Premier fil à tendre, celui de l'information. Oui, le coronavirus se propage plus vite que la grippe. Oui, on en meurt. Mais non, il ne décime pas des populations entières.
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Premier fil à tendre, celui de l'information. Oui, le coronavirus se propage plus vite que la grippe. Oui, on en meurt. Mais non, il ne décime pas des populations entières. Deuxième fil, celui de la précaution. Jusqu'ici, la Belgique, en phase 2, a préparé son corps médical et rappelé urbi et orbi les règles d'hygiène de base. Les grandes manifestations sont maintenues. Aucune mesure de confinement n'est prévue. Troisième fil, celui de la cohérence. En France, le Salon du livre comme le Mipim sont annulés. Une ombre plane sur la tenue de l'Euro de foot comme sur celle des JO de Tokyo. En Belgique, Batibouw a été maintenu. A Woluwe-Saint-Lambert, les lieux publics sont interdits aux personnes revenues d'une zone à risque. Certains citent les chiffres de 850 000 cas et 50 000 morts potentiels. Et là, le marionnettiste a dû impérativement retendre un petit coup le fil numéro un. Pour que l'ensemble reste cohérent. Quatrième fil à tirer, celui de la croissance. Les premiers signes du ralentissement économique arrivent. Les Bourses ont piqué du nez, amenant le BEL 20 aux portes de la correction. L'OCDE et le FMI ont sorti leurs calculettes pour chiffrer l'impact de cette crise sur la croissance européenne et mondiale. Les entreprises s'inquiètent. En Belgique, le déficit, déjà sous pression, risque de filer encore davantage sous le poids de mesures sanitaires et de soutien à l'économie qui devront être prises. Au-dessus de tous ces fils, une croix d'attelle qui guide chaque mouvement et veille à l'équilibre de l'ensemble. Pour informer suffisamment mais pas trop ou mal. En parlant d'une seule voix. Pour expliquer et désamorcer sans minimiser ni devenir anxiogène. Pour prévenir suffisamment mais pas trop ou mal. Pour éviter le repli sur soi tout en évitant la propagation. Pour corser l'exercice, le marionnettiste marche lui aussi sur un fil. Avec, pour seul balancier, des affaires courantes. " Wir schaffen das ", disait Angela Merkel. " Nous pouvons le faire ". Elle parlait de la crise migratoire. Qui revient en force sur le devant de l'actualité avec la décision turque d'ouvrir ses frontières, laissant le passage libre à des milliers de réfugiés et de migrants. Là aussi, il s'agit de jouer les équilibristes entre les peurs de la population et la préservation des valeurs de tolérance et d'humanisme qui font nos démocraties. Le credo de la chancelière allemande vaut pour les crises sanitaire et migratoire. Nous pouvons le faire. En restant calme et solidaire. Pour que le fil déjà tendu ne se brise sous le poids de la panique.