La justice espagnole a lancé le 14 octobre un nouveau mandat d'arrêt européen (MAE) contre l'ex-président régional Carles Puigdemont pour sédition et détournement de fonds publiques, après la condamnation le même jour de neuf autres indépendantistes catalans à des peines allant de neuf à 13 ans de prison. L'Espagne entend ainsi poursuivre M. Puigdemont pour son implication dans l'organisation d'un référendum d'autodétermination tenu le 1er octobre 2017 dans cette riche région du nord-est du territoire.

Ne pas livrer l'indépendantiste catalan "ne restera pas sans conséquences" pour la Belgique, a estimé mardi M. Aguiriano. "De quel type et avec quelle intensité, cela devra être déterminé", a-t-il ajouté sans autre précision.

Ce n'est pas la première fois que le gouvernement espagnol monte au créneau pour réclamer le renvoi de Carles Puigdemont en ses terres. La vice-Première ministre Carmen Calvo avait déjà estimé il y a une semaine qu'il ne serait "pas respectable de refuser de (le) livrer à une démocratie pleine et entière". La ministre de la Justice Dolores Delgado avait également considéré que la condamnation mi-octobre de sept anciens ministres du gouvernement de Puigdemont et de deux influents membres de la société civile catalane à de lourdes peines de prison, pour sédition et détournements de fonds publics, devrait faciliter l'extradition de l'ancien président régional.

Il s'agit du troisième mandat d'arrêt européen (MAE) émis par l'Espagne à l'encontre de Carles Puigdemont, déchu par Madrid après la déclaration d'indépendance morte-née du 27 octobre 2017. Lorsque ce dernier avait été arrêté en Allemagne, alors qu'il tentait de rentrer en Belgique d'une conférence donnée en Finlande, le juge de la Cour suprême espagnole avait adressé une missive à la procureure allemande du tribunal de Schleswig-Holstein pour éviter que celle-ci ne commette la même "erreur" que la justice belge. La chambre du conseil de Bruxelles avait alors jugé "non exécutables" le premier MAE visant M. Puigdemont. Le tribunal belge avait en effet considéré qu'il existait un vice de forme puisqu'aucun mandat d'arrêt national correspondant ne soutenait les mandats européens.