Des mots d'ordre anticommunistes et homophobes ont également été entendus, tels "Prends le marteau et la faucille et frappe la racaille rouge" et "Interdiction de pédaler", tandis que des slogans affichés sur deux tentes dénonçaient "les milieux juifs qui demandent 300 milliards de dollars à la Pologne".

A l'intérieur, le public était invité à signer une pétition contre la "loi 447" votée aux Etats-Unis et appuyant des demandes d'indemnisation de biens juifs.

Au fil des années, cette marche initialement marginale est devenue une importante manifestation commémorant le recouvrement par la Pologne de sa souveraineté nationale, le 11 novembre 1918, après 123 ans d'occupation par la Russie tsariste, la Prusse et l'Empire austro-hongrois.

Sous haute surveillance policière, le cortège réunit chaque année les leaders et les partisans de l'extrême droite. De nombreux participants expliquent aussi leur présence par le simple souhait d'exprimer leur patriotisme et leur attachement à l'indépendance, un sentiment particulièrement vif chez les Polonais.

"Je suis fier d'être Polonais et le fait d'être ici me donne le sentiment de communauté avec notre nation", a dit à l'AFP Zbyszek, un technicien trentenaire venu de la banlieue de Varsovie.

"C'est la plus grande manifestation patriotique, anti-mondialiste et politiquement incorrecte en Europe", s'est vanté lundi sur twitter Krzysztof Bosak, un député d'extrême droite élu en octobre au nouveau parlement polonais.

Des participants interrogés par l'AFP ont dit sympathiser avec la formation d'extrême droite Konfederacja dont neuf députés viennent d'entrer au parlement de Varsovie. "Le PiS et la PO - les mêmes maux" a scandé un groupe de jeunes gens, dénonçant tant le parti conservateur nationaliste PiS au pouvoir que la Plateforme Civique (PO, centriste), dans l'opposition.

La police a évacué plusieurs personnes manifestant contre la marche qui se sont installés sur son passage et ont dressé une imposante bannière avec l'inscription Konstytucja (Constitution en polonais, ndlr), symbole du rejet par l'opposition polonaise des réformes controversées de la justice par le pouvoir en place.

Ces réformes ont poussé la Commission européenne à ouvrir des procédures inédites contre Varsovie motivées par des craintes pour l'Etat de droit en Pologne.

Aux douze coups de midi, dans nombre d'endroits à travers le pays, les Polonais ont entonné l'hymne national, dans un rare moment d'unité nationale, alors que la Pologne est profondément divisée.

Le gouvernement et le président, pourtant issus de la droite conservatrice et nationaliste, ont formellement ignoré la marche et participé à des cérémonies officielles: défilés militaires, discours, concerts et dépôts de gerbes devant les tombeaux des pères de l'indépendance polonaise.

Les membres et partisans de l'opposition centriste et de gauche ont suivi leurs propres programmes de célébrations.

Une Marche antifasciste, riche en couleurs et musiques diverses, organisée par différentes ONG de gauche, féministes et écologistes, a réuni à Varsovie une douzaine de milliers de personnes défilant sous les drapeaux polonais, européens, arc-an-ciel ou kurdes, avec pour mot d'ordre: "Pour votre liberté et la nôtre".