Après des semaines d'hésitations, l'ex-socialiste doit faire état à 19h00 locales de sa décision au Centre de culture contemporaine de Barcelone, dans le centre historique de la deuxième ville d'Espagne où il est né il y a 56 ans. S'il se présente comme attendu, sa tentative - une candidature municipale après une carrière politique dans un autre pays - serait inédite à ce niveau en Europe. Tout citoyen de l'UE peut se présenter à des élections locales dans un autre pays que le sien au sein de l'Union depuis le traité de Maastricht.

Selon son entourage, cette candidature ne fait guère de doute. Vendredi, Manuel Valls a tweeté une énigmatique photo de ses pieds sur les pavés de la ville légendée "Barcelona..." et la convocation de la presse pour son annonce provenait de l'expéditeur "Valls 2019". Depuis l'échec de ses ambitions présidentielles en France en 2017, il s'est engagé de l'autre côté des Pyrénées, multipliant meetings et manifestations contre les indépendantistes catalans qui ont tenté en octobre dernier de faire sécession de l'Espagne.

Soutien de Ciudadanos

Mais le défi s'annonce de taille le 26 mai prochain pour succéder à l'actuelle maire de gauche, l'ancienne militante du droit au logement Ada Colau, à la tête de la ville de 1,6 million d'habitants. Manuel Valls est assuré du soutien du parti libéral Ciudadanos, fer de lance de l'opposition à l'indépendantisme, qui l'invitait depuis plusieurs mois à porter ses couleurs. Et il a recruté pour sa campagne un ex-directeur de communication du FC Barcelone, club dont il est ouvertement supporter, et l'ancien bras droit du maire socialiste Pasqual Maragall (1982-1997), symbole de l'entrée dans la modernité de la ville qui accueillit les Jeux olympiques en 1992.

S'il n'a pas encore dévoilé son programme, Valls, qui a été élevé à Paris par un père catalan et une mère italo-suisse et naturalisé français à 20 ans, pourrait tenter d'incarner une Barcelone cosmopolite face au nationalisme catalan. Fort de son passé comme ministre de l'Intérieur, il pourrait également faire campagne sur la lutte contre l'insécurité, préoccupation grandissante des Barcelonais. Mais "ses chances d'être maire sont minces", estime le politologue de l'Université de Barcelone Jordi Muñoz. "C'est une candidature qui chamboule" le paysage politique, estime pour sa part Joaquim Coll, historien et analyste politique proche de Valls, qui juge son pari "risqué" mais pas "suicidaire".

Manuels Valls n'est pour l'heure pas parvenu à convaincre les deux autres partis anti-indépendantistes, le Parti socialiste à gauche et le Parti populaire à droite, de se rallier à sa candidature, souligne Muñoz. Or, estime le politologue barcelonais Oriol Bartomeus, "la seule façon qu'il a de gagner" est de mettre sur pied une liste d'ouverture afin d'arriver en tête le 26 mai et de parier ensuite sur la division de ses adversaires. Les élections municipales se font au scrutin proportionnel en Espagne, obligeant les partis à des tractations après le vote.

Une candidature qui divise

Figure clivante en France, Manuel Valls suscite aussi le rejet chez certains Barcelonais, en particulier dans le camp indépendantiste, qui ironise sur sa méconnaissance de la ville. "Je ne sais pas ce qu'il vient faire ici. J'imagine que comme on n'en veut pas en France, il vient à Barcelone", réagit au quart de tour Laura Bozzo, retraitée interrogée par l'AFP devant la mairie de Barcelone. "Il est né ici mais ne connaît pas la ville", fulmine cette femme qui arbore un ruban jaune en soutien aux séparatistes emprisonnés."Barcelone ne pense pas comme Valls. C'est une ville qui a toujours penché à gauche (...) personne n'a jamais gagné avec le discours de l'ordre", dit à l'AFP une source au sein du PDECAT, parti indépendantiste de centre-droit. "C'est une personne qui a du prestige, avec une reconnaissance internationale et il peut améliorer l'image de Barcelone", estime en revanche David Centellas, employé de banque.

Le PDECAT devrait avoir pour tête de liste un autre ancien socialiste, l'historien Ferran Mascarell. Tout comme l'autre grand parti séparatiste, Esquerra Republicana de Catalunya (ERC, Gauche républicaine de Catalogne), qui présente Ernest Maragall, frère de l'ancien maire Pasqual Maragall.

