Côté européen, Paris a annoncé que des mesures seraient "finalisées et annoncées dans les prochaines heures" sur les frontières extérieures de l'Union européenne, après des échanges avec plusieurs responsables européens.

Le président Emmanuel Macron, qui doit s'exprimer lundi soir, a appelé à "intensifier la coordination européenne et acter rapidement des mesures efficaces et concertées, notamment concernant les frontières de l'UE", tout en condamnant "les mesures unilatérales non concertées prises aux frontières par un certain nombre d'Etats membres de l'UE".

Le Premier ministre italien Giuseppe Conte, dont le pays est le plus sévèrement frappé en Europe, a appelé à "une coordination européenne" dans la santé et l'économie.

Un sommet extraordinaire du G7 regroupant sept pays industrialisés, actuellement présidé par les Etats-Unis et dont la France et l'Italie font partie, est prévu pour dans la journée par visioconférence afin de coordonner la lutte contre le coronavirus dans les domaines sanitaire, économique, financier et de la recherche sur un vaccin et des traitements. Mardi se déroulera une réunion extraordinaire des 27 dirigeants de l'Union européenne.

A l'intérieur même de l'UE, de nombreux pays cherchent à se protéger en s'isolant toujours plus, mettant à mal le principe européen de libre circulation. Lundi matin, l'Allemagne a mis en oeuvre des contrôles à ses frontières avec cinq pays -France, Autriche, Suisse, Danemark, Luxembourg.

Des restrictions qui s'ajoutent à une cascade de mesures prises dans les différents pays. Ecoles et universités, restaurants, bars, discothèques, cinémas, sont désormais fermés un peu partout, y compris les pubs en Irlande et les maisons closes aux Pays-Bas. Le monde du sport est à l'arrêt ou à huis clos, les musées restent clos et les annulations d'événements culturels se multiplient.

La ville de Moscou a annoncé la fermeture à compter du 21 mars de toutes les écoles et va limiter drastiquement dès mardi toute activité publique de loisir en raison de la pandémie de coronavirus.

- Lundi noir sur les marchés -

Les marchés boursiers reflétaient cette humeur, avec un lundi noir malgré l'offensive des banques centrales.

La Réserve fédérale américaine (Fed) a brutalement abaissé dimanche ses taux d'intérêt à zéro et participé à coups de centaines de milliards de dollars à une action mondiale concertée avec d'autres banques centrales -celles du Japon, du Royaume-Uni, du Canada, de Suisse- pour approvisionner le monde en liquidités.

Des annonces qui n'ont pas suffi à rassurer les marchés, tétanisés par les craintes d'une récession mondiale face à une pandémie qui semble ralentir dans son berceau asiatique mais se propage sur les autres continents.

La Bourse de New York poursuivait sa dégringolade lundi après la reprise des échanges, interrompus peu après l'ouverture. Son indice vedette, le Dow Jones s'effondrait vers 13H50 GMT de 11,84%.

L'UE prévoit une récession en 2020, a annoncé lundi le commissaire européen chargé du Marché intérieur Thierry Breton. La Chine, quant à elle, a fait état du premier recul de sa production industrielle en près de 30 ans et d'un effondrement des ventes de détail.

Plusieurs grandes compagnies aériennes ont fortement réduit la voilure.

La compagnie allemande Lufthansa va ainsi supprimer "jusqu'à 90%" de ses capacités de vols long-courriers dans le contexte d'une chute sans précédent du trafic aérien dans le monde.

Dans le monde entier, le nombre des cas de Covid-19 recensés officiellement s'établissait lundi à 09H00 GMT à 168.250, selon un bilan établi par l'AFP.

La maladie a fait périr 6.501 personnes au total dont 2.335 en Europe, où le nombre des contaminations explose, notamment en Italie, en Espagne et en France.

Il y a désormais plus de décès recensés ailleurs dans le monde (3.288) qu'en Chine continentale (3.213), point de départ en décembre de l'épidémie et pays le plus touché.

L'Italie (1.809 morts pour 24.747 cas) n'a pas "encore atteint le pic" de contagion, a averti son Premier ministre.

Deuxième pays le plus touché d'Europe, l'Espagne (9.191 cas dont 309 morts) a enregistré près de 1.500 nouveaux cas en 24 heures et le gouvernement a prévenu que le confinement de la population risquait de durer.

- Situation "très inquiétante" en France -

En France (127 morts et 5.423 cas avec plus de 400 personnes hospitalisées en état grave), la situation "est très inquiétante" et "se détériore très vite", selon les autorités.

Le Chili a emboîté le pas lundi à l'Allemagne, la Russie, la République tchèque, l'Argentine, la Colombie ou encore le Guatemala qui ont annoncé dimanche la fermeture totale ou partielle de leurs frontières.

