"A ce stade, un accord avec le Royaume-Uni et l'Union européenne semble peu vraisemblable. Je ne comprends tout simplement pas pourquoi nous gâchons un temps précieux", a lancé le négociateur européen Michel Barnier, à l'issue de la 7e séance de négociations, se disant "déçu et préoccupé".

Au même moment son homologue britannique David Frost a reproché aux Européens de "rendre inutilement difficiles" ces discussions en voulant imposer à Londres "une continuité" des mêmes règles sur les aides d'Etat, qui font partie des conditions de concurrence, et la pêche, deux points durs des discussions, avant d'avancer sur les autres sujets de l'accord. "Les négociations bloquent sur l'insistance de l'UE à nous faire accepter leur position (sur ces deux points), donc c'est gelé", a commenté un négociateur britannique.

"Pour les Européens, il est hors de question de laisser les conditions de concurrence équitable et la pêche pour la fin des négociations. On ne peut pas continuer à avancer sur les autres sujets quand on a un trou béant sur les sujets centraux", a souligné une source européenne.

Le temps presse

Pourtant le temps presse depuis le divorce le 31 janvier 2020 entre le Royaume-Uni et l'UE. Un accord doit être trouvé au plus tard fin octobre, le temps notamment des ratifications par le parlement européen et britannique, avant la fin de la période de transition fin 2020 pour avoir un accord en place le 1er janvier 2021. Tout en reconnaissant l'impasse dans laquelle se trouvent les discussions, les deux négociateurs jugent toujours un accord possible.

Comme depuis le départ, les négociations butent sur les conditions de concurrence (normes sociales, environnementales, fiscales et aides d'Etat), l'UE refusant de voir surgir à sa porte une économie dérégulée, et le dossier de la pêche, essentiel pour plusieurs pays européens dont la France alors que Londres veut reprendre le contrôle de ses eaux poissonneuses.

Nouveau rendez-vous en septembre

Pour illustrer ces profondes divergences sur les conditions de concurrence, Michel Barnier a pris l'exemple des transports routiers, affirmant que les Britanniques ne voulaient pas que certaines règles s'appliquent à leurs chauffeurs lorsqu'ils circulent sur le continent européen comme les temps de conduite ou de repos alors que celles-ci s'imposent aux Européens. "Il n'y aura pas d'accès à la carte au marché unique" européen, a-t-il averti.

Faute d'accord avant le 31 décembre, les seules règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), avec leurs droits de douane élevés et leurs contrôles douaniers poussés, s'appliqueraient aux relations commerciales entre l'Union et son ancien partenaire.

Le prochaine session de discussions doit avoir lieu à Londres à partir du 7 septembre. Dans l'intervalle, MM. Barnier et Frost seront "en contact étroit", a assuré le négociateur britannique. Un échec à trouver un compromis aurait des conséquences potentiellement désastreuses pour des économies déjà frappées de plein fouet par la pandémie de Covid-19.

Le Royaume-Uni a subi au deuxième trimestre une chute record de 20,4% de son économie et, sur les six premiers mois de l'année, sa pire récession jamais enregistrée. Quant à la zone euro (19 pays de l'UE), elle a elle aussi vu son PIB plonger de façon vertigineuse entre avril et juin (- 12,1%).

"A ce stade, un accord avec le Royaume-Uni et l'Union européenne semble peu vraisemblable. Je ne comprends tout simplement pas pourquoi nous gâchons un temps précieux", a lancé le négociateur européen Michel Barnier, à l'issue de la 7e séance de négociations, se disant "déçu et préoccupé".Au même moment son homologue britannique David Frost a reproché aux Européens de "rendre inutilement difficiles" ces discussions en voulant imposer à Londres "une continuité" des mêmes règles sur les aides d'Etat, qui font partie des conditions de concurrence, et la pêche, deux points durs des discussions, avant d'avancer sur les autres sujets de l'accord. "Les négociations bloquent sur l'insistance de l'UE à nous faire accepter leur position (sur ces deux points), donc c'est gelé", a commenté un négociateur britannique."Pour les Européens, il est hors de question de laisser les conditions de concurrence équitable et la pêche pour la fin des négociations. On ne peut pas continuer à avancer sur les autres sujets quand on a un trou béant sur les sujets centraux", a souligné une source européenne.Pourtant le temps presse depuis le divorce le 31 janvier 2020 entre le Royaume-Uni et l'UE. Un accord doit être trouvé au plus tard fin octobre, le temps notamment des ratifications par le parlement européen et britannique, avant la fin de la période de transition fin 2020 pour avoir un accord en place le 1er janvier 2021. Tout en reconnaissant l'impasse dans laquelle se trouvent les discussions, les deux négociateurs jugent toujours un accord possible.Comme depuis le départ, les négociations butent sur les conditions de concurrence (normes sociales, environnementales, fiscales et aides d'Etat), l'UE refusant de voir surgir à sa porte une économie dérégulée, et le dossier de la pêche, essentiel pour plusieurs pays européens dont la France alors que Londres veut reprendre le contrôle de ses eaux poissonneuses.Pour illustrer ces profondes divergences sur les conditions de concurrence, Michel Barnier a pris l'exemple des transports routiers, affirmant que les Britanniques ne voulaient pas que certaines règles s'appliquent à leurs chauffeurs lorsqu'ils circulent sur le continent européen comme les temps de conduite ou de repos alors que celles-ci s'imposent aux Européens. "Il n'y aura pas d'accès à la carte au marché unique" européen, a-t-il averti.Faute d'accord avant le 31 décembre, les seules règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), avec leurs droits de douane élevés et leurs contrôles douaniers poussés, s'appliqueraient aux relations commerciales entre l'Union et son ancien partenaire.Le prochaine session de discussions doit avoir lieu à Londres à partir du 7 septembre. Dans l'intervalle, MM. Barnier et Frost seront "en contact étroit", a assuré le négociateur britannique. Un échec à trouver un compromis aurait des conséquences potentiellement désastreuses pour des économies déjà frappées de plein fouet par la pandémie de Covid-19.Le Royaume-Uni a subi au deuxième trimestre une chute record de 20,4% de son économie et, sur les six premiers mois de l'année, sa pire récession jamais enregistrée. Quant à la zone euro (19 pays de l'UE), elle a elle aussi vu son PIB plonger de façon vertigineuse entre avril et juin (- 12,1%).