Un total de 634.700 personnes ont déposé une demande d'asile l'an dernier dans les pays européens (UE, Suisse ou Norvège), soit une baisse de 10% par rapport à 2017. C'est la "troisième année de baisse après le flux sans précédent lié à la crise migratoire de 2015", note le rapport publié cette semaine. On est revenus "à peu près au niveau d'avant la crise", puisque l'Europe avait enregistré 641.000 demandes en 2014.

Parmi les demandeurs d'asile, les Syriens étaient les plus représentés (74.800 dossiers), suivis par les Afghans (45.300) et les Irakiens (42.100). Ces trois nationalités ont représenté un quart de la demande totale l'an dernier. Mais on trouve aussi dans les dix principales nationalités les Vénézuéliens (8e), dont les demandes ont doublé à 22.200 alors que le pays est en proie à une grave crise politique. Les Iraniens (5e) ont déposé 25.400 dossiers, avec une brusque hausse au second semestre qu'Easo explique notamment par la suspension d'obligation de visas accordée entre septembre 2017 et octobre 2018 par la Serbie, porte d'entrée vers un pays de l'UE. Les Géorgiens (10e) ont déposé 20.000 demandes l'an dernier, un chiffre en hausse, malgré des chances très faibles d'obtenir l'asile (3%). Ces ressortissants n'ont pas besoin de visa pour entrer dans la zone Schengen, ce qui a été le cas de "20% de toutes les demandes d'asile" déposées en 2018 en Europe, note le rapport.

Au total, les pays européens ont accordé l'asile à 34% des demandeurs en première instance (réfugié ou protection subsidiaire qui est moins protectrice), soit une baisse de 6 points par rapport à 2017. Les pourcentages varient beaucoup selon les nationalités: 87% pour les Syriens et les Yéménites, 82% pour les Érythréens, mais 4% pour les Gambiens et 5% pour les Sénégalais. Les chances d'obtenir l'asile peuvent aussi énormément varier selon les pays où la personne dépose son dossier: de 6 à 98% pour un Afghan, de 8 à 98% pour un Irakien, de 27 à 100% pour un Syrien... mais aussi de 1 à 10% pour un Albanais. Enfin, Easo souligne la baisse de 40% des décisions rendues l'an dernier (593.500 au total).