Le scrutin législatif et sénatorial s'est achevé en milieu de journée, au terme d'une campagne largement marquée par la question du changement climatique, alors qu'en 2015 la thématique migratoire avait dominé les débats.

Comme de coutume, l'immense majorité des quelque 5,5 millions d'électeurs inscrits a voté par correspondance. Les premières projections nationales ne sont pas attendues avant le début de soirée, compte tenu d'un scrutin de liste avec panachage dont le dépouillement est complexe.

Les 200 conseillers nationaux (Chambre basse) sont élus à la proportionnelle, tandis que les 46 conseillers aux Etats (Chambre haute) sont désignés selon un système majoritaire à deux tours.

Selon le dernier sondage commandé par la radio et télévision publique suisse RTS auprès de l'institut Sotomo, qui porte sur les intentions de vote à la Chambre basse, les populistes de droite de l'Union démocratique du centre (UDC) devraient ressortir affaiblis (en repli de -2,1% par rapport à leur poids électoral de 2015) du scrutin mais rester la première force politique du pays, avec 27,3% des intentions de vote.

L'UDC, dont les affiches aux relents xénophobes font régulièrement polémique, a été en constante progression depuis les années 1990. Aussi, même "une perte de 2-3% serait un échec pour le parti" dans un pays où la force des partis n'évolue guère, a indiqué à l'AFP le politologue Oscar Mazzoleni, spécialiste de la droite populiste.

L'institut Sotomo s'attend par ailleurs à une "vague verte" dans toute la Suisse, où les appels de l'activiste écologiste Greta Thunberg ont particulièrement résonné, avec des dizaines de milliers de participants aux "grèves pour le climat". Ils étaient encore 100.000 à Berne fin septembre.

Cette mobilisation dans la rue a d'ailleurs poussé de nombreuses villes et cantons, dont Genève vendredi, à proclamer l'"état d'urgence climatique".

Les Verts (gauche) se dirigeraient vers un taux record, avec 10,7% des intentions de vote (+3,6%), tout comme les Vert'libéraux (droite) à 7,3% (+2,7%). Cette croissance pronostiquée est "presque exclusivement due à la mobilisation d'anciens abstentionnistes", a expliqué l'institut Sotomo.

Le taux de participation est d'ailleurs l'une des inconnues alors que moins d'un électeur sur deux participe habituellement à ces élections organisées tous les 4 ans.

"Chez les Verts en particulier se trouvent beaucoup de jeunes personnes qui votent pour la première fois. C'est exactement l'inverse qui se passe à l'UDC: ses pertes attendues ne résultent pas d'une émigration vers d'autres partis", a détaillé l'institut Sotomo, soulignant "le vieillissement croissant de la base électorale de l'UDC".

Les autres grands partis sont donnés en léger repli, avec le Parti socialiste (PS) à 18,2% des intentions de vote (-0,6%), le Parti libéral-radical (PLR, droite) à 15,2% (-1,2%) et le Parti démocrate-chrétien (PDC, centre) à 10,6% (-1%).

- "Formule magique" -

Ce n'est que le 11 décembre que les élus désigneront les sept ministres du gouvernement, dont les portefeuilles seront répartis entre tous les grands partis.

Depuis 1959, les principaux partis du pays - UDC, PS, PLR et PDC (parti démocrate-chrétien, centre) - se partagent les 7 postes ministériels du gouvernement selon le système dit de la "formule magique".

Etant donné que les deux partis écologiques se positionnent différemment sur le spectre politique, il n'est toutefois pas sûr qu'ils s'allient en décembre lors de l'élection des ministres.

Que cela soit avec ou sans les Vert'libéraux, les Verts veulent être une "force gouvernementale", a assuré la vice-présidente de ce parti, Lisa Mazzone.

Chez les Vert'libéraux, la députée sortante Isabelle Chevalley a estimé avant l'élection que son parti pourrait envisager une alliance si les Verts présentaient un "candidat consensuel", qui ne soit pas "très étatiste"