- Brexit

C'est le grand dossier qui attend Boris Johnson. Il empoisonne la vie politique du pays depuis le référendum de juin 2016 qui a vu les Britanniques voter à 52% pour quitter l'Union européenne.

Boris Johnson a promis, et répété dès l'annonce de sa victoire, qu'il ferait sortir son pays de l'UE au 31 octobre, échéance du Brexit, initialement prévu le 29 mars mais deux fois repoussé. Et s'il veut trouver une solution négociée avec l'UE, il est aussi prêt à claquer la porte sans accord et n'acceptera pas de nouveau report.

"Nous avons hâte de travailler de façon constructive avec le Premier ministre Boris Johnson", a réagi Michel Barnier, le négociateur de l'UE sur Twitter peu après l'annonce de sa victoire. Toutefois, si les dirigeants de l'UE sont "prêts à retravailler la déclaration sur le nouveau partenariat" entre le Royaume-Uni et l'UE après le Brexit, ils s'opposent fermement à une réouverture de l'Accord de retrait qui établit les conditions du divorce, en particulier le controversé "filet de sécurité" ("backstop") permettant d'éviter le retour d'une frontière physique entre l'Irlande et la province britannique d'Irlande du Nord après le Brexit.

Or, pour Boris Johnson, le filet de sécurité est inacceptable. Les positions des deux camps semblent pour l'instant irréconciliables.

- Courte majorité au Parlement

Le Parti conservateur de Boris Johnson compte 310 députés, et bénéficie d'une majorité de seulement deux voix grâce à l'appoint des dix députés du petit parti unioniste nord-irlandais DUP.

En outre, cette courte majorité est fragile, plusieurs députés europhiles conservateur ayant prévenu qu'ils s'opposeraient à un "no deal" si le nouveau Premier ministre s'engage dans cette direction.

Danger supplémentaire: le Labour, principal parti d'opposition, pourrait décider de lancer un vote de défiance contre le gouvernement, plus probablement après les vacances parlementaires qui débutent vendredi soir jusqu'au 3 septembre. S'ils l'emportent, cela déclencherait des élections législatives anticipées qui pourraient renverser le rapport de forces et retarder le processus du Brexit.

- Risques économiques

Le Royaume-Uni devrait entrer en récession en cas de Brexit sans accord, a annoncé l'Office de Responsabilité Budgétaire (OBR) dans ses prévisions publiées la semaine dernière.

Selon l'OBR, la livre sterling chuterait de 10% immédiatement après le départ britannique de l'UE le 31 octobre dans ce scénario sans accord.

Un scénario prédit aussi par le groupe de réflexion National Institute of Economic and Social Research (NIESR), qui attend un "grave ralentissement" en cas de "no deal", une chute de la livre d'environ 10% et une inflation qui pourrait s'élever à 4,1%.

- Iran

Boris Johnson arrive au pouvoir au moment où les relations entre Téhéran et Londres sont particulièrement tendues, après la saisie vendredi par l'Iran du Stena Impero, pétrolier suédois battant pavillon britannique, quinze jours après l'arraisonnement d'un navire-citerne iranien par les autorités britanniques au large de Gibraltar.

Le ministre des Affaires étrangères iranien Mohamad Javad Zarif a félicité Boris Johnson après son élection mais l'a prévenu que l'Iran comptait protéger ses eaux territoriales. "Nous avons 1.500 miles (plus de 2.400 km) de côtes sur le golfe Persique. Ce sont nos eaux et nous les protégerons", a-t-il averti sur Twitter.