ce collectif de formations politiques comprend le principal parti d'opposition, le Labour de Jeremy Corbyn, mais aussi le Parti national écossais (SNP), les libéraux démocrates, le Plaid Cymru (Pays de Galles), les Verts et le Groupe indépendant pour le changement. Ils se sont accordés sur "l'urgence d'agir ensemble pour trouver des moyens pratiques d'éviter une absence d'accord". Ils envisagent par exemple la possibilité de voter une loi et la défiance contre le gouvernement de Boris Johnson.La Labour veut faire "tout ce qui est nécessaire" pour empêcher un "no deal", a prévenu Jeremy Corbyn dans The Independent. Il a également mis en garde contre les risques d'un "no deal" favorable à Donald Trump qui a fait miroiter à Johnson un bon accord commercial avec les États-Unis. Selon lui, des élections anticipées seraient le meilleur moyen de contrecarrer un Brexit sans accord. Le Premier ministre ne dispose que d'une très courte majorité - une voix - au Parlement, mais sa risposte ne s'est pas fait attendre Boris Johnson a annoncé mercredi que le Parlement serait suspendu durant la deuxième semaine de septembre et jusqu'au 14 octobre, soit à deux semaines de la date prévue du Brexit. "Les députés auront amplement le temps de débattre", a-t-il ajouté dans une déclaration à la télévision Sky.Cette suspension a entraîné la chute de la livre et a été dénoncée par l'opposition comme un moyen d'empêcher les députés de stopper un Brexit sans accord le 31 octobre. Ce coup de poker est en effet jugé inacceptable par les partis d'opposition : "toute tentative d'empêcher le Parlement de siéger, pour imposer un Brexit sans accord, se heurtera à une résistance démocratique forte et générale" et constituerait une "crise constitutionnelle historique", avaient-ils précédemment déclaré.Boris Johnson veut à tout prix quitter l'Union européenne, avec ou sans accord de divorce. Depuis sa prise de fonction, sa position sur la manière de mener à bien le Brexit divise profondément le Royaume-Uni, jusque dans son propre parti conservateur. Certains membres des Tories préfèreraient conserver des liens étroits avec l'UE. Un divorce brutal et sans lignes directrices sur une future relation entre les deux parties fait craindre toute une série de problèmes pour le Royaume-Uni : pénuries alimentaires, de carburant et de médicaments, rétablissement de droits de douane...Le Royaume-Uni et l'UE s'opposent sur de nombreux sujets, mais le sort de la frontière irlandaise est le plus délicat. Malgré des contacts et des volontés de discussions des deux côtés, Boris Johnson a répété "qu'il n'y avait pas de perspective d'accord" sans des changements à celui conclu avec l'UE par l'ancienne Première ministre Theresa May. De son côté, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker estime que "toute proposition concrète" de changement doit justement être compatible avec cet accord. La Commission stipule par ailleurs qu'un éventuel "no deal" ne sera que le fait du Royaume-Uni. (avec AFP)