Après des semaines d'hésitations, l'ex-socialiste doit faire état à 19h00 locales de sa décision au Centre de culture contemporaine de Barcelone, dans le centre historique de la deuxième ville d'Espagne où il est né il y a 56 ans. S'il se présente comme attendu, sa tentative - une candidature municipale après une carrière politique dans un autre pays - serait inédite à ce niveau en Europe. Tout citoyen de l'UE peut se présenter à des élections locales dans un autre pays que le sien au sein de l'Union depuis le traité de Maastricht.Selon son entourage, cette candidature ne fait guère de doute. Vendredi, Manuel Valls a tweeté une énigmatique photo de ses pieds sur les pavés de la ville légendée "Barcelona..." et la convocation de la presse pour son annonce provenait de l'expéditeur "Valls 2019". Depuis l'échec de ses ambitions présidentielles en France en 2017, il s'est engagé de l'autre côté des Pyrénées, multipliant meetings et manifestations contre les indépendantistes catalans qui ont tenté en octobre dernier de faire sécession de l'Espagne.Mais le défi s'annonce de taille le 26 mai prochain pour succéder à l'actuelle maire de gauche, l'ancienne militante du droit au logement Ada Colau, à la tête de la ville de 1,6 million d'habitants. Manuel Valls est assuré du soutien du parti libéral Ciudadanos, fer de lance de l'opposition à l'indépendantisme, qui l'invitait depuis plusieurs mois à porter ses couleurs. Et il a recruté pour sa campagne un ex-directeur de communication du FC Barcelone, club dont il est ouvertement supporter, et l'ancien bras droit du maire socialiste Pasqual Maragall (1982-1997), symbole de l'entrée dans la modernité de la ville qui accueillit les Jeux olympiques en 1992.S'il n'a pas encore dévoilé son programme, Valls, qui a été élevé à Paris par un père catalan et une mère italo-suisse et naturalisé français à 20 ans, pourrait tenter d'incarner une Barcelone cosmopolite face au nationalisme catalan. Fort de son passé comme ministre de l'Intérieur, il pourrait également faire campagne sur la lutte contre l'insécurité, préoccupation grandissante des Barcelonais. Mais "ses chances d'être maire sont minces", estime le politologue de l'Université de Barcelone Jordi Muñoz. "C'est une candidature qui chamboule" le paysage politique, estime pour sa part Joaquim Coll, historien et analyste politique proche de Valls, qui juge son pari "risqué" mais pas "suicidaire".Manuels Valls n'est pour l'heure pas parvenu à convaincre les deux autres partis anti-indépendantistes, le Parti socialiste à gauche et le Parti populaire à droite, de se rallier à sa candidature, souligne Muñoz. Or, estime le politologue barcelonais Oriol Bartomeus, "la seule façon qu'il a de gagner" est de mettre sur pied une liste d'ouverture afin d'arriver en tête le 26 mai et de parier ensuite sur la division de ses adversaires. Les élections municipales se font au scrutin proportionnel en Espagne, obligeant les partis à des tractations après le vote.Figure clivante en France, Manuel Valls suscite aussi le rejet chez certains Barcelonais, en particulier dans le camp indépendantiste, qui ironise sur sa méconnaissance de la ville. "Je ne sais pas ce qu'il vient faire ici. J'imagine que comme on n'en veut pas en France, il vient à Barcelone", réagit au quart de tour Laura Bozzo, retraitée interrogée par l'AFP devant la mairie de Barcelone. "Il est né ici mais ne connaît pas la ville", fulmine cette femme qui arbore un ruban jaune en soutien aux séparatistes emprisonnés."Barcelone ne pense pas comme Valls. C'est une ville qui a toujours penché à gauche (...) personne n'a jamais gagné avec le discours de l'ordre", dit à l'AFP une source au sein du PDECAT, parti indépendantiste de centre-droit. "C'est une personne qui a du prestige, avec une reconnaissance internationale et il peut améliorer l'image de Barcelone", estime en revanche David Centellas, employé de banque.Le PDECAT devrait avoir pour tête de liste un autre ancien socialiste, l'historien Ferran Mascarell. Tout comme l'autre grand parti séparatiste, Esquerra Republicana de Catalunya (ERC, Gauche républicaine de Catalogne), qui présente Ernest Maragall, frère de l'ancien maire Pasqual Maragall.