D'ici au 2 juillet, date de la session inaugurale du Parlement européen, les leaders des Etats membres doivent s'entendre sur les noms des présidents du Conseil, de la Commission, de la Banque centrale européenne ainsi que d'un haut représentant pour les Affaires étrangères.

Lors de leurs discussions dans la nuit de jeudi à vendredi, les dirigeants ne sont parvenus à obtenir "aucune majorité sur aucun candidat" pour ces différentes fonctions, a expliqué Donald Tusk, avant d'insister sur la nécessité de s'entendre sur un "paquet de nominations qui reflète la diversité de l'Union européenne".

D'ici le sommet du 30 juin, M. Tusk poursuivra ses consultations auprès des chefs d'Etats et de gouvernement, mais aussi du Parlement européen.

Ce dernier jouera en effet un rôle primordial dans la désignation du prochain président de la Commission européenne, un vote à la majorité absolue de l'hémicycle étant indispensable aux chefs d'État et de gouvernement pour voir adoubé le candidat qu'ils proposeront.

Pour l'heure, le PPE, le parti de droite et centre-droit, sorti premier des élections européennes, réclame toujours la présidence de la Commission dans le grand marchandage des fonctions dirigeantes. Son candidat, l'Allemand Manfred Weber, n'est toutefois pour l'instant soutenu ni par les socialistes (S&D), ni pas les libéraux-centristes (Renew Europe), deuxièmes et troisièmes formations du Parlement.

"Ce soir, j'ai constaté avec plaisir et amusement qu'il n'est pas très facile de me remplacer", a ironisé l'actuel président de la Commission, Jean-Claude Juncker.

"Je reste persuadé que le processus en cours, celui des 'Spitzenkandidaten' (les prétendants à la présidence de l'exécutif européen choisis par les groupes politiques, ndlr) n'est pas à son terme, mais nous verrons à l'autopsie", a ajouté le Luxembourgeois.

A l'issue du sommet, la chancelière allemande Angela Merkel a, elle aussi, réaffirmé son soutien à ce système, tout en estimant qu'il serait "véritablement transparent" lorsque les spitzenkandidaten pourront faire campagne dans toute l'Europe en se présentant sur des listes transnationales.

En ce qui concerne les nominations, elle a affirmé vouloir éviter à tout prix un conflit institutionnel avec le Parlement européen. Ce dernier pourrait en effet s'opposer à un candidat nommé par le Conseil et n'étant pas un spitzenkandidat.

Interrogé à sa sortie de la réunion, le Premier ministre néerlandais Mark Rutte pour sa part estimé que le sommet n'avait donné lieu à aucun progrès.

Le président français Emmanuel Macron s'est montré plus positif, jugeant que la rencontre avait permis d'acter qu'aucun des trois spitzenkandidaten - Manfred Weber (PPE), Frans Timmermans (S&D) et Margrethe Vestager (Renew Europe) - ne disposait d'une majorité suffisante pour être désigné président de la Commission européenne.

Aux yeux du locataire de l'Elysée, des noms de candidats extérieurs à ce processus devraient désormais pouvoir être abordés. La responsabilité de les avancer revient à Donald Tusk, a-t-il estimé.

Comme plusieurs leaders européens participent au sommet du G20 à Osaka (Japon) le samedi 29 juin, la réunion européenne prévue le lendemain ne devrait débuter qu'en soirée, ont indiqué des sources diplomatiques.

M. Juncker ne s'attend pas nécessairement à ce que les discussions soient plus faciles, mais "il faudra que ça se fasse", a-t-il lancé.