L'Allemagne a décidé d'interdire les rassemblements dans les lieux de culte et d'ordonner la fermeture des aires de jeu et des magasins "non essentiels".

L'Iran, le troisième pays le plus touché du monde, a donné lundi son bilan le plus lourd sur 24 heures avec 129 décès supplémentaires, portant le total à 853.

La Chine semble avoir enrayé la propagation du virus avec seulement 16 nouveaux cas lundi, dont 12 importés de l'étranger.

En Corée du Sud, un nouveau foyer de contamination lié à une Eglise est apparu avec un tiers des 135 fidèles de l'Eglise de Grace River Church de Seongnam, près de Séoul, testés positifs.

Le Maroc (29 cas, un décès) fermera à partir de lundi soir tous ses hammams, cafés, restaurants, théâtres, cinémas et salles de sport après avoir suspendu la veille tous les vols internationaux. Des avions spéciaux ont été autorisés pour rapatrier les touristes européens bloqués.

Les mesures prises par Bruxelles face au coronavirus

Interdiction des voyages non essentiels vers le continent européen, flexibilité de la règle des 3%, limitation des exportations d'équipements de protection: voici les principales mesures prises par l'UE pour lutter contre la pandémie du coronavirus.

- Interdire certains voyages -

La Commission européenne a proposé lundi d'interdire, pour une période initiale de 30 jours, les voyages "non essentiels" vers l'UE, avec quelques dérogations (résidents de longue date, personnel soignant, transfrontaliers...)

Cette proposition devra être approuvée mardi par les chefs d'Etat et de gouvernement de L'UE.

Les personnes transportant des biens doivent également être libres de circuler pour "garantir l'approvisionnement des marchandises".

- Maintenir la libre-circulation -

Bruxelles a publié lundi des recommandations aux Etats membres pour éviter les embouteillages aux frontières intérieures de l'UE et permettre le transport de biens malgré les contrôles destinés à lutter contre le nouveau coronavirus.

Plusieurs membres de l'UE ont fermé plus ou moins partiellement leurs frontières ou imposé de nouveaux contrôles sanitaires.

- Trouver des équipements -

Le manque d'équipements de protection a poussé la Commission à limiter leurs exportations, afin de garantir l'approvisionnement du marché européen face à la pandémie.

Ces restrictions s'appliquent sur les masques, lunettes de protection, visières, protège visage, protections de nez et de bouche et combinaisons de protection.

Berlin et Paris, qui avaient pris des mesures de restriction ou d'interdiction des exportations, ont finalement accepté d'autoriser les exportations de matériel dans l'UE, en particulier vers l'Italie.

- Mobiliser des fonds -

Bruxelles va mettre à disposition 8 milliards d'euros pour venir en aide aux secteurs vulnérables de l'économie.

Ces fonds ont déjà été versés aux Etats membres dans le cadre des Fonds structurels, mais n'ayant pas été utilisés, ils auraient dû être remboursés.

Ils pourront servir à la lutte contre le coronavirus.

Sur cette base, la Commission espère mobiliser jusqu'à 29 milliards d'euros d'investissements, soit 37 milliards au total.

Elle va en outre autoriser les Etats membres à dépenser contre le coronavirus 28 milliards d'euros de Fonds structurels -- provenant de leurs enveloppes nationales 2014-2020 -- qui n'ont pas encore alloués.

Par ailleurs, jusqu'à 800 millions d'euros issus du Fonds de solidarité de l'UE, destiné à répondre aux situations de crise, pourront être mobilisés.

Enfin, Bruxelles va mettre à disposition un milliard d'euros du budget de l'UE pour servir de garantie au Fonds européen d'investissement, qui devrait "permettre de mobiliser 8 milliards d'euros de fonds de roulement" à destination d'au moins 100.000 PME.

- Tolérer un déficit -

Bruxelles a promis une "flexibilité maximale" dans l'application des règles européennes sur les budgets des Etats, ce qui concerne en particulier leur déficit et la fameuse "règle des 3%".

Cela doit permettre aux Etats membres d'accroître leurs dépenses budgétaires afin de "contenir l'épidémie" et d'"en atténuer les effets socio-économiques négatifs".

"En cas de grave récession économique" dans la zone euro, la Commission se dit prête à activer une clause suspendant l'application des règles pour autoriser une politique de soutien budgétaire plus globale.

- Assouplir les aides d'Etat -

L'UE, qui s'assure que les aides apportées par les Etats aux entreprises ne faussent pas la concurrence sur le marché unique, va se montrer plus conciliante.

