Il y a trente ans, le monde basculait vers l'inconnu : le dernier des deux grands totalitarismes était vaincu et l'Europe se réunifiait. La démocratie libérale apparaissait comme un horizon indépassable. Aujourd'hui, l'Union européenne est secouée par une agitation nationaliste et populiste nourrie par la peur et le ressentiment. Des fissures apparaissent de toutes parts, entre les Etats membres fondateurs du projet européen et les derniers arrivés, entre le Nord et le Sud, entre les créditeurs et les débiteurs, entre les disciplinés et les endettés. Plus grave : alors que le monde n'est plus coupé en deux, les pays, eux, le sont, avec d'un côté les bienheureux du monde global, et de l'autre ceux qui n'ont pu suivre. Que se passe-t-il ? De Budapest à Londres, de Varsovie à Rome, Marion Van Renterghem a parcouru cette Europe d'humeur sombre. Grand reporter au journal Le Monde puis à Vanity Fair, auteure d' Angela Merkel, l'ovni politique (Les Arènes/Le Monde, 2017), elle vient de publier Mon Europe, je t'aime moi non plus 1989-2019 (1).
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