Depuis l'élection de Sadiq Khan à la mairie de Londres, le 5 mai 2016, la guerre est déclarée. A peine entré en fonction, celui qui fut ministre des Transports sous Gordon Brown (2009-2010) explique au magazine américain Time : " Le problème des huit dernières années, c'est que les Londoniens ont pu penser que le job de maire consistait à couper des rubans, à paraître sur des tapis rouges et à balancer quelques blagues. Tout cela, j'en suis capable aussi. " Et l'ancien député de Tooting, une banlieue multiethnique, d'ajouter : " Mais les ...

Depuis l'élection de Sadiq Khan à la mairie de Londres, le 5 mai 2016, la guerre est déclarée. A peine entré en fonction, celui qui fut ministre des Transports sous Gordon Brown (2009-2010) explique au magazine américain Time : " Le problème des huit dernières années, c'est que les Londoniens ont pu penser que le job de maire consistait à couper des rubans, à paraître sur des tapis rouges et à balancer quelques blagues. Tout cela, j'en suis capable aussi. " Et l'ancien député de Tooting, une banlieue multiethnique, d'ajouter : " Mais les maires peuvent faire beaucoup mieux. Par exemple, unir les gens au lieu de les diviser. " Un mois après les municipales, les Anglais votent sur le Brexit. " Autrefois, cingle à nouveau Khan, Boris Johnson comprenait l'importance de l'Union européenne pour Londres, ses emplois, son business, sa vie culturelle. Ces deux derniers mois, il semble, hélas, avoir oublié tout cela... " La riposte arrive par Twitter. Devenu secrétaire d'Etat des Affaires étrangères et du Commonwealth (ministre des Affaires étrangères au Royaume-Uni), Boris Johnson y parle de " Sadiq hashtag nullissime Khan " et ironise sur son narcissisme supposé. En 2009, ce dernier s'était empressé d'annoncer sur les réseaux sociaux sa promotion comme ministre des Transports. Du jamais-vu à l'époque. D'où cette pique : " Sadiq ? Un freluquet sentencieux et suffisant. " En pleine " épidémie " d'agressions, d'assassinats et d'attaques terroristes au couteau dans les rues de Londres, en 2018, le ministre Johnson reproche au maire d'" accuser tout le monde, sauf lui-même " ! Mais Khan, aujourd'hui âgé de 49 ans, contre-attaque : " Sous mon prédécesseur, le nombre de policiers a considérablement baissé " et sa promesse d'en embaucher des milliers " n'a jamais vu le jour ", pointe le maire. En septembre dernier, à la Chambre des communes, Boris Johnson assure, devant les députés, qu'il est temps de " se débarrasser de Sadiq Khan ". Ce dernier, en retour, accuse le Premier ministre d'avoir tenu, au cours de sa carrière, des propos racistes et homophobes. Sur la question du climat, le mois dernier, il dégaine à nouveau : " Franchement, je ne crois pas que nous puissions compter sur Boris Johnson pour prendre les mesures nécessaires afin de protéger la santé de nos concitoyens. " En pleine guerre des nerfs, Khan a sollicité, en qualité de maire de la capitale, une entrevue avec le Premier ministre. Sans réponse pour l'instant... En attendant, de clash en clash avec Boris Johnson, l'élu londonien a trouvé le moyen de consolider son image de politicien de premier plan. Un préalable indispensable pour succéder un jour, peut-être, à Jeremy Corbyn à la tête du Parti travailliste.Par Axel Gyldén