"Nous veillerons à ce que les aides d'État puissent être versées aux entreprises (en particulier les PME, ndlr) qui en ont besoin" à cause de la crise, a affirmé Ursula von der Leyen.

Les traités prévoient que "les aides destinées à remédier aux dommages causés par les calamités naturelles ou par d'autres événements extraordinaires" sont compatibles avec les règles du marché intérieur.

- Aider le transport aérien -

La Commission va assouplir temporairement les règles sur les créneaux aéroportuaires, afin d'éviter les vols à vide et aider le secteur aérien.

Les transporteurs aériens avaient appelé à une suspension de ces règles qui obligent les compagnies à utiliser au moins 80% des créneaux horaires qui leur sont attribués dans les aéroports, faute de quoi elles perdent leurs droits la saison suivante.

- Soutenir la recherche -

Bruxelles a "mobilisé 140 millions d'euros de fonds publics et privés" pour des recherches sur des vaccins, le diagnostic et le traitement.

Sur plus de 90 propositions de projets, 17 ont été sélectionnées.

- Echanger les informations-

Les ministres de la Santé et de l'Intérieur tiennent des conférences téléphoniques quotidiennes.

Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), à Stockholm, recueille des données sur le développement de l'épidémie et formule des recommandations aux États membres.

Bruxelles propose d'interdire les voyages "non essentiels" vers l'UE

La Commission européenne a proposé lundi d'interdire les voyages "non essentiels" vers l'Union européenne, avec des dérogations, pour une période initiale de 30 jours, alors que l'Europe est devenue le nouvel épicentre de la pandémie de nouveau coronavirus.

"Moins il y a de voyages, plus nous pouvons contenir le virus", a expliqué la présidente de l'exécutif européen Ursula von der Leyen dans une vidéo sur Twitter, puis en conférence de presse à Bruxelles après une visioconférence avec les dirigeants du G7.

Cette proposition devra être approuvée par les chefs d'Etat et de gouvernement de L'UE, qui ont leur propre rendez-vous par vidéo mardi.

Les citoyens britanniques ne sont pas concernés par ces restrictions, car ils sont encore considérés comme des "citoyens européens", a indiqué Mme von der Leyen.

Les restrictions de voyage ne concernent pas les résidents de longue date de l'Union européenne, les membres de la famille de ressortissants européens, les diplomates, ou encore le "personnel essentiel comme les médecins, infirmières, soignants, chercheurs et experts qui contribuent à la lutte contre le coronavirus", a-t-elle précisé.

Les transfrontaliers doivent aussi pouvoir passer, a précisé Mme von der Leyen.

Pour Charles Michel, le président du Conseil européen, l'organe qui regroupe les chefs d'Etat et de gouvernement des 27, "la philosophie (de ces mesures) vise à réduire des mouvements qui ne sont pas nécessaires et à garantir la circulation des biens, les approvisionnements qui sont nécessaires".

Il s'agit de "faire en sorte que nos systèmes de santé aient la capacité de se préparer à ce qui nous attend", a-t-il déclaré en conférence de presse au côté d'Ursula von der Leyen.

La cheffe de l'exécutif européen a insisté sur le fait que les personnes transportant des biens devaient également être libres de circuler.

"Le flux des marchandises vers l'UE doit continuer à garantir l'approvisionnement des marchandises, y compris des articles essentiels comme les médicaments, mais aussi la nourriture et les composants requis par nos usines", a-t-elle expliqué.

"Cette crise est sérieuse, elle va être longue", a averti M. Michel.

Pour que cette mesure soit efficace, elle doit être aussi appliquée par les quatre pays membres de l'espace Schengen de libre circulation des personnes, mais non membres de l'UE (Islande, Liechtenstein, Norvège et Suisse), a plaidé Ursula von der Leyen.

