La France est l'un des pays de l'Union européenne les plus réticents à accorder des reports, alors que l'Allemagne a fait savoir dès mercredi qu'elle ne s'y opposerait pas. Paris continue de souligner "qu'il faut une justification pour l'extension, qu'elle n'est pas automatique et que les discussions se poursuivent", a fait savoir l'Elysée dans la soirée de vendredi.

Le même jour, les 27 pays de l'Union européenne ont repoussé à la semaine prochaine une décision sur la durée d'un tel report, à six jours de la date théorique du départ du Royaume-Uni, donnant plus de marge à Boris Johnson pour obtenir la convocation d'élections législatives anticipées. Un vote est attendu lundi au Parlement britannique sur la tenue d'un tel scrutin le 12 décembre, proposée jeudi par le Premier ministre britannique afin de sortir de l'impasse.

Le président Emmanuel Macron a toujours déclaré que l'organisation de législatives faisait partie des événements pouvant justifier un report.

Selon plusieurs sources européennes, une nouvelle réunion des ambassadeurs aura lieu lundi ou mardi pour décider de la durée de ce qui serait le troisième ajournement du Brexit. Tous les pays de l'UE ont convenu de la nécessité d'un nouveau report pour éviter un "no deal" aux conséquences redoutées et s'accordent pour prendre une décision en suivant une procédure écrite, sans qu'il soit besoin d'un sommet. La plupart des pays semblent ouverts à une prolongation de trois mois, au 31 janvier 2020, délai que Boris Johnson a été contraint de demander tout en s'y disant hostile, selon des sources européennes.

La France a insisté pour avoir "de la clarté" sur les intentions britanniques avant une décision.