"La seule chose qui m'intéresse c'est qu'on fixe une date pour les élections. Les Italiens doivent savoir quand voter pour un nouveau gouvernement capable d'adopter le budget", a martelé devant la presse le chef de la Ligue (extrême droite), après avoir aligné les selfies à Policoro, une station balnéaire de Basilicate. Il a promis de travailler "de façon constructive avec l'Europe pour la convaincre de tailler dans les impôts des Italiens".

. Salvini a renouvelé ses intenses pressions sur le parlement, en exigeant "qu'il s'exprime le plus vite possible, et certainement pas après le (pont du) 15 août". Il a dit vouloir "donner à l'Italie un gouvernement courageux et stable qui dure au moins 10 ans". "Ceux qui repoussent le rendez-vous avec le parlement veulent seulement sauver leurs fauteuils", a-t-il lancé.

Lundi, des réunions sont prévues au Sénat mais uniquement au niveau des chefs de groupes parlementaires, pour établir un calendrier des débats à venir. Les spécialistes anticipent une convocation des chambres pour les 19 ou 20 août, donc après ce congé, sacro-saint pour les Italiens. Celui que ses fans surnomment le "Capitano" (capitaine) a refusé "de répondre aux insultes de (ses anciens alliés) du Mouvement 5 Etoiles (M5S)", qui, surpris du coup de force de Salvini, l'accusent d'avoir profité de sondages très favorables (36 à 38% des intentions de vote) pour provoquer une crise politique.

Son ex-partenaire de coalition Luigi di Maio, chef de file du M5S, a fustigé, dans un post sur Facebook samedi, l'attitude de Salvini qui a "renversé le seul gouvernement qui, en un an, ait résisté aux lobbies et pouvoirs forts, qui a adopté la loi anti-corruption la plus sévère d'Europe et vient en aide aux retraités, aux pauvres et aux précaires".

M. Di Maio a lancé, dans le même message, "un appel à toutes les forces politiques" et une pétition auprès des parlementaires "pour demander un vote d'urgence sur la réduction (prévue dans un projet de loi) du nombre de parlementaires". "Supprimons 345 sièges de parlementaires (actuellement 950, un record, ndlr) et leurs salaires. C'est beaucoup d'argent. Il suffit de voter, cela ne prendrait pas plus que deux heures. On peut investir l'argent dans des choses plus utiles, les écoles, les routes, les hôpitaux", a expliqué Di Maio, en appelant tous les partis, même la Ligue à soutenir ce projet de loi, avant de retourner aux urnes.