Premier pays à avoir confiné il y a plus de deux mois l'ensemble de sa population pour juguler la pandémie meurtrière du nouveau coronavirus, la péninsule reste traumatisée, après deux mois d'enfermement, une économie à genoux et le décès d'environ 32.000 personnes.

Le pays goûte néanmoins depuis le 4 mai un peu de liberté retrouvée, à la faveur d'une première levée partielle de restrictions appliquées de près par les "carabinieri".

"Signe d'espoir"

Dimanche, les Romains ont semblé se réapproprier le coeur de la ville éternelle, sans aucun touriste étranger et encore en grande partie désertée par les voitures, mais sillonnée par un nombre croissant de joggeurs, promeneurs et vélos. Souvent masque chirurgical sur le nez, les badauds ont déambulé toute la journée, au pied du Colisée ou dans les allées pavées du Forum de Trajan. Le tout sous le regard de policiers tranquilles, se contentant de demander d'un signe de la main, aux groupes tentés un moment de s'asseoir sur les pierres millénaires, de se disperser.

Ce lundi voit en théorie la réouverture de la majorité des petits et grands commerces, des coiffeurs, des salons de beauté, des bars et restaurants. Messes et célébrations religieuses reprennent également dans les églises de Rome comme dans le reste du pays, avec les mesures de distanciation sociale adéquates. Le pape François s'est réjoui dimanche par avance de "ce signe d'espoir". "Mais s'il vous plait, avançons avec les normes qui nous sont données pour assurer la santé de chacun", a-t-il insisté.

Fermée depuis le 10 mars, la célébre basilique Saint-Pierre, coeur du Vatican, rouvre ses portes aux visiteurs dans la matinée, avec entrées contingentées et distances obligatoires. Aucune célébration publique n'y est encore officiellement prévue, mais une messe est programmée en revanche à la mi-journée dans la majestueuse cathédrale gothique de Milan, un symbole fort dans cette capitale de la Lombardie, région frappée de plein fouet par le Covid-19.

La cathédrale de Milan, AFP/Miguel MEDINA
La cathédrale de Milan © AFP/Miguel MEDINA

"Nous ne pouvons pas nous permettre" d'attendre la découverte d'un vaccin pour rouvrir le pays, a justifié samedi soir le président du Conseil italien, Giuseppe Conte, à propos de cette "phase 2" du déconfinement. "Nos principes restent les mêmes: protéger la vie, la santé des citoyens. Mais nous devons les décliner différemment", a-t-il plaidé.

Près de 800.000 commerces sont théoriquement concernés, selon la confédération patronale Confcommercio. Sept bars sur 10, et 80% des incontournables "gelaterie" (glaciers), prévoient d'accueillir de nouveau les clients.

"Ce qui reste interdit"

A Rome, pizzerias, patisseries et autres commerces se sont préparés ces derniers jours à une réouverture, à coups de pinceaux, de grands nettoyages ou en renouvelant leurs stocks, a-t-on constaté.

Cette nouvelle étape du déconfinement, un cadre général fixé par le gouvernement, laisse à chacune des 20 régions italiennes une large marge de manoeuvre dans son application, alimentant parfois les incertitudes. "Il y a un climat de confusion", a ainsi critiqué le président de la région Campanie (sud-ouest), Vincenzo De Luca, qui a refusé d'ouvrir bars et restaurants avant d'avoir eu les "entretiens" nécessaires avec les commerçants concernés.

Comme un peu partout en Europe à mesure que la levée des restrictions avance, la presse italienne a fait pendant tout le weekend une savante exégèse des mesures prévues, sous le titre "Italie phase 2", décryptant ce qui est autorisé et "ce qui reste interdit"

Famille, amis, collègues, il sera désormais possible pour les Italiens de voir qui ils veulent, à domicile ou en extérieur. Les grands rassemblements restent néanmoins proscrits, comme les fêtes privées. Le masque est obligatoire dans les lieux clos accueillant du public. Les déplacements entre régions doivent encore être justifiés.

La prochaine étape du déconfinement italien est prévue pour le 25 mai, avec la réouverture des gymnases, des piscines et centres sportifs. Le 3 juin, le pays rouvrira ses frontières aux visiteurs de l'espace Schengen, et donc aux touristes européens, ceci afin de relancer au plus vite le secteur clé du tourisme. Il sera également possible pour les Italiens de voyager librement dans tout le pays, sans aucune limitation. En attendant la réouverture le 15 juin des théâtres et cinémas.