Côté européen, Paris a annoncé que des mesures seraient "finalisées et annoncées dans les prochaines heures" sur les frontières extérieures de l'Union européenne, après des échanges avec plusieurs responsables européens.Le président Emmanuel Macron, qui doit s'exprimer lundi soir, a appelé à "intensifier la coordination européenne et acter rapidement des mesures efficaces et concertées, notamment concernant les frontières de l'UE", tout en condamnant "les mesures unilatérales non concertées prises aux frontières par un certain nombre d'Etats membres de l'UE".Le Premier ministre italien Giuseppe Conte, dont le pays est le plus sévèrement frappé en Europe, a appelé à "une coordination européenne" dans la santé et l'économie.Un sommet extraordinaire du G7 regroupant sept pays industrialisés, actuellement présidé par les Etats-Unis et dont la France et l'Italie font partie, est prévu pour dans la journée par visioconférence afin de coordonner la lutte contre le coronavirus dans les domaines sanitaire, économique, financier et de la recherche sur un vaccin et des traitements. Mardi se déroulera une réunion extraordinaire des 27 dirigeants de l'Union européenne.A l'intérieur même de l'UE, de nombreux pays cherchent à se protéger en s'isolant toujours plus, mettant à mal le principe européen de libre circulation. Lundi matin, l'Allemagne a mis en oeuvre des contrôles à ses frontières avec cinq pays -France, Autriche, Suisse, Danemark, Luxembourg.Des restrictions qui s'ajoutent à une cascade de mesures prises dans les différents pays. Ecoles et universités, restaurants, bars, discothèques, cinémas, sont désormais fermés un peu partout, y compris les pubs en Irlande et les maisons closes aux Pays-Bas. Le monde du sport est à l'arrêt ou à huis clos, les musées restent clos et les annulations d'événements culturels se multiplient.La ville de Moscou a annoncé la fermeture à compter du 21 mars de toutes les écoles et va limiter drastiquement dès mardi toute activité publique de loisir en raison de la pandémie de coronavirus.- Lundi noir sur les marchés -Les marchés boursiers reflétaient cette humeur, avec un lundi noir malgré l'offensive des banques centrales.La Réserve fédérale américaine (Fed) a brutalement abaissé dimanche ses taux d'intérêt à zéro et participé à coups de centaines de milliards de dollars à une action mondiale concertée avec d'autres banques centrales -celles du Japon, du Royaume-Uni, du Canada, de Suisse- pour approvisionner le monde en liquidités.Des annonces qui n'ont pas suffi à rassurer les marchés, tétanisés par les craintes d'une récession mondiale face à une pandémie qui semble ralentir dans son berceau asiatique mais se propage sur les autres continents.La Bourse de New York poursuivait sa dégringolade lundi après la reprise des échanges, interrompus peu après l'ouverture. Son indice vedette, le Dow Jones s'effondrait vers 13H50 GMT de 11,84%.L'UE prévoit une récession en 2020, a annoncé lundi le commissaire européen chargé du Marché intérieur Thierry Breton. La Chine, quant à elle, a fait état du premier recul de sa production industrielle en près de 30 ans et d'un effondrement des ventes de détail.Plusieurs grandes compagnies aériennes ont fortement réduit la voilure.La compagnie allemande Lufthansa va ainsi supprimer "jusqu'à 90%" de ses capacités de vols long-courriers dans le contexte d'une chute sans précédent du trafic aérien dans le monde.Dans le monde entier, le nombre des cas de Covid-19 recensés officiellement s'établissait lundi à 09H00 GMT à 168.250, selon un bilan établi par l'AFP.La maladie a fait périr 6.501 personnes au total dont 2.335 en Europe, où le nombre des contaminations explose, notamment en Italie, en Espagne et en France.Il y a désormais plus de décès recensés ailleurs dans le monde (3.288) qu'en Chine continentale (3.213), point de départ en décembre de l'épidémie et pays le plus touché.L'Italie (1.809 morts pour 24.747 cas) n'a pas "encore atteint le pic" de contagion, a averti son Premier ministre.Deuxième pays le plus touché d'Europe, l'Espagne (9.191 cas dont 309 morts) a enregistré près de 1.500 nouveaux cas en 24 heures et le gouvernement a prévenu que le confinement de la population risquait de durer.- Situation "très inquiétante" en France -En France (127 morts et 5.423 cas avec plus de 400 personnes hospitalisées en état grave), la situation "est très inquiétante" et "se détériore très vite", selon les autorités.Le Chili a emboîté le pas lundi à l'Allemagne, la Russie, la République tchèque, l'Argentine, la Colombie ou encore le Guatemala qui ont annoncé dimanche la fermeture totale ou partielle de leurs frontières. L'Allemagne a décidé d'interdire les rassemblements dans les lieux de culte et d'ordonner la fermeture des aires de jeu et des magasins "non essentiels".L'Iran, le troisième pays le plus touché du monde, a donné lundi son bilan le plus lourd sur 24 heures avec 129 décès supplémentaires, portant le total à 853.La Chine semble avoir enrayé la propagation du virus avec seulement 16 nouveaux cas lundi, dont 12 importés de l'étranger.En Corée du Sud, un nouveau foyer de contamination lié à une Eglise est apparu avec un tiers des 135 fidèles de l'Eglise de Grace River Church de Seongnam, près de Séoul, testés positifs.Le Maroc (29 cas, un décès) fermera à partir de lundi soir tous ses hammams, cafés, restaurants, théâtres, cinémas et salles de sport après avoir suspendu la veille tous les vols internationaux. Des avions spéciaux ont été autorisés pour rapatrier les touristes européens bloqués.