La Cour suprême, qui a jugé de février à juin douze dirigeants indépendantistes catalans, dont neuf sont en détention provisoire parfois depuis près de deux ans, doit annoncer très prochainement sa décision. Des peines de 7 à 25 ans de prison ont été requises à leur encontre.

"Une condamnation des représentants politiques et sociaux du pays (la Catalogne, ndlr) représenterait la plus grande attaque contre nos droits fondamentaux", a déclaré l'ancien député indépendantiste d'extrême gauche David Fernández, en lisant un manifeste de partis et d'associations séparatistes.

"Nous lançons un appel à l'ensemble des citoyens pour qu'ils (y) répondent de manière massive à travers la lutte non violente et la désobéissance civile pacifique", a-t-il ajouté, sans préciser quelles actions concrètes étaient envisagées.

Certains responsables indépendantistes présents ont évoqué pour leur part des blocages des routes de la région pendant plusieurs jours, de grandes manifestations ou une grève.

Cet appel à la "désobéissance civile" intervient le jour du deuxième anniversaire du référendum interdit du 1er octobre 2017, qui avait été émaillé de violences de la part des forces de l'ordre envoyées par le gouvernement pour empêcher le vote. Une manifestation aura lieu mardi à Barcelone à 19H00 (17H00 GMT) à l'occasion de cet anniversaire.

Ce référendum avait été suivi le 27 octobre par la proclamation d'une éphémère république indépendante par la majorité indépendantiste au parlement régional.

Madrid avait aussitôt suspendu temporairement l'autonomie de la Catalogne et destitué le gouvernement régional de Carles Puigdemont.

Celui-ci et des membres de son cabinet avaient fui à l'étranger tandis que d'autres dirigeants indépendantistes avaient été incarcérés avant d'être jugés.

La tension a récemment augmenté en Catalogne après le placement en détention provisoire jeudi de sept militants indépendantistes, accusés d'avoir préparé des "actions violentes" au sein d'un tout nouveau groupe qualifié de "terroriste" par le parquet.

Les partis indépendantistes, qui contrôlent le gouvernement catalan, avaient adopté le même jour au parlement régional plusieurs motions défiant l'Etat espagnol en légitimant la désobéissance civile ou en exigeant le retrait de la Garde civile de Catalogne.