Premier pays à avoir confiné il y a plus de deux mois l'ensemble de sa population pour juguler la pandémie meurtrière du nouveau coronavirus, la péninsule reste traumatisée, après deux mois d'enfermement, une économie à genoux et le décès d'environ 32.000 personnes. Le pays goûte néanmoins depuis le 4 mai un peu de liberté retrouvée, à la faveur d'une première levée partielle de restrictions appliquées de près par les "carabinieri".Dimanche, les Romains ont semblé se réapproprier le coeur de la ville éternelle, sans aucun touriste étranger et encore en grande partie désertée par les voitures, mais sillonnée par un nombre croissant de joggeurs, promeneurs et vélos. Souvent masque chirurgical sur le nez, les badauds ont déambulé toute la journée, au pied du Colisée ou dans les allées pavées du Forum de Trajan. Le tout sous le regard de policiers tranquilles, se contentant de demander d'un signe de la main, aux groupes tentés un moment de s'asseoir sur les pierres millénaires, de se disperser.Ce lundi voit en théorie la réouverture de la majorité des petits et grands commerces, des coiffeurs, des salons de beauté, des bars et restaurants. Messes et célébrations religieuses reprennent également dans les églises de Rome comme dans le reste du pays, avec les mesures de distanciation sociale adéquates. Le pape François s'est réjoui dimanche par avance de "ce signe d'espoir". "Mais s'il vous plait, avançons avec les normes qui nous sont données pour assurer la santé de chacun", a-t-il insisté.Fermée depuis le 10 mars, la célébre basilique Saint-Pierre, coeur du Vatican, rouvre ses portes aux visiteurs dans la matinée, avec entrées contingentées et distances obligatoires. Aucune célébration publique n'y est encore officiellement prévue, mais une messe est programmée en revanche à la mi-journée dans la majestueuse cathédrale gothique de Milan, un symbole fort dans cette capitale de la Lombardie, région frappée de plein fouet par le Covid-19."Nous ne pouvons pas nous permettre" d'attendre la découverte d'un vaccin pour rouvrir le pays, a justifié samedi soir le président du Conseil italien, Giuseppe Conte, à propos de cette "phase 2" du déconfinement. "Nos principes restent les mêmes: protéger la vie, la santé des citoyens. Mais nous devons les décliner différemment", a-t-il plaidé.Près de 800.000 commerces sont théoriquement concernés, selon la confédération patronale Confcommercio. Sept bars sur 10, et 80% des incontournables "gelaterie" (glaciers), prévoient d'accueillir de nouveau les clients.A Rome, pizzerias, patisseries et autres commerces se sont préparés ces derniers jours à une réouverture, à coups de pinceaux, de grands nettoyages ou en renouvelant leurs stocks, a-t-on constaté. Cette nouvelle étape du déconfinement, un cadre général fixé par le gouvernement, laisse à chacune des 20 régions italiennes une large marge de manoeuvre dans son application, alimentant parfois les incertitudes. "Il y a un climat de confusion", a ainsi critiqué le président de la région Campanie (sud-ouest), Vincenzo De Luca, qui a refusé d'ouvrir bars et restaurants avant d'avoir eu les "entretiens" nécessaires avec les commerçants concernés.Comme un peu partout en Europe à mesure que la levée des restrictions avance, la presse italienne a fait pendant tout le weekend une savante exégèse des mesures prévues, sous le titre "Italie phase 2", décryptant ce qui est autorisé et "ce qui reste interdit"Famille, amis, collègues, il sera désormais possible pour les Italiens de voir qui ils veulent, à domicile ou en extérieur. Les grands rassemblements restent néanmoins proscrits, comme les fêtes privées. Le masque est obligatoire dans les lieux clos accueillant du public. Les déplacements entre régions doivent encore être justifiés.La prochaine étape du déconfinement italien est prévue pour le 25 mai, avec la réouverture des gymnases, des piscines et centres sportifs. Le 3 juin, le pays rouvrira ses frontières aux visiteurs de l'espace Schengen, et donc aux touristes européens, ceci afin de relancer au plus vite le secteur clé du tourisme. Il sera également possible pour les Italiens de voyager librement dans tout le pays, sans aucune limitation. En attendant la réouverture le 15 juin des théâtres et cinémas.